isbjorgJe préfère vous prévenir, je risque de pas mal causer livres ces prochains jours car, à force de toujours raconter des bêtises, j'ai pris beaucoup de retard dans mes critiques livresques ! Mais ne vous faites pas de mouron pour autant, j'ai toujours quelques conneries articles hautement passionnants en réserve rien que pour vous !

Pour changer -hum hum- voici un des romans d'une célèbre auteure islandaise, Vigdís Grímsdóttir, dont le premier roman Lumière froide (Cold Light ou encore Kaldaljós, pour ne fâcher personne) publié en 1987, a été adapté au cinéma, avec dans le rôle principal mon acteur islandais préféré, celui dont je suis sercrètement amoureuse depuis que je l'ai vu dans Les Anges de l'univers, Ingvar E. Sigurðsson (alias le commissaire Erlendur).

Deux ans plus tard, alors qu'elle a gagné une certaine notoriété en Islande, elle publie son deuxième roman, Je m'appelle Ibjörg, je suis lion, qui sera adapté au théâtre mais qui, surtout, la fera connaitre hors des frontières islandaises. Le roman, traduit par François Emion, est publié en France en 1996 par Les Presses Universitaires de Caen.

Si ce roman semble avoir séduit un large public, je dois avouer que je n'ai pas été emballée plus que ça par sa lecture.

Il est question ici d'une jeune femme, Isbjörg, qui se trouve en prison pour un fait assez grave, qu'elle assume pleinement. Elle reçoit alors la visite de son avocat, qui souhaite lui trouver un éventuel mobile ou au moins des circonstances atténuantes, qui lui permettraient de défendre au mieux sa cliente. Isbjörg, qui se contre-fiche du verdict, va utiliser les douze heures qui lui sont accordées pour se raconter à cet homme, qui va subir son incroyable monologue. On découvre alors l'enfance et l'adolescence d'Isbjörg qui a déjà connu des événements bien difficiles pour une si jeune femme. Le roman aborde alors plusieurs thèmes très durs comme l'inceste, le suicide, la folie,... Lorsque, adolescente, elle emménage chez son oncle et sa tante, elle prend conscience qu'elle n'est pas comme les autres, qu'elle ne veut pas être comme les autres. Elle repense aux paroles de son père, un homme constamment révolté contre les injustices de la société, un homme aux pensées un peu extrêmes, qui a inculqué à sa fille l'importance d'être forte. Forte comme un lion... voilà ce que veut devenir Isbjörg, souhaitant se protéger des autres, de la vie. Elle devient froide, distante, mais aussi hautaine, pleine de cynisme par rapport au monde qui l'entoure... Jusqu'au dérapage qui conduira directement ce lion en cage.

Vigdís Grímsdóttir propose donc un personnage féminin comme je les aime, forte, manipulatrice, plutôt malsaine et légèrement cinglée. Le problème, c'est que je n'ai pas accroché avec le style d'écriture utilisé, qui correspond pourtant très bien au caractère du personnage. Difficile dans ces conditions de dire bêtement et simplement que je n'ai pas aimé ce roman. 

J'ai notamment beaucoup aimé sa construction en douze chapitres, qui correspondent au douze heures de l'entretien entre Isbjörg et son avocat. En revanche, j'ai trouvé le tout très bavard, certains passages m'ont semblé d'une longueur intenable, tandis que l'accumulation de phrases très brèves m'a très rapidement gênée. C'est un des ressorts de l'écriture que je n'ai jamais su apprécier, il me faut des phrases longues, qui s'enchainent et vont droit au but. Ce qui m'a rebutée dans ce roman est donc très personnel, et les lecteurs qui savent apprécier les livres très "écrits", très travaillés, seront sans doute plus aptes que moi à aimer ce livre. Ces enchainements de mots sans fin, qui traduisent le besoin de la jeune femme d'être écoutée, me laissent toutefois imaginer un lourd travail de traduction, que je salue encore une fois.

Pour finir sur une touche un peu plus positive, laissez-moi me rincer l'oeil cinq minutes

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Ingvar E. Sigurðsson

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