03 décembre 2009
Deadline, au musée d'art moderne
En ce moment se tient au musée d'art moderne de Paris une exposition très intrigante, Deadline.
Consacrée à douze artistes internationaux, elle réunit dans de vastes salles, leurs toutes dernières oeuvres, réalisées à la fin de leur vie, alors qu'ils se savaient tous condamnés.
Malades du sida ou du cancer, atteints de maladies incurables, victimes de pertes de mémoire ou encore paralysés, ils ont tous continué de produire des toiles, photographies et installations jusqu'à la fin de leurs jours.
Il est donc très intéressant de voir comment ils ont, chacun à leur manière, gérer l'approche imminente de leur propre mort et l'influence de celle-ci sur leurs oeuvres.
Au fil des salles, on découvre des artistes très différents mais pour la plupart très inspirants et enthousiasmants. En effet, alors que cette exposition aurait pu être morbide et dérangeante, elle se révèle pleine d'énergie et, paradoxalement, de vie.
Si je dois bien avouer que certains artistes ne m'ont pas touchée (l'art moderne est parfois assez hermétique !), trois ont véritablement retenu mon attention et m'ont même bouleversée.
Tout d'abord, j'ai été séduite par les photographies en noir et blanc de l'Américain Robert Mapplethorpe, qui offre(nt) une réflexion très intéressante sur la perfection du corps. Ses nus statuaires sont superbes, il joue avec les formes, la lumière, et met en valeur les muscles de ses modèles qui nous apparaissent alors comme la perfection incarnée pour l'éternité.

Ensuite, ce sont les installations du plasticien chinois Chen Zhen qui m'ont interpellée. Atteint d'une maladie rare et incurable, il met le corps humain au coeur de ses dernières oeuvres. Mais contrairement à Mapplethorpe qui semblait vouloir mettre en avant la beauté du corps humain, Chen Zhen insiste sur son caractère fragile. L'Homme n'est rien face à la maladie, une brindille qu'un simple dignostic peut briser. Aussi, il propose plusieurs installations mettant en scène des formes organiques en cristal, aussi vitales que fragiles. Son travail m'a alors fait penser à celui de Frida Kahlo, très fragilisée elle aussi depuis l'accident qui a brisé son corps à dix-sept ans, puisque l'artiste mexicaine mettait également le corps humain et les organes au coeur de ses tableaux. Je n'ai donc pas été surprise d'apprendre que Chen Zhen avait grandi dans une famille de médecins, tout comme Kahlo avait commencé par entreprendre des études de médecine avant de se consacrer à la peinture. Parmi les autres installations de Chen Zhen, j'ai été troublée par une sorte de lit-berceau, enveloppé de vêtements ayant appartenu à des malades. Mi-lit d'hôpital, mi-berceau de bébé, tout un tas de sons dérangeants (cris, pleurs,...) en sortent à travers des espèces de hublots (c'est difficile à décrire, désolée !).

Enfin, les peintures de l'Allemand Jorg Immendorff m'ont littéralement scotchée. Atteint de la maladie de Charcot et donc paralysé, le peintre et professeur continuera de produire des toiles vraiment superbes grâce à toute une équipe de petites mains qu'il guide tel un marionnettiste. Je n'ai malheureusement pas trouvé de photos de ses oeuvres suffisamment nettes sur le Net (ahah) et j'en suis bien déçue car j'aurais souhaité vous donner envie de les découvrir de vos propres yeux. Pour tenter de les décrire, je dirais surtout qu'elles se composent toutes d'une espèce de forme noire un peu brouillonne qui prend forme à mesure qu'on la regarde et finit par révéler un corps minutieusement tracé : un démon ailé, une belle violoncelliste,... Autant vous dire que j'ai passé beaucoup de temps dans cette salle (la dernière de l'expo), tout d'abord conquise par les toiles dans leur ensemble puis fascinée par ce procédé que j'ai pris plaisir à détailler en regardant les toiles de loin puis de près, depuis un angle, puis d'un autre.

Outre ces trois artistes qui m'ont marquée, d'autres ont également été de belles découvertes comme Martin Kippenberger qui se met lui-même en scène dans ses toiles reproduisant les poses des survivants du Radeau de la méduse, Hannah Villiger qui propose des montages de photos de son corps de femme malade ou encore James Lee Byars qui met en scène sa propre mort dans une pièce recouverte de feuilles d'or.

On constate donc que l'approche de leur mort pousse certains artistes à se mettre eux-mêmes en scène dans leur travail. Une manière de se fixer pour de bon dans l'éternité peut-être ou de montrer que leur corps malade peut encore être un outil de travail, une source d'inspiration.
Pour d'autres, l'annonce d'une mort imminente semble être à l'origine d'un grand besoin de liberté, comme Gilles Aillaud qui peint des oiseaux en plein vol dans des paysages immenses alors qu'il avait peint jusqu'ici des animaux en captivité.
Enfin, chez Joan Mitchell et Hans Hartung, l'approche de la mort est le moteur d'une nouvelle énergie qui se traduit par des explosions de couleurs vives et des traits vifs recouvrant des toiles de grand format.

Une exposition vraiment intéressante qui nous permet de découvrir des artistes qu'on ne connaît pas forcément (mis à part Joan Mitchell et Mapplethorpe que je connaissais de nom, les autres m'étaient étrangers) et surtout qui ose aborder un sujet qui demeure tabou dans notre société sans pour autant nous déprimer.
Bien au contraire, on ressort du musée avec une fureur de vivre retrouvée.
C'est où ? Au musée d'art moderne de Paris, 11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris.
C'est quand ? Jusqu'au 10 janvier 2010. Musée ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 22h.
C'est combien ? 6/ 9/ 12 euros (mais bizarrement, il me semble avoir payé 4 euros avec le tarif jeune moins de 26 ans).
03 novembre 2009
Le musée de l'érotisme de Paris
Aujourd'hui, nous allons parler cul-ture (ouai, trop facile mais trop tentant !!), avec un petit article sur le musée de l'érotisme que j'ai eu le plaisir de visiter cet été avec ma chère Lucette.
Visiter ensemble "le musée de la bite" (c'est d'un chic... ^^) faisait en effet partie de nos grands projets parisiens !
Direction Pigalle donc pour une petite promenade dans un musée insolite qui vaut, pour plusieurs raisons, la peine d'être visité.
Le musée de l'érotisme propose une riche collection permanente répartie sur trois étages (si mes souvenirs sont bons). Un peu "fourre-tout", elle regroupe des objets d'art populaire et d'art sacré, venant des quatre coins du monde, et ayant pour seul but de témoigner de l'intérêt des hommes pour le sexe mais aussi pour la fécondité et la fertilité.
Même si certains objets sont hyper kitschouilles et prêtent plus à rire qu'autre chose, d'autres se révèlent plutôt intéressants puisqu'ils nous permettent de voir les différentes représentations de la sexualité en fonction des époques et des cultures. J'ai notamment le souvenir de plusieurs gravures japonaises montrant des sexes (féminins et masculins) énormissimes et placés assez bizarrement au milieu du ventre ! Sont également regroupés des objets vraiment insolites, créés par des artistes plasticiens contemporains internationaux, comme ce très beau gode transparent rempli de petits cochons !!! (Pour ceux qui ne me lisent pas habituellement, je suis une grande collectionneuse de cochons) (pas de godes).
Un autre étage du musée (qui en compte sept, desservis par un ascenseur), le plus intéressant selon moi, nous offre un tour d'horizon détaillé et vraiment passionnant de ce qu'étaient les maisons closes, de la fin du XIX° siècle jusqu'en 1946, date de fermeture de ces établissements. On peut y voir un grand nombre de photographies et d'oeuvres graphiques qui nous permettent de voir à quoi ressemblaient les maisons closes (certaines étaient de toute beauté, décorées richement et très accueillantes) et on apprend qu'il n'était pas rare de croiser en ces lieux de débauche de grandes personnalités, censés attirer le chaland, comme Colette, Gabin, Guitry.

Enfin, le musée de l'érotisme propose plusieurs expositions temporaires qui sont renouvelées à peu près tous les six mois.
Pour quelques jours encore se tient notamment l'exposition Eros Vinyls qui m'a vraiment beaucoup plu. Elle nous permet de découvrir l'impressionnante collection de pochettes de vinyls, rassemblées par Mathieu Flory. Regroupées par thèmes, elles nous permettent de voir que le sexe fait résolument vendre ! En effet, Body Painting, Bondage, Pin-up et partouzes en folie illustrent des titres disco, r'n'b, rock'n'roll ou de chansons françaises. Les pochettes sont d'une part super jolies, d'autres part très étonnantes ! A voir absolument ^^

Un musée parisien vraiment sympathique, aussi ludique qu'intéressant, qui a le mérite d'être ouvert jusqu'à 2 heures du matin !! Plutôt chouette pour bien finir (ou commencer) la soirée ;)
Porchaines expositions :
- Charlie Hebdo (en trois expositions)
- Sir L
- Antoine Bernhart
- Japan Erotica
Le site du musée, ici.
15 octobre 2009
Vogue Covers : 1920-2009, sur les Champs-Elysées
Pour la rentrée 2009, l'accessoire indispensable, à glisser dans nos cartables d'écolières pas sages, semble être le magazine Vogue.
Après le documentaire The September Issue, qui nous a permis de voir qu'Anna Wintour était une sadique glaciale femme d'affaires brillante, nous avons le droit a une belle exposition en plein air, mettant à l'honneur la version française du fameux magazine.
En effet, pour fêter ses quatre-vingts dix printemps, Vogue s'est offert la plus belle avenue du monde -rien que ça- sur laquelle s'exposent quatre-vingts des plus belles couvertures voguiennes (je me demande tout de même : "pourquoi quatre-vingts et pas quatre-vingt-dix ?")

L'occasion d'une promenade agréable mais surtout de constater que Vogue a toujours su bien s'entourer. A l'origine de nombreuses couvertures, des photographes de renom, comme Guy Bourdin, mais, plus étonnants, des grands noms de la peinture, comme Dali, Miro ou Warhol. Vogue est également un magazine qui a toujours fait rimer "mode" avec "Paris", mettant à l'honneur plus d'une fois notre belle capitale, avec beaucoup d'humour parfois !

Pour celles et ceux qui souhaiteraient voir tout ça de plus près, il vous reste quelques jours encore puisque l'exposition se tient jusqu'au 1er novembre. Pour les autres, voici quelques photos qui vous donneront un petit aperçu.
Des modèles :



Des artistes :



De l'humour :

Du Paris modesque :




Et, le meilleur pour la fin, la couverture du premier numéro de Vogue, réalisée par une femme (hihaaaaaaaa), Helen Dryden :

Une exposition de prime abord futile qui se révèle très intéressante si on prend le temps de lire les commentaires qui accompagnent les couvertures. Ba oui, c'est pas fait pour les chiens !
02 octobre 2009
Titien, Tintoret, Véronèse, Rivalités à Venise, au Louvre
En ce début de saison, l'incomparable musée du Louvre se transforme en ring de boxe, sur lequel vont s'affronter trois poids lourds vénitiens : Titien, Tintoret et Véronèse.
Ces trois génies de la peinture se sont tiré la bourre pendant un démi-siècle au coeur de la Sérénissime.
L'exposition du Louvre nous propose de revenir sur cette rivalité, en nous montrant comment elle n'a eu de cesse de booster l'imagination et la créativité des trois peintres.
Un rapide résumé des faits s'impose.
Le premier à entrer dans l'arène est Titien qui, en 1508, à l'âge de dix-sept ans, se fait connaître pour son travail effectué au côté de Giorgione. Titien lancé se fâche avec son maître, forcément, mais ses inimitiés ne s'arrêtent pas là puisque Tintoret débarque à son tour et souhaite aussi sa part de reconnaissance. Il sera le plus fidèle ennemi du Titien tandis que le petit dernier, Véronèse, deviendra son protégé, dont il se servira dans sa lutte contre Tintoret (sympa !).
C'est donc dans cette ambiance bon enfant que les trois peintres vont créer des oeuvres magnifiques et grandioses qu'on ne se lasse pas d'admirer. Et comme tout trio, on apprend que les peintres étaient en fait quatre ; il faudra alors compter également sur Bassano, dont le nom est peut-être moins connu mais les toiles tout aussi incroyables.
L'exposition nous présente le travail de ces artistes à travers plusieurs thèmes dont les portraits, la femme, le sacré et le profane.

Tintoret, La Dernière Cène
Celui qui m'a le plus passionnée est celui du reflet et de l'éclat, qui nous permet de découvrir des toiles ingénieuses, à travers lesquelles les peintres ont voulu montrer la supériorité de la peinture sur la sculpture. En effet, si la sculpture nous permet de voir un sujet sous plusieurs angles, elle oblige le spectateur à se déplacer. Or, en introduisant quelques miroirs et reflets bien pensés, une peinture peut nous donner à voir plusieurs côtés d'un même sujet sur un même plan. Toutes les toiles présentées dans cette partie de l'exposition m'ont impressionnée et, surtout, elles montrent que les peintres pouvaient être unis autour d'une idée, d'un but commun : mettre en avant leur art.

Véronèse, Venus au miroir
Avec cette exposition, le Louvre frappe un grand coup en cette rentrée culturelle. J'y ai appris énormément de choses, les explications sont nombreuses, claires et développées. Les toiles sont disposées selon un but bien précis : témoigner des rivalités mais aussi de l'admiration que se vouaient les peintres vénitiens. Mon seul regret, des salles parfois un peu étroites comparées aux dimensions des oeuvres, ce qui ne nous permet pas de prendre suffisamment de recul.
Si je suis entrée dans l'expo comme une fleur (il n'y avait pas un chat), à l'intérieur c'était de la folie ! Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de monde ! Du coup, j'ai prévu dy retourner d'ici quelques semaines, en prenant l'audio-guide cette fois-ci, afin d'en apprendre davantage et de ne pas entendre les commentaires de certains érudits... (et en pensant à prendre mes lunettes aussi, elles m'ont manqué !!!!)
Histoire de profiter de mon pass jeune fraîchement acquis, j'ai poursuivi ma visite avec les salles consacrées à la peinture italienne, où j'ai pu voir quelques autres toiles des artistes mis à l'honneur par l'exposition (ce que je vous conseille vivement de faire !). Pleine de bonnes intentions, j'avais prévu de faire quelques recherches pour mon sujet de thèse en rendant visite aux différentes Vierge à l'enfant. Manque de bol, en plus de mes binocles, j'avais laissé mon carnet à la maison !!! Tout faux sur toute la ligne ! Ajoutons à ça une horrible douleur à la jambe, et une saloperie de tricentenaire qui m'a traitée de "sale conne" après m'avoir tapée parce que j'avais le culot de m'éventer, et vous avez la fin de visite parfaitement pourrie !! Enfin... ça reste tout de même le Louvre et ce musée est une pure merveille ! Je sens que je vais y passer de longues journées maintenant que je suis équipée !
C'est où ? Musée du Louvre, M° Palais-Royal Musée du Louvre, Hall Napoléon
C'est quand ? Jusqu'au 4 janvier 2010
C'est combien ? 11/ 14 euros
A voir le très bon mini-site de l'expo.
24 septembre 2009
Lynch vitrines
Je l'ai seriné mille fois sur mon blog, David Lynch et moi, c'est une grande histoire d'amour.
Enfin, lui n'en a pas encore pris conscience mais nous sommes des âmes soeurs !
Alors, en attendant qu'il s'aperçoive que nos cerveaux sont hautement compatibles, je me passe ses films en boucle et échafaude mille théories, avec des mots supers compliqués pour faire plus vrai.
Il est donc évident que lorsque les Galeries Lafayette donnent le feu vert à mon réalisateur bien-aimé pour squatter leurs vitrines, je m'empresse de les découvrir.
Les onze vitrines des Galeries sont donc passées entre les mains de Lynch qui a eu pour mission de mettre les femmes à l'honneur. Trop fastoche pour ce réalisateur qui sublime, dans tous ses films, le beau-sexe comme personne.
Machines, Abstraction and Women est un véritable street museum (ce terme n'est pas de moi, je précise) à travers lequel on reconnaît parfaitement l'univers cinématographique de Lynch.
Je ne vais pas entrer dans les détails car je suis intarissable sur le sujet mais sachez que ses vitrines sont juste hypnotisantes. J'étais à la fois émerveillée par son travail et émue de voir son génie en plein milieu de Paris, comme ça, offert à la vue de tous les passants.



Je vous l'accorde, mes photos ne rendent pas bien, mais j'aimerais vous y voir, à essayer de prendre des clichés convenables sur un boulevard Haussmann blindé en pleine matinée !
Mais ne partez pas, ce n'est pas fini !!
Au premier étage des Galeries Lafayette se trouve la fameuse galerie des Galeries (ingénueux...), où sont exposées ce mois-ci de nombreuses oeuvres de David Lynch. Moins impressionnantes que celles présentées il y a quelques mois (années ?) à la Fondation Cartier, elles n'en sont pas moins fascinantes. Je me suis fait violence pour ne pas en décrocher quelques-unes du mur ; je me contenterai de mes quelques photos !






Pour voir tout cela en vrai, vous avez jusqu'au 3 octobre.
Et n'oubliez pas, à chaque étage des Galeries les petits corners en hommage à trois femmes d'influence (le thème général de tous ces événements), Joséphine Baker, Madonna et ma chère Audrey Hepburn.
19 septembre 2009
Marguerite Gérard, au musée Cognac-Jay
Samedi matin (oui, oui, vous avez bien lu "matin"), j'ai profité des Journées du Patrimoine pour visiter une charmante exposition dans un musée tout aussi charmant.
Depuis des semaines, cette affiche au ruban rose so Marie-Antoinette, tapait dans mon oeil de dinde à chaque fois que je tombais sur elle. Comme mon oeil de dinde est avant tout un oeil de myope -qui ne porte jamais ses lunettes- il a fallu que je fasse quelques recherches pour savoir ce que cachait cette girly-attitude affichée.
C'est là que j'ai appris que le musée Cognac-Jay rendait hommage, à travers cette nouvelle exposition, à Marguerite Gérard, la belle-soeur du bien connu Fragonard, dont elle fut l'élève puis la collaboratrice avant de voler de ses propres ailes et de dépasser son maître, comme c'est souvent le cas.
Le musée Cognac-Jay nous invite donc a découvrir une artiste méconnue de nos jours (méconnue de moi en tout cas) qui était pourtant, à son époque, aussi célèbre qu'Elisabeth Vigée-Lebrun.
L'exposition nous permet de découvrir son parcours, depuis ses premières toiles réalisées avec son beau-frère jusqu'à ses oeuvres personnelles, mais aussi les travaux de ses contemporains l'ayant influencée ou faisant écho à ses adorables portraits.

Fragonard, Le Chat angora
On apprend l'influence de l'art hollandais sur le travail de Fragonard mais aussi l'immense succès des portraits intimistes au début du XIX°. Tout le monde souhaite en effet se faire ainsi tirer le portait -avant l'invention de la photographie qui ne saurait tarder- ce qu'a bien compris Marguerite Gérard qui profite de ses dons pour se faire un nom, une réputation et un chouette carnet d'adresses !

Fragonard et Marguerite Gérard, Le Baiser à la dérobée
L'exposition est donc l'occasion de découvrir les oeuvres d'une artiste injustement méconnue de nos jours mais surtout d'une femme peintre, espèce bien rare à l'époque.

Marguerite Gérard, La Dame avec son chat

Marguerite Gérard, La mauvaise nouvelle
Une exposition de qualité, riche et intéressante, un parcours logique et bien pensé qui nous permet d'évoluer dans le magnifique musée Cognac-Jay qui, à lui seul vaut une expédition dans le Marais !
Je me souviens l'avoir visité pour la première fois lorsque j'étais en Première. Je devais faire un dossier sur un musée parisien et j'avais eu un véritable coup de coeur pour celui-ci dans lequel j'ai qu'une envie : poser mes valises pour m'y installer définitivement !

ça donne envie, non ?!
C'est où ? Musée Coganc-Jay, 8, rue Elzevir, Paris III°, M° Saint-Paul
C'est quand ? Exposition jusqu'au 6 décembre. Musée ouvert de 10h à 18h du mardi au dimanche
C'est combien ? 5/ 3,50/ 2,50/ gratuit pour les moins de 14 ans
18 septembre 2009
Le bain et le miroir, au musée de la Renaissance -château d'Ecouen-
Souvenez-vous, il y a quelques semaines, je vous parlais du premier volet de l'exposition Le bain et le miroir, se tenant au Musée du Moyen-Âge à Paris (Cluny). Quelques jours plus tard, je suis allée découvrir le second volet, consacré à la Renaissance, au Château d'Ecouen, autrement appelé le musée de la Renaissance.
Même si l'exposition se termine dimanche et que certains n'auront peut-être pas le temps de se rendre à Ecouen d'ici là, il faut savoir que le château en lui-même vaut absolument le déplacement grâce à son exposition permanente et ses magnifiques salles qu'on ne se lasse pas de traverser, de découvrir et d'admirer.
Tout d'abord, quelques mots sur l'exposition qui fait suite à celle de Cluny, puisque c'est avant tout pour elle que j'ai fait le déplacement, sans savoir que d'autres merveilles m'attendaient dans ce magnifique château.
Même s'il est un peu vain de faire de telles comparaisons, j'ai trouvé ce second volet plus riche et plus intéressant que le premier. Il est question ici de nous montrer quels étaient les rites de toilette et d'hygiène à la Renaissance à travers des dizaines d'objets insolites mais aussi de magnifiques peintures.
Le bain collectif semble être à la fois un lieu de détente, de sociabilité mais aussi un lieu de débauche, ce que traduisent de nombreuses oeuvres, qui révèlent également l'intérêt des artistes de l'époque pour le corps nu.
Si le bain collectif n'est pas réservé à la seule élite, les aristocrates s'adonnent à un véritable cérémonial de la toilette, en public, au sortir du bain. La toilette n'est pas ici synonyme d'hygiène, comme c'est le cas aujourd'hui, mais de beauté, puisqu'il s'agit d'achever de se préparer grâce à plusieurs instruments de beauté, tels que des miroirs, des brosses, des parfums et des bijoux.

Nécessaire de toilette du XVI°
Le plus surprenant pour moi fut de découvrir certains objets de toilette très ingénieux et pourtant oubliés, comme les pommes de senteurs, composées de plusieurs quartiers, dans lesquelles on pouvait glisser des pâtes parfumées, plus stables que les parfums liquides.

Pomme de senteurs fermée

Pomme de senteurs ouverte
Une exposition disons plus artistique que celle de Cluny -qui est davantage scientifique- complétée par plusieurs ouvrages, composant la littérature cosmétologique, dans lesquels sont compilées les recettes cosmétiques de la Renaissance héritées de l'Antiquité et du Moyen-Âge.
Je vous le disais, le château mérite à lui seul une balade vers Ecouen.


Un lieu sublime, édifié à partir de 1538 par le Connétable de France Anne de Montmorency, également principal ministre des rois François I° et Henri II°.
Au rez-de-chaussée, on peut y voir une magnifique chapelle, dont le décor met en avant l'influence de l'Italie sur la France.

Puis la salle d'armes, que j'ai vraiment appréciée pour sa richesse. Comme j'ai eu la chance de visiter le musée en pleine semaine, il était rare de croiser d'autres visiteurs. Aussi, j'ai pu rester planéer devant les armures de longues minutes, le temps de me rêver en chevalier de la Table Ronde (je sais, je suis dérangée) !

Petite déception avec la salle suivante que j'attendais de pieds fermes, celle consacrée à l'histoire du château. Peu de détails, une "simple" maquette du château au XVI°.
Le premier étage est, pour moi, le plus intéressant et le plus plaisant à découvrir puisqu'il nous permet de pénetrer dans les appartements du Connetable, de son épouse, Madeleine de Savoie, puis dans le cabinet et la chambre du Roi Henri II (les appartements de la Reine se trouvent au rez-de-chaussée). ça doit être mon côté "ELLE Décoration", mais j'adore visiter ce genre de pièces lorsque je découvre un château. Il doit y avoir une petite part de voyeurisme là-dessous (la même qui me pousse à me promener le nez en l'air dès que la nuit tombe pour observer chez les gens !) mais pas que. Ces pièces me font tout simplement rêver et font vibrer la princesse en moi.
Le premier étage abrite également l'impressionnante série de tapisseries (dix en tout) représentant l'histoire de David et Bethsabée. Les dix pièces totalisent 340 m² de tapisserie ! Je vous le répète : c'est très impressionnant.
Direction le deuxième étage, celui qui m'a le moins intéressée, qui propose neuf salles renfermant céramiques, vitraux, orfèverie,... J'ai beaucoup de mal à me passionner pour ces pièces, certes magnifiques, mais qui restent pour moi de simples objets. J'imagine que cette remarque en fera sursauter plus d'un mais c'est exactement ce que je ressens. Il me faudrait un guide pour m'expliquer en détails l'histoire de ces pièces, la manière dont elles ont vu le jour, pour que je puisse vraiment m'y intéresser.
Enfin, j'ai gardé le meilleur pour la fin, à l'occasion de l'exposition, le château à ouvert au public l'incroyable appartement des bains du Connetable, conçu dès la construction du château puis augmenté sous Henri II. Il se compose de plusieurs salles, plus ou moins vastes, toutes destinées à un un sage particulier : tout d'abord, une sublime salle de bains, dotée d'une impressionnante voûte et d'une imposante cheminée.


Puis la salle d'étuves, plus étroite, accolée au vestiaire, se trouvant à l'étage. Enfin, entre les deux, le palier qui ouvrait sur des espaces de repos, non accessibles aujourd'hui.
Une très belle découverte, inédite, aussi émouvante que celle du frigidarium récemment ouvert au public à Cluny.
Le château d'Ecouen a donc plus d'un tour dans son sac pour vous captiver tout un après-midi.
Mon seul regret est l'absence d'un beau parc dans lequel on prendrait plaisir à flâner après la visite.

C'est où ? Musée national de la Renaissance -Château d'Ecouen- 95440 Ecouen
C'est quand ? Exposition temporaire jusqu'au 21 septembre 2009. Musée ouvert tous les jours sauf le amrdi, de 9h30 à 12h45 et de 14h à 17h45
C'est combien ? 6,5/ 5 euros/ Gratuit pour les moins de 26 ans (même l'exposition temporaire)
Info +++ : Au coeur du château vous trouverez un adorable restaurant/ salon de thé, qui donne vraiment envie de cocooner !
14 septembre 2009
La fête des sorties culturelles
Si comme moi vous êtes un(e) flippé(e) de l'organisation, un(e) pro de la liste en folie, vous devriez apprécier cet événement annuel, organisé pour la seconde fois par notre chère ville de Paris.
Les 26 et 27 septembre, au pied de la BNF, des dizaines d'exposants nous présenteront la programmation culturelle 2009-2010.
Parfait pour attaquer cette rentrée du bon pied, non ?!
Seront présents aux divers stands tous les musées, tous les théâtres, tous les instituts culturels de Paris et d'Île-de-France.
En plus des nombreux exposants venus nous présenter les joyeusetés qui nous attendent au cours de l'année, une centaine de spectacles en tout genre animeront le secteur : théâtre, musique, ateliers, humour,...
Un événement à ne sourtout pas manquer pour être sûr de ne rien râter d'incontournable cette année !
La fête des sorties culturelles : le 26 et le 27 septembre, de 10h à 18h, au pied de la BNF.
Pour plus d'infos, voir le site.
11 septembre 2009
Planète Parr, au Jeu de Paume
En voilà une exposition qui porte bien son nom ! En effet, jusqu'à la fin du mois de septembre, le Jeu de Paume ne nous propose pas une simple rétrospective de l'oeuvre de Martin Parr, mais sa collection personnelle, nous permettant ainsi de pénetrer directement son univers.
Et quel univers !
Martin Parr est un artiste, certes, mais il est avant tout un collectionneur. C'est ce que l'on découvre grâce à un parcours en trois temps. Comme la valse.
Le premier étage du musée, réservé à l'exposition, nous invite à découvrir des dizaines de photos d'artistes réunies et collectionnées par Martin Parr himself ainsi qu'un bon nombre d'ouvrages. Cette première collection, très impressionnante, nous permet de nous familiariser avec l'univers de l'artiste, à travers ses goûts artistiques personnels.
On emprunte ensuite un escalier qui nous laisse découvrir une incroyable collection de plateaux qui nous annonce la suite des événements ! Si certains sont on ne peut plus classiques (petites fleurs et gros fruits) d'autres sont carrément étonnants, frôlant de très près le kitsch (celui à l'effigie de Charles et Diana est quand même exceptionnel !!)
On arrive alors dans une grande salle qui détient la plus belle partie de l'exposition : la collection d'objets de Martin Parr, qui regorge de trouvailles. J'ai beaucoup aimé les paroles de l'artiste à l'entrée de la salle, qui exprime avec une grande justesse son engouement pour la collection. Ses quelques mots m'ont rappelé ce que cherche à exprimer Yoko Ogawa dans ses romans, notamment Le Musée du silence, qui met en scène un muséographe et une vieille collectionneuse qui voit dans les objets l'âme des gens, une manière de retenir un peu la vie en conservant des broutilles en tout genre.
Parmi les objets de Martin Parr, la plus grande majorité sont à l'effigie de personnalités ou d'événements passés, ayant, à un moment donné marqué l'histoire, avant d'être en partie effacés de notre mémoire et remplacés par d'autres. J'ai trouvé sa démarche très amusante dans un premier temps puis très touchante. Ses objets sont très variés : on trouve de nombreuses montres et de nombreux bibelots mais aussi beaucoup d'objets insolites (papier toilette Ben Laden, théière Margaret Tatcher, chocolats Spice Girls -auquels j'avais eu le plaisir de goûter il y a des siècles !)


La dernière étape de l'exposition nous permet -enfin- de découvrir l'oeuvre de Martin Parr à travers trois séries de photographies : Luxury, Small World et The Guardian Cities project -ma préférée-. Après avoir exploré le monde de l'artiste à travers ses différentes collections, la découverte de son oeuvre est une évidence : Martin Parr est un artiste ironique, qui pose un regard sans concession sur notre société qu'il met en scène dans des photographies banales et inventives à la fois, pleines de couleurs, qui m'ont rappelé par certains côtés celles de David LaChapelle.


Une exposition hors norme, tout comme l'artiste qu'elle met à l'honneur, et qui prouve encore uen fois que le musée du Jeu de Paume est un lieu culturel incontournable.
C'est où ? Musée du jeu de Paume, Métro Concorde
C'est quand ? Jusqu'au 27 septembre, tous les jours sauf le lundi
C'est combien ? 4/6 euros, gratuit le dernier mardi du mois pour les étudiants et les moins de 26 ans, de 17h à 21h.
08 septembre 2009
Ils s'exposent pour la vie, à l'Hôtel de Ville
Une exposition intéressante, gratuite et qui met à l'honneur une bonne cause. Que demander de plus ?!
En passant devant l'Hôtel de Ville samedi, alors que je comptais m'y arrêter pour visiter l'exposition sur Gustave Eiffel (qui est prolongée d'un mois), j'ai découvert qu'une centaine d'artistes y étaient exposés pour quelques jours, réunis par Marie Berry, la présidente de l'association Don de Vie Don de Soi.
L'exposition nous permet de découvrir des oeuvres inédites, offertes par des artistes très connus (Yann Arthus-Bertrand) ou moins connus, exposées avant d'être mises aux enchères le 25 septembre.
Les oeuvres n'ont pas spécialement de lien entre elles et n'ont pas non plus nécessairement de rapport avec la cause qui les réunit.
Si certaines mettent en valeur le corps, la santé, la solidarité, le don, d'autres sont juste là pour se laisser admirer ! Et c'est un vrai plaisir !!
L'exposition est également une belle occasion de rappeler qu'il est important d'être solidaire dans la maladie, d'aider les malades, de leur donner une seconde vie en faisant un tout petit don de soi : don du sang, don de plaquettes ou de moëlle osseuse, don d'organes.
Néanmoins, les associations que l'on trouve à l'issue de l'exposition ne mettent pas du tout la pression aux visiteurs qui peuvent se contenter de profiter des oeuvres sans se sentir obligés de repartir avec dix fascicules et une aiguille dans le bras !!
Pour ma part, je ne peux ni donner mon sang ni mes plaquettes et je suis bien trop peureuse pour tenter le don de moëlle osseuse même si je sais que cet acte peut sauver des vies. Par contre, depuis que je suis toute petite, j'ai toujours entendu ma mère parler de sa carte de donneuse d'organes et c'est pourquoi, dès ma majorité, je me suis empressée de demander la mienne. Je ne peux pas concevoir de finir dans une petite boite avec un foie et des poumons en parfait état (encore que, pour le foie, il vaudrait mieux que mon receveur aime la Guinness ^^) et totalement inutiles pour moi, alors qu'ils pourraient offrir un second souffle à une adolescente pleine d'espoir, une maman chérie par ses enfants, un mari adoré.
Enfin, moi j'dis ça, j'dis rien ;)
Pour l'exposition, il ne vous reste que quelques jours pour la visiter puisqu'elle se tient à l'Hôtel de Ville (de Paris) jusqu'au 13 septembre.