Vilaine Fifi

Les bavardages (parfois) culturels d'une vilaine Parisienne

30 octobre 2008

Les films du mois d'octobre, partie III

Dernier petit inventaire des films vus au mois d'octobre, qui propose trois films à ne surtout pas manquer : Chop Shop, Un conte d'été polonais et Séraphine. Lisez plutôt :

colucheColuche, l'histoire d'un mec, d'Antoine de Caunes.

C'est quoi ? L’histoire est très simple et connue de tous : en 1980, Coluche décide de se présenter aux élections présidentielles. Ce qui était au départ une bonne grosse blague devient de plus en plus sérieux, aussi bien pour l’humoriste que pour les véritables acteurs politiques.

Et alors ? Même si, comme tout le monde je pense, je connaissais cette histoire de « Coluche Président ! », je ne l’ai pas vécue. Et pour cause, en 1980 j’avais moins 4 ans ! A cette époque là, même mon père n’était pas en âge de voter, c’est dire ! Je n’ai donc aucun point de comparaison, je ne peux pas vous dire si la fiction est proche de la réalité. Toutefois, je peux sans risque dire que j’ai passé un très bon moment devant ce film que j’ai trouvé clair, dynamique, servi par une très bonne bande-son et surtout par un François-Xavier Demaison époustouflant. De Caunes n’a pas choisi d’embellir l’image de Coluche, il nous le montre tel qu’il était, avec ses doutes et ses démons. Un film, je pense, réaliste, intéressant mais aussi divertissant. A voir !

tokyoTokyo, de Michel Gondry, Leos Carx et Bong Joon-Ho

C'est quoi ? Inspirée par la ville de Tokyo (on l’aurait deviné ! ), cette oeuvre collective propose trois visions de la capitale japonaise. Gondry nous propose une histoire drôle et poétique dans laquelle une jeune femme qui se sent inutile se transforme en chaise. Carax met en scène une créature immonde qui sort des égoûts pour terrifier les tokyoites. Enfin, Bong Joon-Ho nous fait partager le quotidien d’un homme qui vit enfermé dans son appartement depuis dix ans et qui tombe amoureux d’une jeune livreuse de pizza.

Et alors ? Dans toute oeuvre collective il y a une pépite et un raté. Pour moi, s’il n’y a pas de raté, la pépite est incontestablement l’oeuvre de Gondry, très rythmée (ce qui n’est pas chose facile avec un si court format), qui nous présente des personnages fouillés et surtout une héroïne attachante. Le court-métrage que nous propose Carax est celui qui m’a le moins emballée, malgré une interprétation magistrale du trop rare Denis Lavant et du très amusant Jean-François Balmer. L’histoire traine en longueur, seule la première partie où Lavant sème la terreur dans les rues de Tokyo est vraiment à retenir. Quant au dernier chapitre, disons qu’il est plaisant mais pas transcendant. Pour conclure, ce que ces trois oeuvres offrent de plus intéressant est la visite de Tokyo, ce qui est toujours bon à prendre !

s_raphineSéraphine, de Martin Provost

C'est quoi ? Le film retrace la vie de Séraphine, une femme du début du XX° siècle vivant à Senlis. Si elle gagne durement sa croute en tant que femme de ménage, sa vraie vie commence une fois la porte de sa petite chambre close : elle peint. Le quotidien de cette artiste anonyme de quarante-huit ans se voit bouleversé par l’arrivée d’un nouvel habitant, Wilhelm Uhde, un collectionneur allemand, découvreur de talents (Picasso et le douanier Rousseau, rien que ça), qui tombe sous le charme des toiles de Séraphine.

Et alors ? Un de mes coups de coeur du mois ! Séraphine est un film émouvant, sobre et vraiment très très intéressant. On est plein d’admiration et de compassion pour cette peintre visionnaire et malheureusement touchée par la folie. Yolande Moreau, tout en retenue, l’interprète avec talent. Alors qu’il n’y a que très peu de dialogues et que le rythme est un peu lent, les deux heures que dure Séraphine passent à une vitesse folle. Un film qui donne envie de découvrir ‘en vrai’ les oeuvres de la dame ; pour cela, rendez-vous au musée Maillol jusqu’au 5 janvier (apparemment, il y a une petite ristourne sur le prix d’entrée de l’expo si l’on vient avec son ticket de cinéma, pensez-y.)

chop

Chop Shop, de Ramin Bahrani

C'est quoi ? Dans un quartier de New-York surnommé ‘le triangle de fer’ vit et travaille Alejandro, âgé de douze ans. Il passe ses journées à essayer de gagner un peu d’argent : il interpelle les clients pour un garage, apprend à réparer les voitures, vend des DVD... Ce qui donne l’énergie de se battre à ce petit bonhomme est le rêve qui l’anime : il veut acheter pour lui et sa grande soeur Isamar un camion pour en faire un snack.

Et alors ? Très beau petit film qui nous fait découvrir un autre visage de New York, bien loin des vitrines de luxe présentées dans Sex and the City ! Le quartier du ‘triangle de fer’ est tout simplement atroce : une grande casse-décharge, où aucun enfant ne devrait vivre. Néanmoins, le réalisateur propose un film qui ne nous inspire aucun apitoiement : le petit Alejandro est aussi rayonnant que débrouillard. Bien sûr, on n’a qu’une seule envie, que son rêve prenne forme. Mais son incroyable énergie nous pousse à garder le sourire. Un film qui aurait pu être lourd et pathétique mais qui est en fait plein d’optimisme.

un_conteUn conte d'été polonais, de Andrzej Jakimowki

C'est quoi ? Stefek, un jeune garçonnet de dix ans, grandit dans un petit village de Pologne baigné de soleil. C’est l’été et il n’y a pas grand chose à faire. Pour s’occuper, il fait des paris avec le destin et tente de provoquer la chance. Elevé par sa mère et sa grande soeur, Stefek est persuadé que son père, qu’il n’a jamais connu, va revenir un jour. Il est d’ailleurs sûr qu’il est cet homme croisé à la gare. Stefek décide donc de mettre définitivement la chance dans sa poche, en jouant sur les rails avec ses soldats porte-bonheur (tombera-tombera pas) ou en y semant des pièces de monnaie, et de faire revenir son père à la maison.

Et alors ? Magnifique petit film sur l’enfance, l’optimisme, le destin... Une parenthèse pleine de douceur, bercée par la lumière naturelle du soleil qui donne à chaque image une couleur dorée et chaude. Le petit acteur, à l’instar d’Alejandro Polanco de Chop Shop, est aussi craquant que talentueux. Ici aussi, le rôle de la grande soeur est très important. Ewelina Walendziak qui joue la soeur de Stefek, sorte de Scarlett Johansson avec des tâches de rousseur, apparaît comme une petite fée légère et gracieuse. A l’image du film donc.

Alors ? Qu'est ce que vous en dites ? Partants pour un petit voyage dans la banlieue new-yorkaise ou en Pologne ? !

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29 octobre 2008

Equus, de Peter Shaffer au théâtre Marigny

equus_2Quel week-end ! Après avoir passé le samedi soir avec une princesse moribonde et sept nabots, j’ai partagé mon dimanche après-midi avec un cinglé hippophile. Oh non, c’est la vilaine Fifi qui parle là ! La gentille Fifi dirait plus simplement : j’ai assisté dimanche à la représentation d’Equus, de Peter Shaffer, mis en scène par Didier Long au théâtre Marigny. Voilà !

Je suis sûre que même ceux qui n’ont pas vu cette pièce la connaissent, surtout les filles, n’est ce pas ? ! Ouai ouai, pas la peine de se planquer, on est toutes pareilles ! Et oui, c’est la pièce dans laquelle joue Daniel Radcliff et où il montre sa baguette magique, mais pas celle qu’on a l’habitude de voir dans Harry Potter... Vous saisissez ? (En même temps, je ne suis pas très subtile sur ce coup là ! ). Bref, point de sorcier pour moi dimanche, mais un jeune comédien frenchy absolument parfait. En effet, tout l’intérêt de cette pièce, créée à Londres en 1973, repose sur les épaules délicieusement musclées de Julien Alluguette.

Le comédien interprète Alan Strang, jeune homme de dix-sept ans, traîné chez le très réputé psychiatre Martin Dysart (Bruno Wolkowitch, impérial) après avoir commis un geste aussi odieux qu’inexplicable : il a crevé les yeux de six chevaux. Le Docteur Dysart a pour mission d’amener Alan à se confier et à comprendre son coup de folie. Equus est donc une pièce qui nous entraîne dans les méandres d’un jeune esprit fragile et perturbé, et qui ne doit pas être envisagée comme un pur divertissement. En effet, Equus ne laisse pas le spectateur indifférent, le malmène même parfois. Mais par-dessus tout, ce n’est pas une pièce qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Je m’explique. Si je suis ressortie du théâtre quelque peu déçue, ce serait trop simple de dire que je n'ai pas aimé la pièce. Et pour cause, les comédiens à eux-seuls rendent impossible un tel constat. Tous sont parfaits, des rôles principaux aux secondaires (la juge, les parents d’Alan, son amie, le propriétaire du ranch, l’infirmière), ils trouvent le ton juste pour dire un texte pourtant complexe. Quant aux deux rôles principaux, il s’agit de deux véritables performances (vous pouvez parier sur eux pour les Molières). En permanence sur le devant de la scène pendant plus de deux heures, Wolkowitch et Alluguette ne commettent aucune faute, sont tout en puissance mais sobres à la fois. Je suis également obligée d’évoquer la scène où Alluguette nous fait partager son anatomie. Son talent se fait tellement présent à cet instant que sa nudité devient secondaire. Son corps apparaît comme sculpté, on peut vraiment voir se dessiner devant nos yeux une tête de cheval, semblable à l’affiche, son torse est un personnage à lui tout seul.                                                                                                                                     

Mais malgré une interprétation irréprochable Equus souffre quand même de gros défauts, qui pourraient tous se résumer en un mot : lourd.

Tout d’abord, tous les acteurs sont sur scène durant toute la pièce alors que certains n’interviennent qu’une fois ou deux. Cette lourdeur (la scène est trop chargée) est accentuée par des jeux de lumière et des décors bien pensés mais trop imposants (le manège qui monte et qui descend... je ne suis pas convaincue). Quant au texte lui-même... très très très bavard ! A la fin, j’ai pensé : « tout ça pour ça ! ». Car malgré les apparences, le cas de Strang est très simple, voire simpliste : « oh pauvre Alan, ado traumatisé par des parents hypocrites et une mère bouffée par la religion. » Vous voyez, rien de révolutionnaire. Pourtant, à cause de certains passages interminables, on a l’impression d’être totalement largué, de ne plus rien comprendre, au point d’avoir hâte que tout cela prenne fin. Le plus intéressant est en fait la relation qui se noue entre le patient et le psy, qui remet sa vie en question au fur et à mesure qu’il apprend à connaître Alan, au point d’envier le jeune patient, fou mais libre. Cette fascination est renforcée par une ressemblance évidente entre Wolkowitch et Alluguette (ou c'est moi qui me fais des films ? )

J’espère que mon avis sur la pièce ne vous découragera pas, ce n’est pas du tout mon but. Equus est vraiment une pièce à voir, et même si vous n’accrochez pas à l’histoire vous serez immanquablement séduits par les comédiens. On reparlera d'eux au mois de mai !                                                                  

Où ? Au théâtre Marigny, station Champs Elysées (ligne 1).

Quand ? jusqu'au 31 décembre.

Combien ? Il y a autant de prix que de sites Internet ! Mais il faut, grossièrement, compter entre 30 et 55 euros.

Info +++ : Soyez attentifs : la pièce commence avant que la salle soit plongée dans le noir. Mon voisin de gauche avait encore le nez dans son portable quand Wolkowitch était déjà sur scène.

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Le ballet Blanche-Neige d'Angelin Preljocaj au théâtre national de Chaillot

blanche

Pas de « Il était une fois » en guise d'introduction mais quelques notes de musique et une gracieuse silhouette noire suffisent à capter notre attention. Le premier tableau chorégraphié par l’inventif Angelin Preljocaj nous interpelle par sa beauté mais aussi par sa provocation : nous assistons à un accouchement, celui de la mère de Blanche-Neige. Ensuite, les scènes s’enchaînent et ne se ressemblent pas : les tableaux sont plus impressionnants les uns que les autres, tout en restant très proches du conte. Car oui, c’est bien au conte des frères Grimm que s’est attaqué le génie Preljocaj. Durant le mois d’octobre, le théâtre national de Chaillot a vibré au son des symphonies de Gustav Malher qui s’inscrivent à la perfection dans le travail du chorégraphe. C’est que le monsieur sait très bien s’entourer. En effet, s’il choisi l’accompagnement musical avec goût, il fait preuve d’audace en demandant à notre Jean-Paul Gaultier national de créer les costumes pour les vingt-six danseurs du ballet. Et quels costumes ! Si j’ai trouvé celui de Blanche-Neige quelque peu raté (j’ai bloqué sur l’effet ‘couche-culotte’ de sa tenue qui, d’après moi, la faisait plus ressembler à Casse-Bonbon des Razmokets qu’à une vestale), les autres créations made in Gaultier sont à tomber : la méchante Reine habillée façon sado-maso chicissime ferait pâlir d’envie Mylène Farmer, et je ne vous parle pas des costumes des hommes, les plus réussis à mon sens. Si nous sommes happés dès le début du ballet par l’univers merveilleux que nous propose Preljocaj, le chorégraphe ne nous lâche pas en cours de route. Je vous l’ai dit : les tableaux sont tous impressionnants. Néanmoins, certains sont plus forts que d’autres. Si je n’ai pas trouvé le grand bal du début à mon goût (trop long, trop... contemporain), il me faut absolument vous parler de l’arrivée des nains ! Sept danseurs suspendus à des câbles glissent le long d’une paroi : ils dansent, volent, nous étonnent et nous enchantent totalement ! Et que dire des deux passages du « Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle en ce royaume » qui montrent une très grande maîtrise artistique ? ! Mais le moment fort du ballet est assurément les retrouvailles entre le Prince charmant et sa Blanche-Neige endormie sous l’effet de la pomme maléfique. Preljocaj a su mettre en scène la mort de manière vivante, vibrante. Blanche-Neige virevolte entre les bras de son bien-aimé, qui joue avec ce corps inerte comme avec un ruban, une plume : un véritable moment de grâce où le temps est suspendu. Nous, spectacteurs, sommes bouché bée : comment font-ils ? Quelle confiance, quelle complicité entre ces deux-là ! Leur danse d’amour qui redonne vie à la Princesse apparaît alors comme l’exact opposé de la scène finale, seule infédélité au conte, où la méchante Reine est condamnée à danser jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la mort...

Merveilleuse, magique, féérique, poétique, la nouvelle création de Preljocaj fait le bonheur des amateurs de danse et des grands enfants que nous sommes mais enchante également les plus petits, très nombreux dans la salle.

Si la dernière représentation à Chaillot a eu lieu samedi, ne vous inquiétez pas : le ballet Blanche-Neige est en tournée européenne jusqu’en juin 2009. Aussi, vous pourrez l’applaudir très prochainement à Rouen, Saint-Quentin en Yvelines et Créteil (entre autres). Renseignez-vous et réservez vite vos places, je vous le promets, vous passerez une soirée inoubliable. Pour ma part, je suis plus qu'impatiente de découvrir enfin le ballet Edward aux mains d'argent samedi (aaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhh) et je me tâte à prendre un abonnement pour Chaillot : le programme 2008/ 2009 est plus qu'alléchant !

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23 octobre 2008

Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, de Arto Paasilinna (lu pour le challenge abc)

bestialLe bestial serviteur du pasteur Huuskonen, de Arto Paasilinna.

C'est quoi ? Oskar Huuskonen est pasteur dans une toute petite ville de Finlande. Alors qu'il atteint l'âge respectable des cinquante ans, rien ne va plus dans sa vie : son mariage bat de l'aile et il semble perdre la foi petit à petit. Cela lui attire d'ailleurs les foudres de ses supérieurs, agacés par ses homélies provocatrices : "Le Diable rôde parmi nous tel un lion rugissant ! Mais quand Dieu lui cingle l'échine de son fouet, il y a du poil qui vole et le Malin chie dans son froc ! "Le pasteur est donc assez mal vu dans le canton du Nummenpää ; à tel point que ses ouailles décident de lui offrir pour son anniversaire un cadeau empoissonné : un petit ourson ayant perdu sa mère dans des conditions tragiques. D'abord dérouté, le pasteur finit par s'attacher à son nouveau compagnon, prénommé Bélzeb, au grand dam de sa femme qui finit par quitter le navire, agacée par les extravagances de son hérétique de mari. Il faut dire qu'Oskar a décidé de passer tout l'hiver dans la tanière conçue spécialement pour l'hibernation de Bélzeb, ce qui fait jaser ! D'autant plus qu'une jeune biologiste vient se joindre au drôle de duo, afin de faire des recherches pour sa thèse. Totalement dépassé par les nouvelles frasques du pasteur, qui s'est mis à un nouveau sport : le lancer de javelot ascensionnel, l'évêque préfère le mettre en congé. Huuskonen décide alors de partir à l'aventure, sa grosse peluche bien vivante sous le bras. Ils s'embarquent pour un long périple qui les mène en Russie, en Israël, à Malte, ... et qui est surtout l'occasion de faire la connaissance d'autres personnages tout aussi cinglés que le bon pasteur !

Et alors ? Ce livre a une histoire particulière : je l'ai reçu un jour, par la Poste, et je n'ai jamais su qui me l'avait envoyé. Pourtant je n'ai jamais travaillé pour la maison d'éditions Denoël et je ne suis inscrite à aucun concours, club, ou autres. Bref, un cadeau tombé du ciel ! Alors qu'il se trouve dans ma bibliothèque depuis un sacré bout de temps, j'ai attendu qu'il fasse bien frais pour le lire : quel plaisir de visiter la Finlande en direct de son lit bien chaud, alors que dehors on se pèle le jonc, tout en sirotant une bonne tasse de thé ! Alors, que dire du livre en lui-même ? Et bien j'ai vraiment adoré ! Lu en deux soirées (surtout qu'hier soir j'ai été privée de Grey's anatomy... ), je m'y suis plongée avec délice. Le pasteur, anticlérical mais extrêmement sympathique, est un personnage très attachant et drôle. Que dire de Bélzeb, le petit ourson que l'on voit grandir au fil des saisons ! Evidemment on craque, surtout quand il apprend à repasser et à prier : irrésistible ! Délirant mais poétique, Le bestial serviteur... est un livre qui fait du bien au moral, qui nous fait voyager et rêver. A lire à l'approche de l'hiver !

Ma note : 9/10

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22 octobre 2008

Les films du mois d'octobre, partie II

Ce mois-ci encore il me faudra trois parties pour parler de tous les films vus. C'est qu'il y a pas mal de films attrayants sur nos écrans en ce moment, reste à savoir s'ils valent vraiment tous le coup...

vickyVicky, Cristina, Barcelona, de Woody Allen.

C'est quoi ? Le titre parle de lui-même : Vicky et Cristina, deux américaines amies de longue date, décident de passer l'été à Barcelone. Vicky, la brune, fille rangée, fiancée (chiante ? ) souhaite profiter de la ville espagnole pour travailler sa thèse sur l'identité catalane tandis que Cristina, la blonde, volage, espère ce remettre d'un énième chagrin d'amour et trouver sa voie professionnelle. Pleines de bonnes intentions donc, les deux jeunes femmes croisent la route d'un peintre à la sensualité provoquante, Juan Antonio, qui leur propose un petit tour dans un village du nom d'Oviedo pour boire du bon vin et s'envoyer en l'air. Cristina, qui restera plus longtemps que son amie chez Juan Antonio, sera amenée à faire la connaissance de l'ex-femme de celui-ci, une artiste, hystérique et sensuelle. S'en suivra un chassé-croisé sexuel amoureux qui se terminera bien... ou mal !

Et alors ? Grosse déception pour moi. Fan absolue de Mr Woody, je me suis laissée embobinée par les critiques. En effet, je n'ai lu que des éloges sur ce film. Du coup, je m'attendais à quelque chose de vraiment spécial, voire génial, alors qu'en fait, il s'agit d'un très long chassé-croisé entre des personnages vite lassants. Si Penelope Cruz est absolument parfaite et Javier Bardem sexy en diable,  Scarlett Johansson et Rebecca Hall sont fadasses à en mourir. Les seuls passages dignes d'intérêt sont donc ceux où apparait Penelope, la seule à mettre un peu de piment dans ce film carte postale.

fronti_reLa frontière de l'aube, de Philippe Garrel.

C'est quoi ? François, un photographe, fait la connaissance de Carole, une star de cinéma esseulée, sur qui il doit faire un reportage. Les deux jeunes gens deviennent amants et vivent une relation aussi intense que brève. François sera alors amené à choisir entre cette femme qu'il aime passionnément et Eve, qui attend un enfant de lui et qu'il est censé épouser.

Et alors ? Mon résumé ne vous donnera peut-être pas envie de voir ce film, injustement sifflé à Cannes. Malheureusement, si j'en dis plus, cela gâchera tout votre plaisir de spectateur. Il y a en effet un événement capital qui intervient au milieu du film et qui lui donne tout son intérêt et que je ne peux pas évoquer ici. Je peux quand même vous dire que La frontière de l'aube est un film vraiment magnifique. L'utilisation du noir et blanc est parfaitement justifiée, ce n'est pas 'juste pour faire du noir et blanc' si vous voyez ce que je veux dire. D'autre part, l'histoire d'amour entre François et Carole est romantique à souhait, ces deux-là sont unis par un amour absolu, rare, funèbre. En plus d'une réflexion sur l'amour, Garrel nous propose une réflexion sur la peur de grandir et de s'engager qui nous parle forcément. Hypnotisant et porté par des acteurs talentueux et sobres, La frontière de l'aube est un film qui marque pour longtemps. J'en profite pour dire que lorsque je suis allée voir ce film, certaines personnes sont parties au bout de dix minutes à peine tandis que d'autres ricanaient au moindre dialogue un peu plat ou scène jugée peut-être naïve. Je trouve ça petit : comme si ces gens étaient venus voir le film juste pour s'en moquer, pour faire comme les idiots cannois. Peut-être qu'ils pensent que cela fait bien d'être du même avis que les détracteurs de Garrel. Moi je pense que cela montre surtout à quel point certains sont incapables de réflechir par eux-mêmes.

la_loiLa loi et l'ordre, de Jon Avnet.

C'est quoi ? Turk et Rooster deux flics new-yorkais ne sont pas prêts à prendre leur retraite. D'ailleurs, une de leurs vieilles affaires se rappelle à leurs bons souvenirs : plusieurs criminels remis en liberté sont assassinés selon le même mode opératoire utilisé par un serial-killer mis sous les verrous quelques années auparavant. Les deux flics entrent alors en compétition avec deux détectives pour trouver l'identité du véritable tueur, qui pourrait très bien être un policier. Et tout se complique quand les détectives commencent à soupçonner Turk.

Et alors ? Bon, on ne va pas tourner autour du pot : le seul intérêt du film est le face à face tant attendu entre De Niro et Pacino. Niveau scénario on est dans le grand n'importe quoi : cousu de fil blanc, tiré par les cheveux, (j'en connais des expressions, hein !), bref, du vite fait-mal fait. Néanmoins il faut noter quelques dialogues croustillants (le langage des flics au ciné fait toujours beaucoup d'effet) qui rattrape un peu la cata !

harcel_sHarcelés, de Neil LaBute.

C'est quoi ? Chris et Lisa, un couple mixte (lui est blanc, elle est noire) emménagent dans une sublime maison dans un quartier résidentiel so chic et très calme : le rêve. De plus, leur plus proche voisin, Abel, est policier et s'occupe lui-même des rondes dans le quartier. Quoi de plus rassurant ? ! Mais rapidement ce dernier va se montrer de plus en plus inquiétant, n'hésitant pas à faire comprendre au couple qu'il désapprouve leur relation (lui-même est noir). Alors qu'il se contentait de petites remarques désobligeante Abel va se faire oppressant puis carrément violent, entraînant ses deux jeunes voisins dans une spirale infernale.

Et alors ? Une petite gueguerre entre voisins un peu trop trash pour passer chez Julien Courbet mais suffisamment neu-neu pour se faire oublier très vite du spectateur. Même si la prestation de Samuel L. Jackson est appréciable, cela ne suffit pas à sauver le film qui repose sur une bien maigre intrigue. Le plus agaçant est sans doute l'explication qui est donnée (ba oui, le flic n'est pas méchant pour rien) et qui frôle le ridicule (en fait s'il est méchant avec le couple mixte c'est parce que sa femme s'est fait la malle avec un blanc, alors les blancs sont méchants). Ridicule, je vous l'avez dit !

le_crimeLe crime est notre affaire, de Pascal Thomas.

C'est quoi ? Jeunes retraités, Bélisaire Beresford et sa femme Prudence coulent des jours paisibles dans leur superbe demeure. Enfin, surtout Bélisaire, parce que Prudence, elle, s'ennuie ferme. En effet, cette petite bonne femme fantasque aime par dessus tout résoudre des énigmes, alors si un mort pouvait entrer 'en titubant' au milieu de son salon, elle serait la plus heureuse du monde. Sa tante Babette va lui apporter satisfaction. Alors qu'elle se trouvait dans le train, cette dernière a assisté à un crime atroce : un homme a étranglé une femme. La mal-nommée Prudence décide alors de prendre l'affaire en main, de découvrir l'identité de la femme assassinée et surtout son cadavre... Elle se fait alors engager comme cuisinière par une inquiétante famille, dont les membres semblent se haïr au plus haut point. Que va-t-elle découvrir ?

Et alors ? Un petit bijou, il n'y a pas mieux pour qualifier ce film ! Encore meilleur que Mon petit doigt m'a dit, le nouveau film de Pascal Thomas se déguste comme une cup of tea ! Les acteurs sont parfaits (a-t-on déjà vu une Catherine Frot mauvaise ? ), les dialogues cinglants et drôles, les paysages magnifiques, le suspens très efficace. On se laisse embarquer en un rien de temps (la première scène dans le bureau de Bélisaire donne le ton) et on ne décroche plus une seule seconde. Fin, léger, cocasse, Le crime est notre affaire est une véritable réussite.

Voilà pour cette deuxième partie ! J'espère vous avoir donner envie de courir au cinéma ! Je n'ai pas encore pu voir Séraphine et Tokyo ! mais cela ne saurait tarder. Si certains d'entre vous les ont vus, n'hésitez pas à me donner votre avis. Parmi mes prochaines envies figurent aussi Mesrine, Un conte d'été polonais, W, The Visitor, Home, ...pas mal de critiques à venir !

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Un brunch au Blue Bayou

Je ne sais pas vous mais moi j'adore découvrir de nouvelles choses, et quand la découverte passe par mon estomac, c'est encore mieux. J'aime donc tester les restaurants qui nous offrent des saveurs auxquelles nous ne sommes pas habitués : restau africain, irakien, américain (et pas le Mac Do, hein !)... et cajun. J'ai donc diner deux fois au Blue Bayou, qui propose une cuisine qui sent la Louisiane. Au menu : le Gumbo seafood (un mélange de crevettes, crabe, poissons mijotés), la salade cajun et surtout l'incontournable Jambalaya, composé de riz, poulet et saucisse fumée, le tout délicieusement parfumé. Mais c'est surtout le brunch que propose le Blue Bayou qui m'a épatée. Deux types de brunch sont proposés : celui au poisson à 24 euros et celui à la viande à 19 euros. J'ai testé celui à la viande dimanche dernier et voilà ce que ça donne :

Pour commencer, on a le choix entre café, chocolat ou thé (de Chine ou Ceylan en sachet) pour la boisson chaude et jus de tomate, pamplemousse ou orange (industriel et servi avec des glaçons) pour la boisson froide. La partie sucrée, et donc servie en premier, se compose d'un pancake énormissime, que l'on peut recouvrir de sirop d'érable ou de marmelade d'orange : délicieux !

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Ensuite, pour reprendre les termes de la serveuse : on passe aux choses sérieuses. En effet, la partie salée est assez impressionnante. Sur la même assiette nous sont proposés plusieurs plats relativement copieux : les traditionnels oeufs brouillés (très bons) et coleslaw (aux crevettes), un cottage cheese, un muffin au pastrami, un civet de bison accompagné de haricots et de riz (un véritable délice) et enfin, au centre de l'assiette, trône un travers de porc sur un lit de potatoes délicieusement épicées. Pour terminer sur une note de sucrée, est proposée une salade de fruits qui, après tous ces mets bien caloriques, est la bienvenue !

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Ce brunch est donc très copieux, je n'ai d'ailleurs pas mangé le muffin au pastrami et le travers de porc, et on peut largement dire qu'on en a pour notre argent. Par ailleurs, pour les gros gourmands, on peut (pour 6 euros je crois) compléter le brunch par un hamburger au bison... Néanmoins, tout l'intérêt du Blue Bayou ne repose pas seulement sur la nourriture qu'il propose mais aussi sur la déco et le cadre :

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Le dépaysement est donc total (et encore, je n'ai pas pris en photo le crocodile empaillé qui se fera une joie de vous accueillir) d'autant que certains soirs des musiciens viennent mettre de l'ambiance. Pour ceux qui ne souhaiteraient pas y manger, le Blue Bayou propose également de délicieux cocktails que vous pourrez déguster au cours d'une partie de billard (il y a une dizaine de tables au rez-de-chaussée).

Où ? Le Blue Bayou, 111-113 rue Saint-Maur, 75011 Paris. Métro Parmentier.

Quand ? Ouvert tous les jours de 11h à 2h, service de 19h30 à 23h30. Brunch le dimanche jusqu'à 15h30. Pour réserver : 01.43.55.87.21.

Infos +++ : J'ai lu plusieurs critiques de personnes se plaignant du service. Personnellement, j'ai toujours été très bien accueillie et les serveuses ont toujours répondu à mes questions avec gentillesse. D'autre part, certains se plaignent aussi de devoir attendre alors qu'il suffit simplement de réserver (et encore, je n'ai jamais réservé et jamais attendu...)

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21 octobre 2008

Une vraie boucherie, de Bernard Jannin (lu pour le challenge abc)

boucherieUne vraie boucherie, de Bernard Jannin.

C'est quoi ?  A Monsac, dans les années 50, Mariette et Richard Croquard sont les heureux propriétaires d’une boucherie-charcuterie. Ils mènent une vie paisible dans leur petite ville de Province, se détendent en assistant à des matchs de catch et font au mieux pour faire tourner leur commerce. Oui mais tout n’est pas si lisse. Tout d’abord, Madame Croquard a une passion secrète : elle écrit des livres, sans oser se faire lire. Puis un drame frappe le petit monde de la « bidoche » quand un ouvrier de l’abattoir est mystérieusement tué. Tout dérape irréversiblement lorsque Croquard décide de vendre sa marchandise sur les marchés, déclenchant ainsi une bagarre générale entre marchands à grands coups de chipolatas et autres travers de porc. Cet épisode marque un tournant dans la vie des Croquard : obstiné, Richard continue à faire les marchés, délaissant ainsi sa boutique et sa femme, cette dernière profitant de l’occasion pour fricoter avec l’apprenti ou un catcheur... Rien ne sera donc plus pareil, surtout lorsque disparaissent mystérieusement Mariette Croquard, l’apprenti, belle-mère Croquard, le chien Troubadour, le matou de la boutique, etc. Que cachent ces étranges disparitions ? Que dissimule Richard Croquard dans sa boutique qu’il tient absolument à garder ?

Et alors ? Je dois l’avouer : j’adore les cochons. Je les collectionne frénétiquement sous toutes leurs formes : peluches, bibelots, paillasson, briquets, lampe torche, sur des tasses, des bouteilles de vin, des t-shirts, etc, je ne me lasse pas de ces petites bestioles roses. Vous imaginez donc bien que dès que j’aperçois un livre qui parle de cochons, je me jette dessus ! C’est donc tout naturellement que j’ai été séduite par la couverture de ce livre : un titre accrocheur et une illustration cochonnesque ! La quatrième de couverture a fini de me séduire : « Boucherie-charcuterie Croquard à Monsac vers la fin des années 50, spécialités : pieds de cochon et littérature ! ». Tout s’annonçait bien pour un bon moment de lecture. Malheureusement, dès les premières pages, j’ai trouvé un style assez lourd, trop ‘écrit’ ; pour être plus claire, il y avait tout un tas de mots qui m’étaient inconnus ou alors que je trouvais bien complexes pour traduire une idée pourtant simple (qui sait, sans regarder dans un dico, ce que signifie palingénésie, très franchement ? ). Si je n’ai rien contre enrichir mon vocabulaire, je trouve assez agaçant d’interrompre ma lecture sans arrêt car 1° c’est troublant et 2° j’ai l’impression d’être profondément débile. Heureusement, cette manie du mot-que-personne-utilise-pas-même-Bernard-Pivot quitte assez rapidement l’auteur, sans doute arrivé au bout de son dictionnaire des synonymes. Néanmoins, son goût de la phrase alambiquée se fait toujours ressentir et gâche ce qui aurait pu être une très chouette histoire. Par exemple, la scène de la bagarre générale entre les marchands aurait dû être tout à fait savoureuse mais elle n’est que laborieuse, à cause de phrases tarabiscottées qui nous font perdre le fil de l’action. Mais je ne suis pas entièrement déçue puisqu’à la page 138 (soit vingt pages avant la fin), un rebondissement inattendu donne à cette histoire de commerçants sans histoires ( !) une nouvelle tournure. Finalement, c’est un livre qui mérite d’être lu à condition de s’accrocher un peu. En fait, c’est surtout un livre qui mérite d’être relu à la lumière des tardives révélations, ce que je ferai assurément.

Ma note : 6/ 10

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La fille sans qualités, de Juli Zeh (lu pour le challenge abc)

jeune_filleLa fille sans qualités, de Juli Zeh.

C'est quoi ? Ada, une adolescente de 14 ans, débarque au lycée Ernst-Blosch, connu pour être l’établissement de la dernière chance. La jeune lycéenne est plutôt atypique : elle ne parle presque pas à ses camarades, se place toujours en retrait, préférant se rouler des clopes plutôt que de se faire de nouveaux amis. Mais si Ada est si spéciale c’est surtout par sa très vive intelligente, sa réflexion profonde sur notre société, malgré un désintérêt total pour tout ce qui l’entoure. En effet, Ada s’auto-proclame enfant du nihilisme. La seule activité qui retient réellement son attention est la course. Pourvue d’un physique étonnant, la jeune fille peut courir des heures durant, les chansons du groupe Evanescence tournant en boucle dans sa tête. La vie d’Ada est donc relativement paisible (dans son genre) jusqu’à l’arrivée d’un nouvel étudiant âgé de 18 ans, Alev. Doté d’une intelligence presque aussi affûtée que celle d’Ada mais surtout d’un caractère très particulier (mégalo, égocentrique, narcissique, bref, diabolique), il entraîne la jeune fille dans un petit jeu très dangereux. Ensemble, il vont faire chanter l’un de leurs professeurs et entraîneur d’Ada, Smutek, un homme charmant, ancien réfugié politique polonais, qui deviendra, le temps d’une expérience malsaine et perverse, l’objet des deux jeunes désabusés.

Et alors ? Il est assez difficile de rentrer dans ce livre où l’action est finalement assez mince. Tout son intérêt repose sur le personnage d’Ada, fascinante adolescente, cynique et monstrueusement intelligente. Si la quatrième de couverture parle d’une fin « dans un bain de sang », il n’en est rien. A cause de cette simple phrase injustifiée, je m’attendais à un livre plus ‘mouvementé’, pour tout vous dire, je m’attendais à un massacre lycéen à la Columbine. Du coup, à chaque fin de chapitre, je restais sur ma faim car il n’y avait aucun signe de violence à venir. Pourtant, la violence est très présente mais sous la forme psychologique. En effet, Ada et Alev vont entraîner l’humaniste Smutek dans une véritable descente aux enfers et joueront avec sa morale et ses valeurs. De ce point de vue, le roman est très intéressant : on apprend à connaître de manière très intime les trois protagonistes puis on vit avec eux l’expérience perverse dirigée par les deux ados. Mais le roman ne se limite pas à des portraits psychologiques, il nous propose de longs développements sur l’absurdité de l’existence, sur les valeurs, le Bien, le Mal, à travers les discours d’Ada et Alev, qui sont tout à fait passionnants. Juli Zeh nous présente des personnages atypiques et dérangeants, auxquels on s’attache, qu’on a toujours envie de découvrir un peu plus, notamment Ada, jeune fille sans qualités, qui justifie à elle seule la lecture de cette oeuvre.

Ma note : 8/10

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Mustapha El Atrassi au théâtre du Temple

Il y a plein de petits détails qui me poussent à croire que je deviens une vieille carne, oui, oui. Par exemple, je constate que je suis plus vieille que la plupart des participants des émissions de télé-réalité et ça c'est un signe. Ba oui, quand tout ça a commencé, la vieille carne c'était Loana, moi j'avais la fraîcheur de mes 16 ans. Samedi, il s'est produit quelque chose de bien plus tragique encore : j'ai assisté au spectacle d'un mec plus jeune que moi, et ça, mesdames et messieurs, c'est une grande première qui fait mal ! Heureusement, le mec en question (qui n'a en fait qu'un an de moins que moi, mais quand même...) m'a fait rire comme une dinde pendant plus d'une heure, donc je lui pardonne. Il s'agit de l'ancien chroniqueur de Ruquier, passé ensuite chez l'homme en noir, Ardisson : Mustapha El Atrassi.

MustaphaElAtrassi2Je ne suis, généralement, pas très sensible à l'humour ; très peu d'humoristes me font rire, c'est comme ça. Mais Laurent Ruquier a du nez pour dénicher des pépites. Il y a d'abord eu Florence Foresti qui est, pour moi, la femme la plus drôle du monde (non, je n'exagère pas), puis le sniper fou, Mustapha, que j'attendais très impatiemment à chaque émission. Dès que j'ai vu les affiches pour son nouveau spectacle, je n'ai pas hésité une seule seconde, trop curieuse de voir ce qu'il pouvait donner sur scène. Et bien, je n'ai pas été déçue. Après une attente d'une heure dans le froid polaire pour cause de concert gratuit sur la place de la République (toutes les représentations au théâtre ont été décalées), Mustapha nous a réchauffés en deux temps, trois mouvements. Passée la douce euphorie de le voir "en vrai" (j'étais au 6° rang en plus), je n'ai pas cessé de rire durant tout le show. Et pour cause, son spectacle ne connaît aucun temps mort : l'humoriste enchaîne les sujets, commence par nous parler de lui afin que nous fassions connaissance, en évoquant la vie parisienne, Tours sa ville natale, puis aborde le sport, la drogue, et tout un tas de sujets de société. Mustapha est donc très drôle, le regard qu'il porte sur tout ce qui nous entoure est affûté et témoigne d'une grande intelligence. Avec lui, il est possible de rire de tout et c'est bien là que se manifeste son talent. Mais l'humoriste est également généreux avec son public qu'il sollicite régulièrement (même si c'est pour traiter certains de connard... ! ). Bref, vous l'aurez compris, j'ai passé une excellente soirée. J'ai surtout eu le plaisir de voir cet artiste dans une salle à taille humaine, ce qui ne sera peut-être plus possible dans quelques années, vu son succès.

Où ? Théâtre du Temple, 18 rue du faubourg du Temple, 75011 Paris. Métro République (lignes 3, 5, 8, 9, 11.)

Quand ? Dès le 7 octobre et pour 100 représentations. Du mardi au samedi à 21h30.

C'est combien ? 23,50 euros. Mais on peut trouver sur le net des places bien moins chères (j'ai payé la mienne 14,50 euros.

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15 octobre 2008

Les films du mois d'octobre, partie I

Il y a beaucoup de films à voir en ce mois d'octobre, sans compter ceux de septembre que je n'avais pas pu voir. A la moitié du parcours, j'en suis à huit films et pas mal de déceptions...

faubFaubourg 36, de Christophe Barratier.

C'est quoi ? Trois ouvriers au chômage, habitant un faubourg dans le Paris de 1936, décident d'occuper de force le music-hall où ils travaillaient, le Chansonnia, et de lui redonner vie. Afin de mettre à bien leur grand projet, ils doivent traverser de nombreuses épreuves (ba oui, y'a des méchants)et monter un tout nouveau spectacle pour satisfaire le public. Les trois compères pourront compter sur le talent de leur nouvelle recrue, la jeune Douce, aussi belle que douée. Trahison, déceptions, amour et amitié sont les ingrédients de ce film musical.

Et alors ? Sorti tout droit de l'imagination de Christophe Barratier à qui l'on devait Les Choristes, Faubourg 36 est, pour moi, bien plus sympathique que son grand frère. Si le premier film de Barratier tournait surtout autour du personnage de Morange(Vois sur ton chemiiiiiiiiiiin... insupportable), Faubourg 36 met en lumière plusieurs personnages au caractère différent, rendant ainsi l'action plus riche et intéressante. J'ai adoré le jeu de Cornillac, vraiment excellent, il faut dire que le rôle du rebelle au coeur tendre lui va à merveille ! J'ai passé un très bon moment grâce à ce film, et je n'en attendais pas tant. En effet, à aucun moment je me suis ennuyée, j'ai été émue (oui, oui) et j'ai souri à plusieurs reprises devant la bille de clown de Kad Merad. Barratier remplit donc sa mission : nous divertir. Inutile de chercher la petite bête !

appaAppaloosa, de Ed Harris.

C'est quoi ? En pleine conquête de l'Ouest, la petite ville d'Appaloosa vit dans la terreur : le terrible Randall Bragg et ses hommes ont éliminé le shérif. Le marshall Cole et son adjoint Hitch ont donc pour mission de la reprendre en mains afin d'y ramener paix et tranquillité. Comme si cela ne suffisait pas aux deux hommes, une nouvelle venue débarque à Appaloosa et va pertuber la vie bien organisée du duo. Cette veuve peu farouche, Alison French, s'installe en ville où elle compte gagner sa vie en y jouant du piano. Lequel des deux hommes va-t-elle séduire ? Leur complicité résistera-t-elle à une histoire d'amour ? La jalousie gagnera-t-elle sur l'amitié ?

Et alors ? Je pense que mon résumé traduit assez bien ce que j'ai pensé de ce film. Alors que je pensais aller voir un western, comme le récent 3h10 pour Yuma, je me suis retrouvée face à un film sur l'amour, l'amitié entre hommes, la jalousie... Et pour cause, Appaloosa est un film qui fait la part belle aux grandes interrogations sur les rapports humains. L'histoire, les décors, ne sont qu'une excuse pour mettre en scène les pensées et sentiments des deux hommes aux rapports très ambigus, ce qui donne au film un rythme très lent. Et pour tout vous dire, je me suis endormie, juste quelques minutes certes, mais endormie quand même... Il faut toutefois noter les prestations de Viggo Mortensen et Ed Harris, magnifiques tous les deux, dont la mystérieuse ressemblance ajoute à l'ambiguité qui entoure leur relation.

clienteCliente, de Josiane Balasko.

C'est quoi ? Judith, la cinquantaine rayonnante, s'offre de temps en temps les services sexuels de jeunes hommes qu'elle sélectionne sur Internet. Elle pense ainsi jouir d'un certain équilibre : elle a le plaisir sans les contraintes qu'entraine la vie de couple. Ce raisonnement étant valable tant que n'entrent pas en piste les trucs qu'on appelle 'sentiments' , bien sûr ! Et c'est Patrick qui va chambouler toutes les petites théories de Judith : charmant, intéressant, il séduit cette divorcée indépendante. La situation pourrait être simple, Judith et Patrick pourraient devenir un couple et hop ! envoyez le happy end !  Mais non, non, non. Car Patrick s'appelle en réalité Marco et il est... marié !Vous sentez l'embrouille là ? ! ?

Et alors ? L'idée de départ est très bonne puisqu'originale. En effet, jamais n'est abordée la question de la prostitution masculine, comme si les femmes n'avaient pas elles aussi droit à un p'tit coup de temps en temps, nan mais ! Mais ce qui m'a un peu déçue dans le film, hormis l'atroce bande-originale, est qu'il se concentre trop sur le personnage de Marco, et de Cliente il devient vite Gigolo ou Connard. Oui, vous avez bien lu. J'ai trouvé que le Marco est un vrai connard : un de ces mecs qui nous fait penser que la vie est bien plus douce sans eux. Il n'y a qu'à voir ce qu'il fait endurer à Judith, je pars, je reste, je pars, je reviens... Heureusement le personnage qu'interprète Balasko, la soeur de Judith, nous redonne foi en l'amour.

entre_les_mursEntre les murs, de Laurent Cantet.

C'est quoi ? Une année dans une classe de 4° d'un collège du XX° arrondissement de Paris avec tous les grands événements qui la traversent : la rentrée des profs, la rentrée des élèves, la rencontre avec les parents, l'arrivée d'un nouvel élève, le conseil de classe, le conseil de discipline.

Et alors ? J'avais quelques réserves face à ce film car je n'avais aucune envie de passer 2 heures face aux adolescents que j'essaye d'éviter à tout prix. Car si je n'ai pas vraiment d'attirance pour les enfants, pour les ados c'est encore pire ; surtout ceux qui n'ont aucune reconnaissance et qui pensent tout savoir alors qu'ils sont juste débiles (oui, mon jugement est rapide et facile). Par curiosité (Palme d'or oblige) et pour faire plaisir à ma chère mère qui y tenait, je suis quand même allée le voir. Conclusion : je déteste encore plus les ados ! Quand je les vois à la sortie du collège où moi-même j'allais il y a dix ans, en train de se sauter dessus, de s'insulter, de fumer en regardant les passants de haut comme s'ils étaient de sombres merdes, ils me font pitié. Pas dans le sens où j'ai envie de les aider mais dans le sens où je les enverrais bien à la mine pour qu'ils voient ce que ça fait de suer un peu. Les ados du film sont pareils : ils se traitent de tous les noms, tiennent des propos racistes mais s'insurgent à la moindre réflexion venant de leur professeur, qui pourtant essaye de les aider tant qu'il peut. Le film est donc, sur ce point (je précise bien), assez proche de la réalité et de ce point de vue là intéressant. J'ai été assez bluffée par la prestation de Bégaudeau, sobre et sincère, contrairement à la prof (de dessin je crois) enceinte et hystérique et aux élèves. Un film que je ne regrette pas d'avoir vu malgré les clichés et le côté démago, qui, même s'il me semble bien loin de la réalité, m'a passionnée par certains aspects puisque nombre de mes amis ont tenté et tentent encore l'IUFM ou le capès, mais qui me laisse un goût amer puisqu'il donne bien trop d'importance à des petits cons.

Prochaines critiques à rédiger : La loi et l'ordre, Harcelés et La frontière de l'aube. Films à voir ce week-end : Séraphine, Le crime est notre affaire et Tokyo.

Bon ciné à tous !

Posté par yottidottir à 17:35 - Septième art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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