Joyeux Noël très chers vous tous :)

J'espère que vous avez passé une délicieuse soirée, familiale, festive et gourmande, que les présents minutieusement choisis et emballés ont comblé vos proches (qui vous l'ont bien rendu, bien entendu ^^).

Les joies de la publication programmée me permettent d'écrire ce billet quelques jours avant le Réveillon, ce qui est assez étrange puisque rien n'est encore arrivé, tout est encore possible mais je pense depuis si longtemps à cette soirée que je peux en parler comme si je l'avais déjà vécue. A l'heure où paraîtront ces lignes, nous auront passé la soirée du 24 décembre à Chartres, chez ma maman, nous aurons dîné (pain surprise et petits canapés, huîtres, bûchettes, macarons) et -je l'espère- assisté à la messe de minuit dans la superbe cathédrale. Je me réjouis de passer deux jours chez et avec ma mère car cela n'est pas arrivé depuis très longtemps et je compte bien en profiter. J'imagine que la journée d'aujourd'hui s'écoulera bien tranquillement devant quelques DVD (je prévois d'embarquer Scrooge et sans doute Les Contes d'Hoffmann), peut-être une sortie en ville (j'aime toujours explorer les rues désertes les lendemains de fêtes), une petite sieste, un bon bain parfumé, une manucure rouge et dorée, de la lecture (je suis totalement conquise par The perks of being a wallflower qui m'accompagnera sans doute jusqu'au retour). Puis nous retrouverons Paris mercredi et notre joli programme, Gaspard Proust au théâtre du Rond-Point, des promenades, des films, notre maison, la préparation du goûter de Noël et l'achat des derniers petits cadeaux.

Je m'arrête ici pour les détails croustillants de ma vie, tout ça est sans doute terriblement ennuyeux à lire. Passons donc, si vous le voulez bien, au tout dernier épisode de notre conte de Noël. Un rapide rappel s'impose peut-être : la petite Selma attendait le coeur tout serré de recevoir un livre pour Noël et, ouf !, l'ouverture du dernier paquet comble ses espoirs. Néanmoins, un léger nuage semble accompagner ces pages de lecture car, dès le titre, la fillette ne comprend pas un mot...

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(Pour ce dernier goûter-lecture, je vous invite à déguster une tasse de Spice Imperial Tea au bon gôut d'orange et d'épices et à croquer un délicieux Honeycomb Crisp Chocolate, le tout fraîchement arrivé de la maison Whittard of Chelsea, une très heureuse découverte londonienne. Miam !).

"- Fais voir ! dit-il, puis il lit : Nouveaux contes de fées pour les petits enfants, par Mme la comtesse de Ségur.

Il referme le livre et me le rend.

- C'est un livre de contes en français, me dit-il. Tu vas avoir de quoi t'amuser.

Durant un semestre, Aline Laurell m'a donné des cours de français mais, maintenant que je feuillette les pages de ce livre, je n'en comprends pas un mot.

Recevoir un livre en français est presque pire que de ne pas recevoir de livre du tout. J'ai du mal à retenir mes larmes mais, heureusement, j'aperçois une des planches illustrées.

Là, la plus charmante des petites princesses voyage dans une voiture attelée à deux autruches et, sur le dos d'un des deux oiseaux, chevauche un jeune page portant un chapeau décoré de plumes et une veste brodée d'armoiries. La princesse elle-même arbore de grandes manches bouffantes et un large col luxuriant. Les autruches sont coiffées de longs panaches et les rênes sont doublées d'épaisses chaînes en or. Rien ne saurait être plus gracieux.

A mesure que je feuillette, je découvre alors un véritable trésor de planches illustrées sur lesquelles figurent de fières comtesses, des rois magnifiques, de nobles chevaliers, des fées étincelantes, d'abominables sorcières, de merveilleux châteaux enchantés. Non, on ne pleure pas sur un tel livre, fût-il en français.

Et, durant toute la nuit de Noël, je reste allongée à contempler les images, et surtout la première, celle aux autruches qui, à elle seule, suffit à distraire pendant des heures.

Le jour de Noël, dès après la messe du matin, je sors un petit dictionnaire français et me lance dans la lecture du livre.

Ce n'est pas facile. J'ai, jusque-là, seulement étudié avec la méthode Grönlund. Si ces contes de fées parlaient du "petit chapeau du grand homme" ou du "parapluie vert du bon menuisier", je comprendrais, mais comment me débrouiller dans un tel texte en français et se déroulant sur plusieurs pages ?

Le livre de contes commence ainsi : Il était une fois un roi. Qu'est-ce que cela peut pouvoir dire ? Une heure au moins s'écoule avant que je sois capable de comprendre comment cela peut se traduire.

Mais les dessins m'attirent. Je veux savoir ce qu'ils représentent. Je devine, et je cherche dans le dictionnaire et ainsi progresse, laborieusement, ligne par ligne.

Et, quand vient la fin des congés de Noël, le joli petit livre m'a enseigné plus de français que ce que j'aurais assimilé en plusieurs années avec la méthode Aline Laurell et Grönlund."

Fin :)

J'espère que ce joli conte, sur l'amour de la lecture, le pouvoir des livres, la magie des contes de fées et les véritables valeurs de Noël vous aura plu autant qu'à moi.

Je vous souhaite de passer un excellent après-midi de Noël, exactement comme vous le souhaitez.