01 mai 2012

Et pour mieux garder dans ma tête les joies de la belle saison...

Un mois tout entier sans que mes pensées n'aient été transformées en mots d'un coup de clavier magique, un mois au cours duquel émotions, nouveautés et découvertes se sont bousculées dans ma vie, n'aspirant qu'à une chose : ne pas tomber dans l'oubli. J'aimerais alors trouver le temps de profiter de mon petit espace à moi pour retranscrire en quelques lignes le bonheur d'avoir vu sur scène Cate Blanchett dans Big and Small, faire revivre Le Sacre du Printemps version Gallotta et L'Histoire de Manon, sublime ballet de Kenneth MacMillan, mon plus beau rêve dansant de ce début d'année 2012. Vous dire l'énergie folle offerte par la troupe du Cirque Eloize et la poésie du Cirque Invisible, deux spectacles que je vous conseille d'avoir à l'oeil. Je souhaiterais laisser des traces des différentes expositions que j'ai pu voir, afin de connaître dans quelques mois le plaisir narcissique de me replonger dans ces billets-souvenirs, mais le temps manque et je ne peux que vous dire brièvement mon enthousiasme lorsque je repense à l'exposition consacrée à Bob Dylan à la Cité de la Musique -parcours musical divinement amorcé par le concert de Moriarty-, ma déception concernant l'exposition Tim Burton qui, à mon sens, n'a pas sa place au musée du cinéma (l'exposition consacrée au travail pictural de David Lynch s'était tenue à la Fondation Cartier, elle...), la richesse de Danser sa vie au Centre Pompidou. Il aurait surtout fallu que je consacre un billet à Vincent Macaigne, découvert en tant qu'acteur dans Le Naufragé et Un monde sans femmes, puis réalisateur de Ce qu'il restera de nous, enfin metteur en scène d'En manque d'après Crave de Sarah Kane. Cela m'aurait fait terriblement plaisir de vous faire découvrir (peut-être) l'univers viscéral, noir (âme), blanc (nuit), rouge (sang) de cet homme qui sait dire la solitude et la violence des rapports humains, mêler pulsions de vie et pulsions de mort. C'est désespérant d'être nous.

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Et puis il y a le cinéma qui compte tellement dans notre vie, tous ces films scrupuleusement choisis qui nous ont marqués et fait parler bien longtemps. Un véritable tour du monde cinématographique -le meilleur moyen trouvé à ce jour pour lutter efficacement contre la grisaille et la froidure- dont j'aurais aimé vous rapporter plein de souvenirs : Trabalhar Cansa (Brésil), Week-end (U.K.), Elena (Russie), L'enfant d'en haut (Suisse), Le Policier (Israël), Les Vieux chats (Chili), Oslo 31 août (Norvège), Ulysse souviens-toi (Canada), Avé (Bulgarie), I wish (Japon), etc., etc. Et mon coup de foudre totalement inattendu pour Twixt signé Coppola, un film dont j'ose dire qu'il est parfait, même si c'est un grand mot un peu galvaudé (cliché ?), mêlant indubitable maîtrise et  décontraction de la touche, un moment de cinéma aussi éblouissant qu'euphorisant, un univers visuel unique et pourtant familier qui m'a immédiatement séduite.

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J'évoque ici les jolies choses dont j'aurais souhaité garder l'empreinte sentimentale mais il ne faudrait pas laisser de côté celles que j'aurais aimé partager en détails avec vous (vous savez à quel point j'aime les détails, parler, broder, disséquer). Comme ce second semestre qui s'est idéalement passé avec la charge d'un TD bien sympa (qui s'articulait autour de trois disciplines, la littérature, le cinéma et l'histoire, et d'une problématique motivante : "Dans quelle mesure la littérature et le cinéma sont-ils porteurs d’un savoir historique ?") et grâce à la participation d'étudiants enthousiastes, intéressants, gentils comme tout (j'ai même eu un joli cadeau le dernier jour :)) avec qui j'ai pris beaucoup de plaisir à échanger pendant et hors des cours, à parler de tout et de rien, de cinéma, bien sûr, de Godard, de Nancy Huston, de musique, des études,... Ils ont proposé des exposés bien documentés, commenté et critiqué les travaux des uns et des autres, n'ont pas oublié de m'offrir quelques perles ("le Premier ministre d'Hitler, Goethe", "Marin Marais, célèbre violeur", "l'haut-delà", figurent parmi mes préférées) tandis que je luttai activement contre l'emploi substantivé des participes passés ("le ressenti" n'existe PAS, merci !) et autres insupportables déformations langagières qui courent -malheureusement- partout. Je suis ravie de cette expérience enrichissante et si j'avais, l'an dernier à la même époque, la boule au ventre à l'idée d'enseigner, je me sens aujourd'hui infiniment triste de penser qu'à la rentrée ce plaisir me sera probablement interdit pour de stupides raisons (pour être chargé de TD lorsqu'on est doctorant, il faut être âgé de moins de 28 ans au 1er septembre de l'année universitaire. J'aurai 28 ans le 27 août. Pas de bol !). Un second semestre universitaire assez riche puisqu'il a également été marqué par la rédaction -sans fin- d'un article pour une revue féministe dont j'attends beaucoup (doigts croisés, emmêlés, broyés d'espoir) et se terminera avec ma toute première participation à un colloque pour lequel je prépare actuellement une communication (les mains moites et l'estomac sens dessus-dessous sont inclus dans le forfait).

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De grandes aventures culturelles et intellectuelles ont donc rythmé ces derniers mois mais la plus belle d'entre toutes serait plutôt immobilière avec l'adoption d'un nouveau nid spacieux et lumineux placé sous la bienveillante garde du Génie de la Bastille. Un quartier où il fait bon vivre, où trois cinémas de qualité entourent l'Opéra, un appartement en cours de décoration, où rien n'est à refaire mais dont les murs blancs du vaste salon dit "en L" nous invitent à satisfaire toutes nos envies. Je rêve, notamment, d'un confortable canapé qui habillerait l'angle face aux fenêtres, une méridienne qui incite à la paresse, à la lecture, au visionnage sans relâche des meilleurs films de notre collection. J'imagine déjà, dans quelques jours, un moment de détente devant un apéro rafraîchissant et le récap' quotidien du festival cannois, les fenêtres entrouvertes, les voilages blancs agités par une légère brise et le soleil (reviens s'il te plaît !!!). Ou une séance Six-Feet-Underienne parfumée au thé fumé.

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Tout est donc pour le mieux de ce côté de l'écran où la vie nous surprend en permanence, s'organise sans jamais céder à la routine. Des habitudes sont prises, des rendez-vous fixes et essentiels rythment les semaines (les cours de danse du lundi et du jeudi, le yoga, le ciné du mercredi, la sortie du vendredi, la lecture à voix haute du soir, la glandouille assumée du week-end). Un programme bien rodé que viennent illuminer des instantanés de bonheur, des gestes anodins qui flirtent avec le miracle : 150 euros gagnés au grat-grat, des roses blanches offertes un samedi gris, une carte postale écrite et adressée à nous-mêmes, beaucoup de nouvelles paires de chaussures qui-font-même-pas-mal-aux-pieds !, des chocolats élégamment présentés -cadeau pour ma fête-, ses mains sur sa guitare, nos conversations sans relâche, des pass trois jours pour Solidays (les Kiiiiiiiiiills ^^), la maîtrise (toute relative) du pas de valse en tournant, un strudel aux abricots rapporté de la rue des Rosiers, Benjamin Biolay bientôt sur la scène du Châtelet,...

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Voilà pour ce petit billet qui me trottait dans la tête depuis bien trop longtemps, accompagné d'un échantillon  d'images des fêtes de fin d'année, douceurs partagées et présents échangés. Certains le jugeront peut-être un peu trop égo-quelque chose (promis, les deux prochains le seront beaucoup moins) mais j'avais très envie de rassembler et de mettre à l'abri toutes ces choses qui sont déjà des souvenirs. Le temps passe incroyablement vite et la vie me semble si bonne avec moi ces derniers temps que le besoin de tout consigner se fait obsédant. J'espère également que la lecture de ces quelques lignes (bravo à ceux qui en sont venus à bout) vous aura mis un peu de baume au coeur, le bonheur -comme le rire- est communicatif.

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Je vous souhaite un excellent 1er mai, sous un très beau ciel bleu.

Posté par yottidottir à 07:15 - Commentaires [12] - Permalien [#]


Commentaires sur Et pour mieux garder dans ma tête les joies de la belle saison...

    Je trouve tes articles tellement poétiques que c'est très facile d'arriver au bout et de les trouver trop courts.

    Posté par lumina, 01 mai 2012 à 16:51 | | Répondre
  • Et bien moi, j'ai pris un grand plaisir à lire tout ça, et à prendre de tes nouvelles Je suis contente que tout se passe bien pour toi! C'est dommage que tu ne puisses pas poursuivre l'expérience de l'enseignement l'année prochaine... C'est toujours un vrai bonheur de te lire! Bonne soirée et un merveilleux mois de mai!

    Posté par Emilie, 01 mai 2012 à 20:09 | | Répondre
  • @ Lumina

    Merci infiniment Lumina
    Des mots tels que les tiens, en réponse à un billet comme celui-ci, me touchent beaucoup car après publication, je doute toujours de l'intérêt que peuvent avoir des digressions si personnelles. Je suis donc ravie (et soulagée) de lire qu'elles peuvent offrir un chouette moment de lecture.
    A bientôt

    Posté par Emma, 01 mai 2012 à 21:23 | | Répondre
  • @ Emilie

    Tout comme le petit mot de Lumina, le tien me fait très plaisir, pour les raisons avancées.
    Oui, c'est bien dommage de ne pouvoir enseigner l'an prochain, surtout à cause d'un truc aussi bête (décidément, rien n'est mis en place pour donner envie/la chance de poursuivre des études longues, ppfff).
    Je te souhaite, ma chère Emilie, une excellente semaine sous un beau soleil londonien, espérant lire tout bientôt tes nouvelles aventures qui comptent parmi mes petites bulles de douceur.

    Posté par Emma, 01 mai 2012 à 21:39 | | Répondre
  • Quel plaisir de te lire: joyeuses sorties et gourmandises, culture et littérature, loisirs et bonnes nouvelles! Pour le colloque et l’article, ta bonne humeur au travail et la persévérance de tes élèves je ne peux que te féliciter! Mais comment en aurait-il pu être autrement? TU ME MANQUES!!!!! <3

    Posté par July, 02 mai 2012 à 22:38 | | Répondre
  • Je reviens de mes vacances et apprends une triste nouvelle. Te lire me permet de me remémorer mes grands bonheurs et me met du baume au coeur. Oui la vie peut être terriblement belle. C'est merveilleux de te lire et c'est presque trop court! Merci de partager tout ça avec nous )
    (Une bague de fiançaille??)

    Posté par Marjane, 06 mai 2012 à 20:19 | | Répondre
  • Le bonheur est, comme le rire, communicatif, dis-tu, c'est vrai et comme la plupart des bonnes choses, on a envie de le partager. Cette fois, tu en partages de petits moments et je ne laisse pas ma part au chat.
    Que dire de ce nouvel usage du cinéma, en fait vieux comme la gélatine mais dont la redécouverte est un plaisir toujours renouvelé : voir les films, c'est voyager. Et il reste tant de pays à découvrir sur les écrans des cinémas du monde qui, de Cannes à Cannes, se donnent un rendez-vous sentimental à Paris.
    Quant au Génie de la Bastille, il en aura vu ces temps-ci, de ce nid lumineux où prendre l'apéro en discutaillant sans fin, en égrenant quelques accords de Three King Fishers ou haletant devant les nouvelles rudesses de Ruth la pécheresse et ses trois enfants rois. Ce qui compte, tu le dis, est de ne jamais céder à la routine.
    Bravo pour tes images qui ne font nullement catalogue et savent marier le raffinement gustatif à ceux des yeux ou des mots.
    Ces derniers, les mots, ont toujours le dernier avec toi, dont j'admire la constance dans la recherche (raffinement encore) de la juste expression (comme on dirait le juste regard), loin de la paresse qui gagne : non, il n'y a pas plus de "ressenti" dans nos perceptions intimes que de beurre en branche dans un plat d'épinards, merci de nous le rappeler.
    Et merci pour faire revivre ici tous ces jolis moments qui ne demanderaient qu'à nous fuir, si on n'y prenait garde.

    Posté par Michel, 09 mai 2012 à 18:45 | | Répondre
  • @ July

    Merci beaucoup chère July pour ces petits mots qui, eux aussi, font très plaisir à lire
    Gros bisous.

    Posté par Emma, 09 mai 2012 à 20:11 | | Répondre
  • @ Marjane

    Je ne mettais pas autant d'espoir en mes mots mais si tu me dis que d'une certaine façon ils t'apportent un peu de réconfort, j'en suis bien évidemment ravie.
    J'espère que tout va vite aller mieux et que de grands bonheurs rempliront très prochainement ton quotidien.
    Je t'embrasse bien fort

    Posté par Emma, 09 mai 2012 à 20:14 | | Répondre
  • @ Michel

    Comme tes mots sont charmants, my gentleman friend, et c'est à moi de te remercier de répondre avec autant de gentillesse et de tendresse à ces souvenirs partagés. J'aime les savoir ici, un peu à tous, toujours à moi. Sauvegardés et protégés, comme les espèces en voie de disparition.

    Tu reprends des plaisirs que j'ai évoqués et cela les rend meilleurs encore.
    Comme la famille Fisher, qu'il me tarde de retrouver dès ce soir. Les trois kids et cette maman, que j'aime plus encore à chaque épisode, forment une famille auprès de laquelle j'aime me réfugier. Merci de m'avoir offert ce nid dans le nid.
    Tu évoques à l'occasion, ses rudesses, et c'est vrai qu'elle a plutôt intérêt à porter un casque, Ruth, car si elle continue d'être aussi "rude", la rousse ne va pas tarder à se prendre une rouste. Mais peut-être est-ce là une ruse et qu'elle n'attend que ça, surtout de la part de son Russe, cette roulure. Ah Ah Ah ! Qu'est-ce qu'on se marre, Parent !
    Ceci étant, depuis hier et l'épisode 3 saison 2, déjà, j'attends surtout de voir si Bren sera la maman ou la putain. Car même le scénario le mieux ficelé ne saurait échapper au bon vieux schéma patriarcal (et ce qu'il a de mieux à offrir aux femmes). Me trompe-je ? (Oui, tous les moyens sont bons pour te soutirer des infos ^^).

    Malheureusement, le "ressenti" fait des (é)mules, encore ce matin, dans les bouches de Pascale Clark et de Juliette Binoche, il était fringant, j'te dis pas.

    J'arrête ici mon roman et t'embrasse, Wallace.

    Posté par Emma, 09 mai 2012 à 20:38 | | Répondre
  • Coucou Emma! Mieux vaut tard que jamais comme on dit, alors voici un tout petit mot pour te dire que je suis ravie de voir que ta vie est remplie de petits et de grands plaisirs en ce moment!! Je t'embrasse bien fort, bonne fin de week-end! ;o)

    Posté par My discoveries, 19 mai 2012 à 19:25 | | Répondre
  • Je vois là de très jolies choses dites, des projets superbes, des sorties toutes plus sympathiques les unes que les autres, des gourmandises alléchantes, de la bonne lecture... Et puis surtout, entre les lignes, des sourires comme s'il en pleuvait ! Je suis heureuse de lire le bonheur dans ton texte ma belle, et ce bonheur est amplement communicatif
    De gros bisous.

    Posté par Livy, 29 mai 2012 à 13:11 | | Répondre
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