Samedi 22 décembre 2012, lendemain de fin du monde annoncée, et nous sommes encore tous là, même pas morts. On respire, n'est-ce pas ?! Tous ces cadeaux qui nous auront coûté bousculades et longs moments d'attente aux caisses pourront finalement faire le bonheur des êtres chers. Quant à ce plateau de fruits de mer qu'on envisage de commander depuis un mois pour le dîner du Réveillon, il pourra être savouré, et aura même la délicatesse de laisser une petite place pour les douceurs sucrées et le champagne. Et, bien sûr, nous allons enfin pouvoir profiter de ces congés de Noël attendus depuis des mois ! Deux semaines pour se reposer, se laisser vivre, prendre le temps de faire toutes ces choses dont nous parlons tout le temps mais que nous ne faisons pas, faute de temps. Par exemple, partir en quête de la bibliothèque parfaite pour y ranger nos nombreux ouvrages, acheter les cadres colorés qui accueilleront nos belles affiches (Peau d'Âne s'impatiente de recevoir le cadre rose pétant que je lui ai promis, quant à Misia et la jeune femme photographiée par Gerhard Richter, elles n'en peuvent plus d'être roulées et saucissonnées !).

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Hier soir, nous avons donc choisi de fêter ce double événement au Nouveau Latina, cinéma très accueillant et à la programmation toujours soignée de la rue du Temple. L'équipe aussi avait dans l'idée de se jouer de la fin du monde en proposant une projection exceptionnelle de 4h44, dernier jour sur terre d'Abel Ferrara (sorti mercredi) en présence du réalisateur et de son actrice Shanyn Leigh. Avant la projection, nous avons pu profiter du très agréable salon au premier étage du cinéma qui accueille en ce moment un marché de Noël (mais tout au long de l'année on peut y trouver DVD rares, affiches de film, livres, etc.) et y siroter un vin chaud, boisson de saison ! Un moment très agréable en somme, une pause idéale et parfaite pour prendre conscience que les vacances sont lancées. Quant au film, je ne peux pas dire que je l'ai grandement apprécié mais je pense sincèrement que certaines des plus belles scènes (notamment celle où le personnage féminin échange avec sa mère via Skype et, au cours de leurs adieux, la remercie d'avoir été sa maman) m'ont été gâchées par la réaction détestable -mais malheureusement de plus en plus courante- d'un certain nombre de spectateurs hilares. Oui, l'hilarité collective au cinéma est en train de devenir un mal de notre siècle. Ceci étant, même s'il m'a semblé difficile d'entrer dans le film, je suis loin d'avoir détesté cette fin du monde vue par Ferrara, simple, loin du grand spectacle. Neutre. On surprend ces gens, les personnages, à quelques heures de la mort (collective), on les observe vivre ou plutôt continuer de vivre, peindre, manger (ils commandent leur repas auprès de leur traiteur asiatique habituel), sans angoisse comme si la tragédie avait fini par être intériorisée, acceptée. On ne peut donc s'empêcher de se poser des questions sur nos propres réactions. Dans pareille situation, souhaiterions-nous rester seul ? En amoureux ? En famille ? Entre amis ? Faire la fête ? Un dernier repas pantagruélique ? Je regrette donc ma fatigue et l'ambiance étrange régnant dans la salle car 4h44 méritait sans aucun doute plus d'attention de ma part. Cependant, j'étais suffisamment éveillée pour noter une nouvelle fois le charisme de Willem Dafoe. Hum... ^^

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Nous sommes toujours en vie, donc, et les vacances ont merveilleusement commencé avec une grasse matinée suivie d'une bonne sieste, entrecoupées par la dégustation de crumpets tartinés de lemon curd. Rien que ça ! Quelques heures de sommeil méritées et nécessaires qui donnent le ton : ces congés seront l'occasion de prendre beaucoup BEAUCOUP de repos car le quotidien ces derniers mois a été épuisant. Du stress et des obligations mais surtout des sorties nombreuses, souvent en pleine semaine, qui nous font nous coucher bien trop tard. 

J'ai très envie de passer beaucoup de temps à la maison, de fignoler la décoration, d'en finir avec la rédaction de mes cartes de voeux (je suis un peu à la traîne) et l'emballage des paquets, mais aussi de penser à notre "goûter de Noël-pré-jour de l'an" de dimanche prochain. Nous ouvrirons les cadeaux laissés à Paris (puisque nous fêtons Noël à Chartres où nous nous rendons en train, il faut faire quelques sacrifices !) et j'aimerais que cela se fasse autour d'un goûter salé-sucré, façon Afternoon Tea. Le champagne et le thé s'imposent mais quelles petites bouchées pour les accompagner ? Je suis en pleine réflexion !

Passer du temps à la maison, cela signifie aussi profiter des films accumulés ces derniers mois, enregistrés

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ou dévédisés. Et vu comme Londres nous a marqués et nous manque, il est certain que nos loisirs casaniers regarderont vers l'autre côté du tunnel ! Un assortiment de films britanniques (signés Tony Richardson et Karel Reisz), les deux premières saisons de la série Sherlock, la seconde de Downtown Abbey (tout juste commencée) et un peu de lecture de circonstance nous attendent. J'ai aussi très envie de regarder Gosford Park de Robert Altman qui nous freine souvent par sa durée. Jouer les ours bien léchés (rhooo ! n'ayez pas les idées si mal tournées les amis !) nous laissera aussi le temps de feuilleter avec plus d'attention nos magazines délaissés (le dernier Connaissance des Arts livre les secrets des expositions qui feront l'année 2013) et de bloguer ! La motivation est là, profitons-en !

Il y aura bien sûr quelques incursions dans le monde extérieur, lorsque celui-ci ne paraîtra pas trop hostile- pour visiter des expositions, faire une virée du côté du Cour Saint-Emilion, délaissé depuis un an -vous imaginez !-, des Champs-Elysées et du boulevard Haussmann. J'aimerais aussi boire un thé dans un joli salon et/ ou un cocktail dans un bar luxueux mais douillet. Je cherche, je cherche ! Côté ciné, je confesse un manque d'inspiration mais je me laisserais volontiers tenter par le délicat Ernest et Célestine ainsi que par le nouveau film de Jacques Doillon, Un enfant de toi, avec le rouquin-sexy Malik Zidi et la belle Lou Doillon. Et pour commencer l'année 2013, pourquoi pas Foxfire, adapté du roman de Joyce Carol Oates, Confession d'un gang de filles. Le réalisateur Laurent Cantet était l'invité de Stéphanie Duncan -qui anime Les femmes, toute une histoire, émission diffusée sur France Inter le vendredi matin et que j'essaye de ne pas rater- et son discours m'a convaincue (même si l'idée d'adapter un roman de Oates me paraît toujours bien ambitieuse).

Voilà pour ce billet du samedi soir, un peu bavard et décousu mais il est agréable de se laisser porter par les mots parfois, même s'ils ne disent pas grand chose.

Je vous souhaite un excellent week-end pré-noëlien, tout doux, d'excellentes vacances à ceux qui ont la chance de profiter d'un peu de répit, et vous dis à très vite.

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