Bonjour à tous !

Comment allez-vous par ce temps absolument glacial ? Pour ma part, j'ai l'impression d'être gelée de l'intérieur en permanence, bbbrrrr ! Autant vous dire que ma consommation de thé ne fait qu'augmenter et que je chéris les moments douillets à la maison. Ils sont l'occasion rêvée pour méditer certains événements, penser à l'année écoulée, aux décisions prises, à prendre, aux progrès, évolutions, grands changements opérés, aux souhaits et désirs pour les mois qui se présentent nouvellement à nous.

Aussi, alors que je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de me livrer à cet exercice, j'ai fini par céder à mes divagations et, alors que sonne la mi-mois, je me lance et vous dévoile mon bilan-ciné 2012. A l'heure du thé, c'est meilleur.

Juste avant, sans trop user de laudatives épithètes et de théories bavardes, quelques mots d'introduction.

Nous n'avons eu de cesse de répéter au cours de ces douze derniers mois que les propositions cinématographiques étaient bien pauvres, peu alléchantes et -bien souvent- décevantes. Mais surprenamment, en me penchant sur la liste des films vus -certes, moins impressionnante que les autres années- me sont revenus en mémoire de nombreux moments extrêmement agréables : des films sans doute moins marquants que les merveilles de 2011 (souvenez-vous Minuit à Paris, Les Bien-Aimés, L'Apollonide, Hors Satan, Tomboy,...) mais qui m'ont procuré un plaisir indéniable. Et d'autant plus précieux qu'il s'est fait rare. Peut-être est-ce pour cela que l'année 2012 nous a semblé si morne : 2011 était une année particulière, extraordinairement riche, chaque semaine -ou presque- se radinant avec son grand film ou sa petite découverte du bout du monde. Nous nous sommes habitués à un luxe dont on nous a rapidement privés et, d'après ce que j'ai pu apercevoir, l'année 2013 (du moins, son début) ne méritera pas non plus cinq étoiles (Quentin T., on t'attend au tournant dimanche !). Il faudra peut-être faire preuve de plus d'indulgence (sans pour autant se vautrer dans la facilité et la médiocrité) et d'une plus grande ouverture d'esprit pour donner une chance à des films qui pourraient bien cacher leur jeu (tel que Ultimo Elvis, sorti aujourd'hui).

moonrise

(Dans un classement un peu plus large, Moonrise Kingdom, premier film de Wes Anderson que j'apprécie, aurait largement mérité sa place)

2012, qu'il m'a semblé traverser sans grande passion, n'a pas été pour autant catastrophique : elle a même été une année de très belles initiations et rencontres, notamment grâce aux reprises. Celles-ci sont nombreuses à agiter les cinémas parisiens de qualité chaque semaine et certains nous ont offert de précieuses rétrospectives telles que celles consacrées à John Cassavetes ou à Marcel Carné. Une femme sous influence, du premier, Le Quai des brumes, du second, auront laissé une trace indélébile sur mon parcours d'amatrice de cinéma. Aux côté d'autres -Lola de Jacques Demy, Billy Liar de John Schlesinger-, ils sont de ces films dont on se demande pourquoi on ne les avait pas vus avant, tout en s'en félicitant : encore tous ces chefs-d'oeuvre inconnus qui viendront d'eux-mêmes se frotter contre nos jambes pour réclamer l'attention qu'ils méritent. Miaouuuuuu ^^

gena

(Divine Gena Rowlands)

J'ai dressé mon modeste bilan avec en tête et au coeur un seul mot d'ordre : plaisir. Y figurent donc des films très variés car si mes attentes sont souvent grandes, les plaisirs que le cinéma peut nous procurer sont multiples. J'ai aimé être éblouie par la virtuosité d'un réalisateur, la profondeur d'un scénario (la simple existence d'un scénario était parfois euphorisante) ; ressortir de la salle en ayant l'intime conviction d'être une personne différente, d'avoir une vision réactualisée de ce que peut/ doit être le cinéma, un horizon d'attente définitivement transformé, une approche nouvelle du monde. Mais j'ai également aimé -plus simplement- me laisser porter par une histoire, me sentir proche des personnages, vivre une grande aventure avec eux (ah ! Rebelle !), rire, et rentrer chez moi légère, insouciante, heureuse, avec le sentiment d'avoir été honnêtement divertie.

La perfection faite film, je l'ai rencontrée à la fin du mois d'octobre, à la Cinémathèque, un vendredi après-midi alors que mes tristes journées étaient rythmées par des lectures et révisions pénibles, mes nerfs mis à rude épreuve à l'approche des épreuves écrites de ce-fichu-concours.

le pays d'ou je viens

Le Pays d'où je viens, de Marcel Carné a été recueilli comme un trésor. Film d'une grande importance sentimentale de ce côté-ci de l'écran, j'étais heureuse de pouvoir le découvrir enfin, après en avoir si souvent entendu parler avec émotion, mais je ne m'attendais pas à vivre un si beau moment, partagée entre rires et larmes, de scène en scène. Un vrai film de Noël, musical et délicieusement désuet, romantique, drôle, plein de charme, illuminé par la présence de Françoise Arnoul (quelle est belle Marinette, dans sa cape verte) et du très craquant Gilbert Bécaud qui nous fait voir double. 

Merci à toi pour ce moment magique et privilégié, cette petite évasion aux airs d'école buissonnière pour les enfants sages.

Allez hop, l'essentiel est dit, je ferme ma margoulette et laisse place aux affiches des films qui ont fait mon année si spéciale, comme le sera la prochaine, n'en doutons pas.

1

HOLY MOTORS

de Leos Carax

holy motors

2

TWIXT

 de Francis Ford Coppola

twixt

3

LES CHANTS DE MANDRIN

de Rabah Ameur-Zaïmeche

les chants de mandrin

4

CHERCHER LE GARçON

de Dorothée Sebbagh

chercher le garçon

5

BULLHEAD

 de Michaël R. Roskam

bullhead-affiche

6

UN MONDE SANS FEMMES

 de Guillaume Brac

un monde sans femmes classement

7

LA PART DES ANGES

de Ken Loach

la part des anges

8

WEEK-END

d'Andrew Haigh

week end

9

AMOUR

de Michael Haneke

amour

10

GéBO ET L'OMBRE

de Manoel de Oliveira

gébo

Mais où sont passés Captive, Camille Redouble, Oslo 31 août, Avé, Eléna, Tokyo Park,... ? Tous ces films qui m'ont également enchantée chacun à leur manière ? 

Ah ! Comme il est cruel de choisir, mes chers ! Mais on remet ça dans un an malgré tout ? Ok !

Bonne fin de journée à vous tous et, surtout, bon ciné.