ysl_afficheOn ne change ni une équipe qui gagne ni les bonnes vieilles habitudes. C'est donc en compagnie de ma copine Poleen et un peu en catastrophe que j'ai enfin pu découvrir la superbe rétrospective retraçant les quarante ans de création du couturier Yves Saint-Laurent.

De ces premiers pas chez Dior, en 1958, où il nous éblouit déjà avec la très belle collection "Trapèze", jusqu'à ses toutes dernières robes, légères, aériennes, épurées et colorées créées en 2002, on découvre, grâce à un parcours autant chronologique que thématique, le génie Saint-Laurent, un homme d'une finesse et d'une érudition qui n'ont cessé de nourrir ses créations.

Cette exposition est, je vous le dis d'emblée, un immense coup de coeur.

Elle a, comme première grande qualité, une scénographie des plus appréciables, qui nous permet d'évoluer de grandes salles pareilles à d'immenses podium sur lesquels des dizaines de silhouettes sont alignées, en petits recoins plus intimistes, proposant alors de découvrir l'oeuvre du couturier n'ont pas à travers une époque ou une collection particulières mais à travers un thème.

Aussi, j'ai particulièrement apprécié la salle mettant à l'honneur l'actrice Catherine Deneuve, dont la classe et l'élégance ne sont plus à démontrer. Et si je ne devais retenir qu'une partie de cette rétrospective, ce serait sans aucune hésitation la petite salle consacrée à la collection réalisée pour le Bal Proust, donné par les Rotschild en 1971. C'est, à mes yeux, la première "étape" qui nous permet de découvrir l'homme qui se cache sous le couturier. En effet, j'ai aimé découvrir les passions et inspirations d'Yves Saint-Laurent. Grand admirateur de Proust, il se révèle un peu plus loin dans l'exposition, amateur d'art, en proposant des pièces inspirées des plus grands artistes, comme Mondrian, Van Gogh, Picasso ou encore Apollinaire.

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Tout comme je suis toujours bluffée par les chorégraphes qui parviennent à s'exprimer, à dire, par le mouvement, je l'ai été par la faculté de Saint-Laurent à mettre en forme, à résumer, de manière concrète, nette et directe, tout l'univers artistique d'un autre créateur, à travers ses propres créations, appartenant à un tout autre monde. On s'aperçoit alors que la mode est bel et bien une forme d'art à part entière, pas un art mineur ou, pire, quelque chose de vulgaire ou de superficielle. Entre les mains de génies tels que Yves Saint-Laurent, Coco Chanel ou encore Karl Lagerfeld, elle gagne ses lettres de noblesse. 

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Si les immenses salles dans lesquelles s'entassent littéralement les modèles, sans réelle logique (ou sans trop d'explications), peuvent laisser dubitatif, elles ont le mérite de nous placer au coeur même de l'exposition. Partout où notre regard se pose, que l'on tourne la tête à gauche à droite, ou même que nous regardions au plafond, sur les murs, la mode est là, le style Saint-Laurent nous étourdit de plaisir. J'en ai pris plein les yeux dans l'une des dernières salles proposant un nombre impressionnant de magnifiques tenues de soirée, des robes sublimes, coupées dans des matières lourdes ou, au contraire, légères, mais toujours luxueuses. On s'imagine immanquablement dans un modèle pour changer aussitôt d'avis et jeter son dévolu sur un autre, encore plus magique, féérique. Et c'est alors, qu'au moment de quitter ce petit coin de paradis, on tombe sur un mur entièrement consacré au fameux smoking, décliné sous toutes ses formes, plus inventives les unes que les autres : smoking-robe, pantalon, bermuda, mais surtout le smoking-tutu, ma nouvelle fashion-obsession !

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Alors que cette rétrospective est d'une richesse louable (plus de trois-cents modèles sont exposés, et je ne vous parle pas des documents visuels et sonores qui accompagnent la visite), on peut regretter qu'elle ne mette pas suffisamment en avant la personnalité du couturier. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici de découvrir son oeuvre, une manière finalement détournée -mais sans doute la plus pertinente- de mieux comprendre l'homme.

Par chance, nous sommes gâtés car dans quelques semaines, sortira dans les salles obscures un documentaire, réalisé par Pierre Thorreton, consacré à Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, et qui sera peut-être une bonne occasion de combler nos attentes déçues !

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Vous l'aurez compris, c'est de tout mon coeur que je vous encourage à profiter des derniers jours du mois d'août pour découvrir cette superbe exposition, qui nous permet de patienter en beauté en attendant la réouverture du musée Galliera ! (vite, vite, s'il vous plaît, ce musée me manque terriblement !).

C'est où ? Au Petit Palais, M° Champs-Elysées.

C'est quand ? Jusqu'au 29 août, fermé le lundi.

C'est combien ? de 5,50 à 11 euros.

N'hésitez surtout pas à investir dans un billet coupe-file, vraiment indispensable vu la file d'attente (7,10 euros, tarif étudiant ou adhérent Fnac).