La semaine dernière (et des poussières), les affreux pavillons du parc des expositions de la Porte de Versailles ont abrité pendant quelques jours, comme chaque année à l'approche du printemps, ovins, bovins, caprins, porcins, dinosaures (cherchez l'erreur). Et c'est avec beaucoup d'enthousiasme et une grande reconnaissance (merci :)) que je suis allée rendre visite à tout ce petit monde alors que je n'avais pas eu l'occasion de me rendre au Salon de l'agriculture -puisque c'est de cet événement dont on parle- depuis près de vingt ans. Ce n'est pourtant pas faute d'aimer passionnément les bêtes, mon problème viendrait plutôt de la redoutable concentration de particules humaines. Ami Zanthrope, tu es ici chez toi.

Mes souvenirs du Salon n'étaient donc plus très frais et, pour la plupart, altérés. Cette balade agricole aura été une bien agréable manière de les raviver.

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Avec le sourire.

Par chance, peu de monde (en semaine) se pressait autour des animaux, les visiteurs préférant manifestement la bouffe aux boeufs. Néanmoins, alors même qu'il est demandé de ne pas les tripoter, les gens ne peuvent s'empêcher de poser leurs sales pattes sur les bêtes (on se demande sincérement qui, de l'âne ou de l'homme, est le bourricot) qui m'ont étonnée par leur calme et leur apparente sérénité. Pour la petite histoire, j'ai pu observer un boeuf aux belles cornes somnoler adorablement puis sombrer dans le sommeil en quelques secondes, un spectacle charmant et précieux. 

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Ou la langue étale...

Cet après-midi, commencé par quelques bulles de champagne euphorisantes, m'a donc enchantée et il me tarde d'en revivre un semblable l'an prochain. Pouvoir observer, admirer tous ces animaux de si près, dans de telles conditions (tous se sont mis sur leur 31) est une vraie chance et n'a rien de comparable avec des vacances chez grand-mère. Les mauvaises langues qui se délient toujours au bon moment, persiflent souvent que le Salon de l'Agriculture est fait pour les parigots qui ne sortent jamais de leur béton. Objection votre Honneur et Chut les mal-embouchés. Les animaux rassemblés au Salon n'ont rien à envier aux trois moutons de Tata Denise ; ils sont si beaux, impressionnants et tellement nombreux qu'on ne sait plus où regarder, chaque regard est une nouvelle découverte, un nouveau coup de foudre, un sourire. 

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Seules ombres au tableau, l'enseigne MacraDo coincée entre le Village des cochons et les bovins ainsi que l'étalage de charcuterie et autres saloperies suspendues face aux animaux, un spectacle de très mauvais goût à mes yeux, voire assez choquant étant donné l'espace immense dont dispose ce Salon. Car, c'est une des choses que j'avais oubliées, le Salon de l'agriculture n'est pas seulement une occasion de renouer avec le monde animalier mais aussi de réjouir nos papilles en parcourant les pavillons réservés aux spécialités culinaires nationales et internationales. De la Bretagne au Brésil en passant par la Lorraine (avec mes sabots, oui, oui) ou la Scandinavie, toutes les senteurs et saveurs du monde sont représentées, il est alors possible de picorer un morceau de fromage de chèvre par-ci, de déguster un petit brevage italien par-là et de rentrer à la maison avec un petit panier garni.

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Des vaches baguenaudaient donc, pour certaines, du côté de Paname mais d'autres, moins mondaines, demeurent toujours introuvables... Nous ressortirons donc notre loupe dans quelques jours pour poursuivre notre enquête. En attendant, ouvrez l'oeil et le bon.

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