Poleen nous annonçait la semaine dernière que pour célébrer les quatre-vingts ans d'Audrey Hepburn, la chaîne câblée TCM allait diffuser pendant un mois quelques-uns de ses films. Une excellente initiative qui m'a mise en joie jusqu'à ce que je me rende compte que ni moi ni Mère n'avions cette fichue chaîne !

Mais en feuilletant le Pariscope de la semaine, j'ai eu la bonne surprise de voir que le cinéma Mac Mahon rendait également hommage à Audrey avec un festival sur cinq jours, nous permettant de (re)découvrir cinq de ses plus grands films ! Quel bonheur !

C'est donc suite à cet événement que j'ai décidé de créer une rubrique spécialement dédiée à Audrey Hepburn, une de mes actrices préférées et surtout une des plus grandes actrices de son temps. Je ne pouvais décemment pas vous parler des films que j'ai vus dans le cadre du festival dans ma petite review ciné hebdomadaire, n'est-ce pas ? ! La création de cette rubrique me permettra donc de vous parler d'Audrey, de ses films, de ce qui me plaît (ou me déplaît) en eux mais aussi de vous faire part de quelques anecdotes que j'ai apprises au fil de mes lectures.

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En attendant ma toute première critique hepburnesque (peut-être pour demain, qui sait ?!), voici quelques mots sur cette brillante actrice doublée d'une femme au coeur immense.

Je serais bien incapable de vous dire comment j'ai découvert Audrey Hepburn, si c'était par un de ses films, un documentaire, une conversation... Mais je pourrais vous parler d'elle pendant des heures, de ce qui lui donne cette place si particulière dans mon coeur.

Tout d'abord, si on prend n'importe quelle biographie de l'actrice, on s'aperçoit qu'Audrey est la plus européenne des actrices hollywoodiennes puisqu'elle est née en Belgique, à Ixelles, d'une mère hollandaise, baronne de son état, et d'un père aux origines troubles, fort probablement anglais. Si Audrey a une enfance heureuse, auprès de ses parents et de ses frères (issus du premier mariage de la baronne), elle est très tôt envoyée en Angleterre pour y suivre des études, alors qu'elle ne parle qu'un anglais très approximatif. Ses nombreuses origines européennes (belges, néerlandaises, anglaises, irlandaises, écossaises, autrichiennes et françaises) font d'Audrey une actrice qui me "parle" plus que les grandes stars américaines. Je la trouve plus accessible, plus authentique aussi bien dans sa manière d'être que dans sa manière de jouer.

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Mais si je me suis autant emballée pour cette actrice, c'est parce que j'ai découvert qu'elle ne se destinait justement pas au cinéma mais à la danse. C'est d'ailleurs en tant que ballerine qu'elle a fait une de ses premières apparitions au cinéma (dans Rire au paradis). La danse est tout pour elle durant son enfance mais aussi durant son adolescence, autrement dit, devenir une grande danseuse n'est pas seulement pour elle un rêve d'enfant mais quelque chose qui lui tient véritablement à coeur, une raison d'être. Audrey prendra donc de nombreux cours de danse, au Conservatoire mais également avec d'illustres professeurs comme Marie Rambert (qui collabora à la compagnie des Ballets russes). Si vous me lisez depuis quelques temps, vous n'êtes pas sans connaître ma passion pour la danse, une discipline qui demande de la rigueur, du travail et d'énormes sacrifices. Pour moi, Audrey Hepburn a donc toujours été bien plus qu'une actrice, elle est avant tout une ballerine, une artiste.

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Si l'enfance d'Audrey rime avec privilèges, on peut dire que son adolescence rime davantage avec privations. En effet, lorsque la guerre éclate en 1939, Audrey, dont les parents viennent de divorcer, quitte définitivement son pensionnat anglais pour revenir auprès des siens. Malheureusement, les biens de sa famille maternelle sont confisqués et la jeune fille a à peine de quoi se nourrir, si bien qu'elle doit se résoudre à arrêter la danse, trop faible pour poursuivre son entraînement. Mais le pire reste à venir. Peu de temps avant la Libération, alors qu'elle rentre comme chaque jour chez elle, Audrey se fait arrêter par des soldats allemands. Tentant le tout pour le tout, elle parvient à leur échapper et trouve refuge dans une cave. Alors qu'elle n'a sur elle qu'un morceau de pain et un fond de jus de pomme, elle restera coincée dans sa cachette improvisée près d'un mois ! Une fois la guerre terminée, Audrey souffre alors de sérieux soucis de santé dus à la sous-alimentation. Aussi, l'adolescente qui a toujours été frêle, ne deviendra jamais une femme aux formes généreuses, ce qui fera d'elle l'anti-pin-up par excellence. Son extrême finesse (elle mesure 1m76 et ne dépassera jamais 50 kilos) qui lui donne un air androgyne, la différenciera toujours des autres actrices mais ne sera jamais totalement approuvée par tous, certaines journalistes trouveront même scandaleux qu'une pré-anorexique serve de modèle à tant de femmes. Vous voyez, les débats autour des rondeurs et autres idioties ne date pas d'hier ! Audrey n'oubliera jamais les privations de la guerre et particulièrement l'aide qu'elle et les siens ont reçue après la Libération. Aussi, c'est dans ces années de misère que se trouve l'origine de son engagement auprès de l'UNICEF.

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Malgré ces dures épreuves, il ne faudra pas longtemps à Audrey pour se remettre en piste, et ce sont à peine quelques années qui séparent son calvaire dans la cave de la remise de son Oscar ! Une bien belle leçon de vie, non ? !

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Mon premier billet cinéma sera donc consacré au premier grand film d'Audrey, qui lui vaudra son fameux Oscar, Vacances Romaines.

En attendant, vous pouvez lire l'article que j'avais rédigé au sujet de Petit-déjeuner chez Tiffany de Truman Capote et de son adaptation au cinéma, Diamants sur canapé.

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