02 juillet 2009
Dans le scriptorium, de Paul Auster
Je suis d'un caractère disons persevérant. Je me suis mis en tête de découvrir l'univers de Paul Auster afin de ne pas rester sur ma déception après la lecture de L'Invention de la solitude en licence, mais je pense qu'il va vraiment falloir que je me fasse une raison : Paul Auster et moi, ça ne fera jamais chabada-bada. Mais au moins, on ne me reprochera pas de ne pas avoir essayé !
Après le décevant La nuit de l'oracle (qui aurait pu être excellent sans cette fin digne d'un écrivain débutant) et l'assez-sympathique-mais-sans-plus Cité de verre, je me suis plongée dans l'avant-dernier roman de l'auteur, histoire de voir ce que donnent ces récents écrits.
Je crois que c'est le roman que j'ai le moins aimé. En fait, il m'a donné la nausée. Ce n'est pas une expression ou une manière détournée de dire du mal de ce bouquin, mais ce que j'ai réellement ressenti. J'ai vraiment détesté le personnage principal de ce roman, ce qui lui arrive est d'une platitude incroyable qui rend la centaine de pages du roman interminable.
Encore une fois, Paul Auster aborde des thèmes récurrents dans son oeuvre, la place de l'écrivain, la puissance de l'invention, de l'écriture, et utilise ce qui semble être son procédé favori, la mise en abyme.
L'histoire est celle d'un homme âgé qui se réveille dans une chambre qui lui est inconnue, dans laquelle se trouve une caméra, un bureau, un manuscrit et quelques portraits de personnes qu'il ne reconnaît pas. Cet homme, qui est nommé Mister Blank, va au fil de la journée, faire connaissance avec plusieurs personnages : son infirmière, prénommé Anna, un policier nommé James Patrick Flood, un certain John Trause, qui vont l'aider -ou pas- à découvrir qui il est et ce qu'il fait là.
Même si j'ai lu seulement trois livres de Paul Auster, j'ai tout de suite compris qui étaient les personnes sur les photos et donc, forcément, qui était ce Mister Blank, ce qu'il représentait pour elles et où allait en venir l'auteur. Il faut dire que la réflexion qu'il mène est plus que basique pour qui s'intéresse un tant soit peu à la littérature et au métier d'écrivain (le titre est également un sacré indice).
Néanmoins, le roman de Paul Auster ne tourne pas seulement autour de ce Mister Blank. "Le procédé préféré de Paul Auster", on va rebaptiser ainsi la mise en abyme, nous permet de découvrir le manuscrit posé sur le bureau du vieil homme. Dans le scriptorium prend alors un autre visage et nous amène à nous interroger sur l'Histoire, plus principalement l'Histoire américaine. Cette tentative de réflexion ne suffit pourtant pas à faire de ces quelques pages un bon roman puisque, comme toujours avec Paul Auster, j'ai été gênée par cette impression de travail bâclé. Si je trouve qu'Auster a un véritable talent de conteur, il utilise très peu de mots pour dire beaucoup de chose, je ne suis pas du tout certaine de ces talents d'inventeur.
Je lirai tout de même prochainement les deux récits qui font suite à Cité de verre puisqu'on m'a gentillement prêté La Trilogie new-yorkaise. Mais après, j'arrête !
Commentaires
Ça m'a l'air bien dommage tout ça, on sent que les livres pourraient être super, mais comme tu dis, il y a ce sentiment de bâclé qui gâche tout ... Je n'ai lu que "La nuit de l'oracle" mais j'avais totalement eu cette sensation...
La Trilogie est le mieux apparemment, tu me diras !
Bisous
P.S: Tes billets sont au rythme de tes lectures ou tu parles d'anciens livres lus ? Car sinon tu m'épates ! Moi ça fait 10 jours que je suis sur "Le Maître et Marguerite" et pourtant j'ai l'impression de lire vite ! ...
Je n'ai pas lu celui-là mais j'ai beaucoup aimé la trilogie new yorkaise. As tu lu Brooklyn Follies que j'ai adoré?
@ Poleen
A chaque fois que je referme un de ses romans, je ne peux pas m'empêcher de me dire "tout ça pour ça". Peut-être que c'est vraiment son style et qu'il ne me correspond pas finalement. Mais du coup, je me dis que c'est peut-être moi qui ne sais pas lire Paul Auster, je passe peut-être à côté de plein de détails, etc.
Je vais finir la trilogie très bientôt, "Cité de verre" était déjà pas mal donc c'est bon signe !
Sinon, non, mais billets ne sont pas au rythme de mes lectures, je lis bien plus que je critique en fait ! J'ai au moins une dizaine de livres lus dont je n'ai pas encore eu le temps de parler ici ! Quand je ressors d'anciennes critiques, je le précise (comme pour "L'élégance du hérisson".) Tu dois sans aucun doute lire vite, c'est juste que j'ai plus de temps libre que toi et que je me couche très tard !
Bisous.
@ Rory
J'ai juste lu "Cité de verre" de la trilogie mais je vais poursuivre très bientôt.
Par contre, je n'ai pas lu "Brooklyn Follies" mais c'est vrai que j'ai lu beaucoup de très bonnes critiques à son sujet.
Il est disponible dans ma bibliothèque, si tu l'as adoré, je vais peut-être me laisser tenter du coup, car il m'intrigue pas mal.
Merci du conseil :)
Ouf tu me rassures ! Car moi, avec le boulot, le ciné, les séries, un semblant de vie sociale et amoureuse, je n'ai pas le temps de faire tout ce que je veux ! Et puis je me couche tôt aussi, sinon je suis crevée, on va dire que c'est mon excuse :)
Bisous
Dans le scriptorium
Bonjour,
Je suis plutôt d'accord avec ta vision de ce roman même si à mon sens ce n'est pas le meilleur pour entrer dans l'univers de Paul Auster.
J'ai lu deux des trois romans de la trilogie new-yorkaise et j'avoue n'avoir pas été enchanté plus que ça.
A ce jour, mes préférés restent "Les voyages d'Anna Blume" et "Le livre des illusions", le script du fulm "Lulu on the bridge" vaut également le détour. Je te conseille donc de laisser une dernière chance à Paul Auster en essayant un des deux premiers.
Je profite de l'occasion pour vous inviter à découvrir mon blog http://louiselegy.over-blog.com où je compile mes écrits (poèmes, articles musicaux et depuis critique de livre)
A bientôt
@ Poleen
Déjà, je rectifie "mes billets", non pas "mais billets". J'ai vraiment un problème avec ces deux mots !
Je trouve que tu fais déjà énormement de choses par rapport à certaines de mes copines (sans être mauvaise langue) qui se sont arrêtées de vivre le jour où elles ont commencé à travailler ou lorsqu'elles se sont installées avec leur moitié.
En tout cas, j'ai hâte de connaître ton avis sur "Le Maître et Marguerite" car j'ai de grosses lacunes en littérature russe.
Bisous
@ Louis Elegy
J'ai lu un résumé du "Livre des illusions" est je dois dire qu'il me tente beaucoup. Enormément même ! Apparemment, il est question de littérature mais aussi de cinéma, mes deux passions. Je crois que je ne suis pas prête de refermer le chapitre Paul Auster malgré mes déceptions !
Je vais faire un tour sur ton blog de ce pas :)
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