Bonjour, bonjour !

Comment allez-vous en ce dimanche après-midi ? Passez-vous un agréable week-end ? Avez-vous osé mettre le nez dehors par ce froid ? Bbbbrrrr ^^ Pour ma part, ma fin de semaine a débuté par l'annonce d'une excellente nouvelle, porteuse de belles émotions partagées, et accueillie par une magnifique tempête de neige ! Vendredi soir, Paris n'était que blancheur et silence, nous offrant un tableau rare, d'une étrange tranquillité mêlée de fantaisie. Mieux chaussés, nous nous serions volontiers laissés tenter par une balade nocturne ; d'autant que nous étions envahis -je pense- d'une folie douce, d'un regain d'optimisme après la découverte du film El Ultimo Elvis, vraiment séduisant, délicat et sensible, jamais ridicule. Juste de quoi nous donner foi en cette année 2013. Il était grand temps !

elvis

Malheureusement, hier déjà, la neige avait perdu de son éclat et nous étions plutôt occupés à garder notre équilibre qu'à admirer le paysage ! Néanmoins, nous avons eu le courage de trottiner jusqu'à la Cinémathèque afin d'y découvrir l'exposition consacrée au film Les Enfants du Paradis qui m'a tout simplement séduite : j'y ai beaucoup appris et m'y suis promenée très agréablement ; la scénographie est, en effet, très soignée, les documents nombreux et variés (photographies, costumes, maquettes de décor, etc). Plusieurs thèmes sont abordés, tantôt légers, tantôt plus "graves" et nous apprenons même qu'une troisième partie au film était initialement prévue. La salle consacrée à la réalisation durant l'Occupation de ce qui est immédiatement devenu un classique  m'a beaucoup intéressée et j'ai été touchée par la volonté de Marcel Carné d'en faire le premier film de la paix enfin retrouvée, en retardant sa sortie jusqu'en mars 1945. Que de charme, d'ambition, de complexité et de complicité dans cette grande aventure de cinéma et d'amitié.

les enfants

Sans transition.

Que l'on considère l'exercice du bilan de fin d'année narcissique et crétin ou plaisant et incontournable, on ne peut nier son caractère utile. Aussi, lorsque j'ai dressé la liste de "mes dix films 2012", l'occasion de me confronter à nouveau aux oeuvres découvertes tout au long de l'année m'a permis de réaliser que celle-ci n'avait pas été aussi catastrophique que je voulais le penser. Bien au contraire. Je vous faisais part de ce constat la semaine dernière et celui-ci m'a donné envie de repenser à mon année autrement que cinématographiquement. En effet, sur bien d'autres plans, cette dernière m'a semblé décevante et morne ; j'ai le sentiment d'avoir été souvent tristoune, l'âme un peu grise, insatisfaite. De fausses idées à nouveau puisqu'en passant en revue les douze mois écoulés, je me suis rendue compte que c'était juger ma vie bien trop sévèrement ; sans doute une des dérives de l'exigence et d'une forme de perfectionnisme qui me collent à la peau.

Sans me lancer ici dans une grande rétrospective digne des meilleurs festivals (!), cette année aura été celle de grands et beaux changements. Le printemps a été la saison d'un déménagement, depuis un studio délabré vers un véritable appartement d'adultes, situé dans un quartier rêvé, entouré de cinémas et de l'Opéra, à quelques pas de l'incomparable place des Vosges et du boulevard Beaumarchais. Nous y sommes déjà tellement bien et quand je pense qu'encore tout plein de petites choses peuvent améliorer notre nid, je ne peux que me réjouir. 

Professionnellement, l'année 2012 a également été très importante et décisive. Les cours que j'ai donnés à l'université de septembre à avril se sont révélés une source inattendue d'épanouissement. J'ai eu la chance de connaître des étudiants sérieux, à l'écoute, intéressés et intéressants avec qui j'ai le plaisir de garder contact. Cette expérience a participé à la prise d'une grande décision, celle de demander une année de suspension de thèse afin de préparer le Capès de lettres modernes. L'enseignement ne me rebute plus, ne me fait plus peur, mais m'apparaît comme la voie que j'ai réellement envie de suivre parallèlement à mes activités de recherches que je n'ai pas du tout l'intention d'abandonner. Alors que j'ai souvent baissé les bras, ce recul m'a fait prendre conscience de la valeur de mes travaux (valeur sentimentale et personnelle j'entends, pas scientifique) ; ils représentent des années de lectures et de réflexions, ils sont une grande part de moi-même (j'y ai investi tant d'énergie) que je ne peux me résoudre à les laisser au bord du chemin. Je les retrouverai avec bonheur au moment le plus opportun, je le souhaite vivement.

Michelle-Williams-Marilyn-Monroe

En attendant, j'ai préparé mon concours en quelques semaines (un véritable défi à relever), quitté mon université de banlieue pour une parisienne (et je dois vous dire que je n'ai pas gagné au change, l'ambiance de mon nouveau lieu d'études me déplaît, je m'y sens totalement anonyme, mal accueillie, interchangeable). Je suis retournée m'asseoir sur mon banc d'écolière et me suis plongée de tout mon coeur dans la littérature française que j'ai redécouverte. Que de trésors j'ai pu lire ! Quel enrichissement ! Même les commentaires stylistiques qui me semblaient incompréhensibles lors des premières séances ont fini par devenir extrêmement stimulants (je ne peux dire la même chose de mon initiation à l'ancien-français mais, que voulez-vous, tout ne peut être parfait !).

J'ai suivi avec assiduité mes cours de danse classique, y prenant de plus en plus de plaisir et constatant même quelques progrès. Et puis nous avons voyagé, l'Espagne et Londres ; d'autres séjours sont programmés car, à notre petite échelle, nous avons pris goût à ces déplacements.

Comment ai-je pu aussi mal juger cette année 2012 ? Certes, elle a été capricieuse, le temps maussade nous a gâché quelques événements très attendus, comme Solidays (nous avons manqué, entre autres, Garbage...) mais nous avons vécu une Gay Pride tout ensoleillée, festive à souhait, lors de laquelle nous avons traversé tout Paris, bravant la foule, les ponts et les boulevards. Nous avons vu de merveilleuses expositions, comme "L'Impressionnisme et la mode" qui s'est imposée comme l'heureuse surprise de cet automne (les impressionnistes nous séduisent fort peu, en principe), Edward Hopper aussi ; applaudi Benjamin Biolay (et on remet ça bientôt) et Patti Smith (encore) et The Kills (encore) et Austra (encore). Des artistes que nous aimons infiniment. En somme, nous avons bien profité de la vie parisienne, nous offrant de jolies sorties, le plus souvent très agréables.

my week with marilyn pic

Alors voilà, je ne veux plus dire de mal de 2012 qui a été très clémente avec moi ; au contraire, je lui suis très reconnaissante de tous les bienfaits qu'elle m'a apportés (ah ! la découverte de Six Feet Under ! Ma lecture de L'amour comme par hasard (The Lost art of keeping secret, en VO)! Et l'écoute répétée de Kisses on the bottom !), de nous avoir gardés, les gens que j'aime et moi, en bonne santé, de nous avoir permis de nous réunir simplement et chaleureusement, le plus souvent possible même si ce n'est jamais suffisant. Comment rendre honnêtement hommage à cette année passée sinon en proposant à la suivante d'avancer complices, elle et moi, main dans la main, sans attentes démesurées, juste quelques simples espoirs ?

J'ai donc dressé une liste, non pas de résolutions, mais d'envies afin de donner à 2013 toutes les chances de me combler. Attention, il ne s'agit pas de "défis" et je m'engage à ne pas lui tenir rigueur en cas d'insatisfaction : il sera toujours temps de confier à 2014 le soin de réaliser quelques-uns de mes souhaits.

Je dois vous laisser, chers amis, le nouveau caprice tarantinien m'attend. Mais retrouvons-nous bientôt pour donner une suite pleine d'entrain à ce billet d'adieux.