09 décembre 2009
Trois excellentes nouvelles ^^
Quel bonheur de se poser enfin après une journée bien remplie !
J'ai passé toute la matinée et le début de l'après-midi avec une amie à la bibliothèque de Nanterre, université que je découvrais pour la première fois et qui m'a semblé immense !! Nous avons bien travaillé et beaucoup papoté, évidemment ! Après un petit détour par ma fac et un accrochage dans les règles avec les connasses les dames de l'administration, j'ai briqué l'appartement pendant deux heures avant de filer sous une douche bien chaude, au miel. Ma maison sent le propre et la pomme verte et chaque chose est à sa place. Il ne reste plus qu'à changer la literie mais cela attendra demain ;)
Je suis donc pleinement satisfaite de cette journée bien employée et heureuse de pouvoir profiter de ma soirée devant une bonne série tout en répondant à vos gentils commentaires et en lisant vos proses du jour sur vos blogs !
Mais avant ça, je voulais vous faire part d'une triple info-ciné, bien plus noëlienne que ma review matinale.
Certains d'entre vous le savent déjà, je vais voir le ballet Blanche-Neige de Preljocaj à Chaillot le 24 décembre au soir. Ce ballet était mon gros coup de coeur de l'année dernière et je suis tout excitée à l'idée de le revoir. Mais j'ai appris lundi trois nouvelles tout aussi plaisantes :
Dans l'ordre :
- Le ballet sera diffusé sur Arte le 25 décembre à 19 heures
- Il sortira en salles (vraisemblablement MK2) le 13 janvier
- Puis en DVD le 21 janvier

Je suis évidemment impatiente de découvrir cette merveille sur grand écran, afin de voir les visages et les corps des danseurs de près et de profiter de chacun de leurs mouvements. Quant au DVD, j'irai l'acheter dès sa sortie ! Mais ce qui me fait encore plus plaisir c'est de savoir que les personnes qui n'ont pas pu voir le ballet à Chaillot l'an passé et qui n'iront pas cette année mais que je soûle depuis des mois avec ce ballet pourront le découvrir de trois manières ! Aucune excuse donc !!!
Voilà pour les bonnes nouvelles ! Je file faire ma soupe et je reviens :)
23 novembre 2009
La Belle, au Théâtre National de Chaillot
Plus qu'une toute petite semaine pour aller applaudir la nouvelle création du chorégraphe lyonnais Nasser Martin-Gousset au TNC.
J'y suis allée vendredi soir et en suis ressortie totalement enchantée ! Cette saison à Chaillot, placée sous le signe du merveilleux, promet d'être grandiose et je peux déjà dire qu'elle commence très fort !
Dans son nouveau spectacle hybride, Nasser Martin-Gousset s'attaque au célèbre conte La Belle au Bois Dormant, vous savez, cette princesse qui a dû dormir cent ans, ainsi que tout son royaume, avant d'être réveillée par un doux baiser de son prince.
On retrouve sur scène les cinq personnages principaux du conte : le roi (Bruno Sajous) et la reine (Christelle Gasiglia), le prince (Mathieu Calmelet) et la princesse (Axelle Lagier) et bien sûr, la méchante sorcière (Vanessa Le Mat) qui, rejetée par le roi a décidé de se venger en jetant un sort à sa progéniture.
Cette nouvelle version dansée du conte est incroyablement moderne et ressemblerait presque davantage à une comédie musicale qu'à un ballet tant les chansons et leurs textes ont de l'importance. En effet, chaque personnage interprète par la danse sa propre chanson qui le caractérise ou exprime ses pensées. Pour ne pas tout vous gâcher mais vous donner un exemple, la très jolie princesse, présentée ici comme une adolescente un peu trop gâtée, couvée et capricieuse, danse, saute sur son lit et fait la moue sur Your kisses are wasted on me des Pipettes ! Dans l'ensemble, les titres choisis sont très rock ou appartiennent au registre des années 80 : Kate Bush, The Kinks, T.Rex, mais il y a aussi, dans ce spectale, une dimension très cinématographique. Loin de me faire penser au dessin-animé de Disney, l'oeuvre de Nasser Martin-Gousset semble plutôt loucher du côté du cinéma expressionniste et de Tim Burton pour sa partie sombre et du côté de Jacques Demy pour sa partie coloré, naïve et poétique.
La Belle est à prendre au second degré ; un second degré qui ne passe pas ici par le langage, par les mots, mais par le langage du corps et l'image. Le décor et la scénographie de Goury m'ont totalement conquise : des ombres d'arbres inquiétants en guise de fond, un immense lit qui fait office de scène, et une maquette de château en bois avec lequel le roi s'amuse comme un gosse avec ses playmo !
J'ai aimé de cette pièce son second degré, vous l'aurez compris, mais aussi sa modernité, sa fraîcheur, son ton décalé, inattendu, son esthétique désuette, un peu kitsch, sur laquelle l'ombre de Jacques Demy plane réellement (la musique de Michel Legrand en prime). Néanmoins, si les danseurs sont en perpetuel mouvement, il y a finalement peu de passages dansés à proprement dit. Un pas de deux sensuel entre le prince et la sorcière, un bien plus drôle mais romantique entre le même prince et sa princesse, mais à part ça, les amoureux des pointes, des tutus et des arabesques peuvent repasser !
Concernant l'histoire, Nasser Martin-Gousset a choisi de nous montrer le véritable fond du conte de Perrault, qui évoque la sensualité et la sexualité ainsi que l'éveil des sens à l'adolescence. La sorcière est divinement sexy et sensuelle, toute de rouge vêtue, elle se caresse sur le grand lit (rouge lui aussi) tandis que le prince la filme. La princesse, elle, joue les ingénues dans sa chemise d'homme et sa culotte froufroutante qui, à mon avis, émoustilleraient plus d'un mâle ! La musique 80's me semble donc être un choix parfait pour exprimer cette envie de liberté et de découverte inhérente à l'adolescence.
Cette "réécriture" apporte donc tout ce qu'on attend d'elle en offrant une lecture inédite et personnelle d'une histoire connue de tous, qui a traversé les années.
Jusqu'au 27 novembre au Théâtre National de Chaillot, M° Trocadéro.
23 octobre 2009
Un week-end bien chargé
Avez-vous remarqué qu'à certaines périodes, on ne sait plus où donner de la tête côté activités alors qu'à certaines autres, on se fait chier comme des rats ?
Bon, j'avoue, je me fais rarement chier car je trouve toujours une expo à visiter, un film à voir ou une voiture à brûler. Mais certains de mes week-end, comme celui à venir, sont plutôt chargés.
Du 22 au 25 octobre, la Bellevilloise va vivre au rythme du burlesque puisque depuis hier se tient dans cette salle parisienne le Paris Burlesque Festival.

Au programme, du cinéma, avec des courts/ moyens/ longs métrages, fictions ou documentaires, une table ronde autour de la pratique burlesque, réunissant perfomers et sociologues, la Nuit Fatale, avec, entre autres, le Cabaret des Filles de Joie de Juliette Dragon et le Burlesque Bazar et Brunch du dimanche, pour shopper bibis, lingerie, corsets et autres accessoires pin-upiens !
Pour ma part, j'assisterai à la projection du film de Russ Meyer, Faster Pussycat ! Kill ! Kill !, avant d'en prendre plein les yeux avec La Revue de Paris, réunissant une belle brochettes d'effeuilleuses !

Mais ce n'est pas tout !
Dans mon agenda, j'ai également réservé une soirée pour mon trèèèèèèèèèèèèèèès cher Didier Wampas, mon idole des punks, ainsi qu'un après-midi pour actrice française que j'aime beaucoup et que je suis ravie de découvrir au théâtre (suspense ^^).

Evidemment, je vous raconte tout ça dès la semaine prochaine ;)
Bon week-end à tous :)))
14 octobre 2009
Vivement Noël !!!
A l'approche des fêtes, je râle toujours. Les guirlandes, les chocos et les cadeaux peinent à me faire oublier la cohue dans les magasins et la bonne humeur forcée. L'an dernier, j'ai eu la chance de pouvoir fuir dans l'Est de la France, à Colmar, petit cocon idéal pour passer Noël.
Cette année, point de vacances (enfin si, peut-être, mais pour la semaine du jour de l'An) mais du rêve avec le ballet Blanche-Neige d'Angelin Preljocaj, que j'avais déjà pu applaudir l'an dernier, au théâtre national de Chaillot.

Ce ballet est un véritable enchantement : les frère Grimm au scénar', Preljocaj aux commandes, Gustav Mahler aux platines et Jean-Paul Gaultier aux costumes. La recette parfaite pour une petite douceur de Noël !

Je suis d'autant plus contente que l'an dernier je m'y étais prise trop tard pour obtenir deux places. Cette année, je vais pouvoir revivre la magie de ce ballet auprès de ma chère Mère.
Un 24 décembre qui s'annonce magique :)

13 octobre 2009
Danser, le magazine
Cette semaine est sorti sur nos écrans un documentaire de Frederick Wiseman, intitulé La Danse, qui nous propose de passer plusieurs semaines dans les coulisses de l'Opéra de Paris.
J'avais prévu de le voir dimanche mais un bon quart d'heure avant la projection, la salle était déjà complète-archi-complète ! Incroyable qu'un documentaire de trois heures sur la danse classique suscite un tel engouement ! Enfin, je ne m'en plains pas, mais à cause de ce petit imprévu, je vais devoir attendre le prochain dimanche pour enfin le découvrir.
En attendant, je me régale du dernier numéro du magazine Danser, dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois.
Il s'agit du magazine de référence en matière de danse : il est complet, s'intéresse à tous les styles de danse, à l'actualité mais aussi à l'histoire de la danse.
Ce mois-ci, il est tout simplement parfait et donc inratable !

Au programme :
- Un très bon dossier sur le documentaire de Frederick Wiseman, tellement intéressant que je suis ravie d'avoir manqué la séance de dimanche : je vais pouvoir le voir la tête pleine d'informations !
- Une longue interview consacrée à Michael Jackson, ni star, ni père de famille, mais danseur. Nettement plus passionnante que tous les ragots véhiculés dans la presse people, elle nous permet de faire connaissance avec les professeurs et les chorégraphes de l'artiste.
- Un article mettant à l'honneur le génial Philippe Découflé, à l'origine du nouveau show du Crazy Horse, Désirs (que je veux voir, que je veux voir, que je veux voir !!!!).
- Un reportage sur la Martha Graham School de New York, agitateur de fantasmes !!
25 septembre 2009
Ma soirée au Casino de Paris
Cela va bientôt faire deux semaines que je dois rédiger cet article mais je n'arrive pas à me lancer. ça me fait toujours ça lorsque je dois parler de sujets qui me tiennent à coeur ou d'événements qui ont suscité en moi une trop vive émotion. J'ai peur de mal dire, de ne pas réussir à partager toutes mes impressions avec vous et que vous vous disiez "ba dis donc, elle s'emballe pour un rien la naine !". Il aurait fallu que je me mette à l'oeuvre le soir même pour vous faire profiter de tout mon enthousiasme mais j'étais trop excitée pour aligner trois phrases cohérentes. Cela aurait donné : "putain, c'était trop bien, putain, j'veux trop y retourner, putain, Dita elle est trop belle" et enfin "putain, les gens sont des gros cons."
Cette dernière exclamation mérite quelques explications qui me permettront d'entrer enfin dans le vif du sujet.
Dimanche 13 septembre donc, j'arrive au Casino de Paris avec plus d'une heure d'avance. Je déteste être en retard aux spectacles, par respect pour les artistes et les spectateurs mais aussi parce que je déteste être le centre d'attention. J'ai donc tout le temps d'observer les spectateurs qui arrivent au compte-gouttes : beaucoup de couples et beaucoup de bandes de filles, des adolescentes, des trentenaires très "assistantes de direction" mais aussi des dames très "maison de retraite des pignons verts" ! Je les trouve évidemment adorables et ne peux m'empêcher de penser : "est-ce que je serai toujours passionnée par les plumes et paillettes à soixante-dix ans ?" Sincèrement, j'espère que oui !
Le Casino de Paris est une très belle salle, mythique évidemment, mais qui reste pour moi la salle où j'ai assisté au concert des Wampas. Même en talons hauts et bouche en coeur, je reste une indécrottable punk ;)

Je prends place et m'attends à assister à la première partie du spectacle en observant... les spectateurs ! J'imaginais une belle assemblée de gens bien mis, de filles bibis vissés sur la tête, d'hommes en costumes. Et bien que nenni mes amis, les gens ne savent plus s'habiller pour sortir ! Cela ne date pas d'aujourd'hui c'est vrai. Ma mère me raconte toujours cette soirée où elle et mon père étaient allés voir Cyrano de Bergerac au théâtre, elle en tailleur, talons et fourrure, lui en costume, alors que la plupart des spectateurs étaient en guenilles (guenilles dans le langage de ma mère = jean, chaussures non cirées). Bref. Si j'ai pu lire dans quelques articles de blogueuses ayant assisté à la Revue que le spectacle avait lieu sur scène et dans la salle, vous ne lirez pas ça ici ! Oh ça non ! Je peux compter sur les doigts d'une main les personnes habillées dans un style disons "cabaret" pour faire plus général, et il ne me faudrait pas plus de deux mains pour faire le compte des personnes qui n'étaient pas en jean/ Converse. Bien sûr, il n'est pas obligatoire de bien s'habiller pour sortir mais je trouve ça dommage car rares sont les occasions de troquer nos habits quotidiens pour des tenues un peu plus originales et festives.
Ce n'est évidemment pour pour ça que j'en ai après "les gens".
Je continue.
Le rideau se lève et des places au premier rang sont encore libres (je suis au deuxième rang). Tous les chacals du fond se jettent littéralement dessus comme si leur vie en dépendait, sans attendre de savoir si elles n'appartiennent pas à des retardataires ! Conclusion, joyeux bazar dans la salle quand des spectateurs arrivent enfin pour occuper leurs places avec dix voire vingt minutes de retard ! Tous ces va-et-vient m'ont tout simplement gâché tout le début de la première partie. J'avais juste envie d'étriper tout le monde : les buses squatteuses de places et les retardataires ! Comment peut-on arriver en retard un dimanche ?!
C'est donc très agacée que je tente de me plonger dans l'ambiance (alors qu'en fait j'ai envie de fumer dix clopes d'un coup tellement je suis gavée). Sur scène, un film muet (avec une belle faute d'orthographe dans les sous-titres mais chuuut !!!), avec Julietta la Doll en vedette, nous montre le rêve d'une serveuse : devenir une star. Le film s'achève sur la concrétisation de son souhait et Julietta la Doll descend le grand escalier central, dans une magnifique robe-fourreau. Le spectacle a commencé depuis cinq minutes et je me consume déjà de jalousie !
Changement de décor et nous nous retrouvons dans une rue du Paris des années 50 (très cliché, du genre à faire roucouler les Américains). Nathalie Lhermitte, la vedette de la pièce sur Edith Piaf, chante L'accordéoniste tandis qu'un homme et une femme se lancent dans un tango endiablé. Elle est une fille de joie, lui son mac, il l'attrape, la fait tourbilloner, la jette au sol. C'est d'un côté magnifique de violence et d'un autre très gênant pour ce que cela représente.
Suit la première apparition des Gentry Girls, façon Marilyn Monroe, puis un vrai faux magicien qui fait semblant (ou pas) de rater ses tours. C'est le pire passage de la soirée, incroyablement long, lent, inutile. Même si l'idée de base est vraiment très sympayhique, permet de varier les numéros de la revue, on se serait bien passés de celui-ci !
Le magicien foireux et sa boite à malice laissent place au fameux grand escalier rétro-éclairé sur lequel apparaît l'ombre longiligne d'une Joséphine Baker. Bananes autour de la taille, elle se met à onduler, à vibrer, à danser comme une diablesse. La Revue Nègre ressuscitée ! Sauf que notre Joséphine doit plutôt s'appeler... Joseph ! L'effet de surprise est vraiment réussi et rend la fin du numéro encore plus jouissive ! Le danseur est excellent, plein d'entrain, nous donne envie de taper dans les mains (ce que personne ne fait, le Français est pudique !).
Le rideau tombe sur ce divin numéro et se relève sur un immense vert de Cointreau. Je broie le genou situé près du mien (un genou connu, ne vous inquiétez pas !) et de très vifs applaudissements permettent aux moins alertes de réaliser que Dita s'apprête à entrer en scène, sur la musique so frenchy de Serge Gainsbourg, Comic Strip.

J'étais vraiment impatiente de découvrir son célèbre numéro, Be Cointreauversial, vu mille fois sur Internet (dans sa version Martini). Ce numéro est vraiment très spécial pour moi puisque c'est dans un verre que j'ai fait la connaissance de la belle Dita, il y a bien sept ans maintenant, dans le clip mObscene de son futur-ex-mari de l'époque, Marilyn Manson.

Si je peux blablater et broder pendant des heures sur l'ensemble de la revue, je suis incapable de vous décrire avec précision ce que mes yeux ont vu pendant dix minutes. Dita est sublime, encore plus belle en vrai que sur toutes les photos que j'ai pu admirer. Elle est incroyable, hypnotisante, à vous coller des frissons. Chacun de ses mouvements, chacune de ses poses sont un nouvel enchantement. Elle est d'une telle grâce, un simple battement de cil suffit à nous rendre fous. C'est là qu'on s'aperçoit que nous ne sommes pas tous égaux. Dita a juste à lever un bras pour que la salle hurle son admiration. ça peut sembler stupide, on peut penser que le public l'applaudit simplement parce qu'elle est Dita, un nom, presque une marque maintenant. Il y a bien de ça, j'en suis sûre, mais pas seulement. Cette femme est faite pour être sur une scène, elle accroche la lumière, attire les regards et enflamme les esprits. Elle tournoie dans son verre, asperge la scène (et peut-être les premières tables), elle est espiègle et sexy, joueuse et d'une précision indiscutable.

C'est Gentry qui enchaîne juste derrière alors que nous sommes encore tous complètement abasourdis. Le tableau est magnifique, elle descend du ciel, entourée de ses girls, une épaisse fumée blanche envahit la scène et nous donne l'impression d'être au paradis. Malheureusement, je n'ai pas pu profiter de cette partie du spectale puisque le couple devant moi, sans doute incapable d'attendre l'entracte, ne cessait de bouger : un coup à gauche, un coup à droite. Insupportable.
Le rideau tombe pour une pause de vingt minutes, le temps de faire un tour dans le hall où un bar sert coupe de champagne et cocktail au cointreau (ba tiens !).
Le rideau se relève sur une fête forraine, un décor vraiment adorable bien qu'encore une fois très cliché, très "truc à touristes". Un Monsieur Loyal, fort sympathique et très bien dans son rôle, nous annonce alors l'entrée en scène de la fille "la plus chaude du show" et Gentry nous propose un déshabillage dans les règles sur It's too darn hot. Si le petit gabarit de Gentry m'interpelle toujours et m'empêche de la trouver réellement sexy, j'ai trouvé son numéro de qualité. Elle bouge très bien, met de l'ambiance et est surtout amusante. L'humour est, pour moi, une donnée importante du burlesque et il faut bien dire que si Dita est sublime et talentueuse, elle est du genre femme fatale, pas tellement fun ! Gentry, elle, nous envoie mille sourires et une bonne dose de bonne humeur. Monsieur Loyal annonce ensuite une créature enchanteresse (adjectif suivi de l'intégralité du dictionnaire des synonymes), une femme-fleur, répondant au doux nom de Millicent Binks. Millicent, celle que j'attendais le plus après Dita ! Elle se présente comme une petite ballerine, avec ses bas verts et ses pointes assorties (la chanceuse !). En guise de déshabillage, elle nous offre un véritable effeuillage, dans tous les sens du terme ! Une à une, la femme-fleur se débarasse de ses pétales, dans un numéro charmant et plein de poésie. Elle est rapidement suivie par Julietta la Doll, dans un numéro de Ballon-Pop tout aussi craquant. Elle est couverte de ballons, qui la font ressembler à une barbe à papa, et qu'elle explose un à un à l'aide d'une aiguille.
C'est de nouveau un homme qui prend place sur la scène. Mais pas n'importe lequel : Charlot ! Oui Madame ! C'est Warren Speed qui s'est glissé dans le costume du célèbre personnage de Charlie Chaplin, dont il copie la démarche, les mimiques et même la célèbre danse des petits pains (irrésistible !) jusqu'à ce que le démon de la danse prenne possession de lui et l'entraîne dans un strip digne des meilleures effeuilleuses ! Le public se réveille d'un seul coup et se permet des hurlements qui auraient leur place dans une représentation de chippendales ! Warren Speed joue le jeu jusqu'au bout et nous fait rire en nous dévoilant ses cache-tétons sur sa poitrine absente et... ses fesses ! Grand moment également lorsqu'il ôte ses chaussettes comme une effeuilleuse retire ses bas ! Un bon moment de rigolade !

Et c'est enfin (ou plutôt déjà) l'heure du second numéro de Dita, inédit en Europe, The Opium Den. Le rideau se lève sur un pavillon chinois entouré d'un rideau transparent à travers lequel on devine une silhouette tenant une longue pipe. Dita sort du pavillon sur un Lullaby version sino-électro totalement envoûtant et entame un strip carrément affolant. La température de la salle a dû sérieusement augmenter à ce moment-là ! Dita enchaîne les poses lascives, fait onduler son magnifique corps, se suspend langoureusement à des cordes suspendues au plafond du pavillon ; elle ferait fondre un dolmen. Mais ce n'est pas fini. Alors qu'elle entre de nouveau dans le pavillon, des mains gantées de rouge sortent du rideau et caressent sensuellement son corps entièrement dénudé. Dans le genre loup de Tex Avery, avec langue pendante et yeux exorbités, le public se pose là !!


Le final, façon spectacle de fin d'année où tous les participants se retrouvent sur la scène en chanson, est d'une banalité affligeante et presque mal venu après le choc Dita.
Les lumières se rallument bien trop vite et il faut déjà rentrer. Je me console avec mon petit programme que je dévore dans le métro puis que je tourne et retourne une fois couchée.
C'était un spectacle vraiment magique, avec des numéros variés, d'une qualité inégale certes mais réalisés avec passion. Même si Dita était la perle de la soirée, la revue de Gentry était pour elle un bel écrin.
16 septembre 2009
Let's dance
Je n'ai pas vu suffisamment de films cette semaine pour vous offrir une review ciné digne de ce nom, il faudra donc attendre la semaine prochaine. Mais comme je n'aime pas bouleverser mes petites habitudes, nous allons tout de même parler ciné car c'est la tradition du mercredi !
Alors, si nous devons parler ciné, pourquoi ce titre dansant ?!
Et bien tout simplement parce que je vais vous parler de deux films qu'il me tarde vraiment de découvrir et qui mettent à l'honneur un art que je vénère, la danse.
Le premier sort cette semaine après avoir fait sensation à Cannes.
Il nous permet de retrouver Kierston Wareing qui avait séduit le public dans It's a free world de Ken Loach. A ses côtés, le très très beau Michael Fassbender et surtout la révélation dont tout le monde parle, Katie Jarvis. Celle-ci interprète Mia, une jeune fille de 15 ans, un peu rebelle sur les bords, dont la seule passion est la danse hip-hop.

L'univers de Fish Tank est donc a priori bien loin de celui que nous invite à découvrir le documentariste Frederick Wiseman dans son documentaire qui sortira en salle le 7 octobre.

Pendant plus de deux heures, nous serons au coeur de l'Opéra de Paris, ce lieu unique, merveilleux, magique, où nous pourrons côtoyer les Etoiles mais aussi les petites mains qui mettent tout en oeuvre pour offrir aux milliers de spectateurs des représentations aussi parfaites qu'inoubliables. Une invitation à la rêverie.

Deux films, deux univers, mais une seule passion dévorante pour laquelle on peut tout donner.

L'occasion de vous montrer mes dernières pointes, encore en très bon état. Et pour cause...
J'ai passé ma dernière année de danse à jouer au chat et à la souris avec ma prof : je ne voulais pas quitter mes vieilles pointes, usées mais confortables ; elle tenait absolument à me voir sur les nouvelles que je devais porter pour le spectacle. J'ai donc passé l'année à jouer l'innocente tête de linotte : "Oups, je les ai encore oubliées !" à lui mentir : "Mais ouiiiiiiiiii ! Je les fais à la maison ! Je les porte dès que je rentre chez moi ! C'est promis !!!" et j'ai souffert atrocement lors de la première représentation lors de laquelle j'ai utilisé mes pointes comme des demi-pointes car il m'était impossible de rester dessus !
Je suis une incorrigible tête de pioche !!
21 avril 2009
Ma soirée avec la Martha Graham Dance Company
J'ai un peu hésité avant d'écrire cet article tout simplement parce que je n'en voyais pas vraiment l'utilité. Tout d'abord, la Martha Graham Dance Company n'a pas prévu de nouvelles dates et puis comme il est très difficile de s'exprimer sur la danse, j'ai pensé que quoi que j'écrive, je n'arriverais jamais à vous transmettre tout ce que j'ai ressenti lors de cette soirée.
J'ai finalement pris ma décision ce midi, alors que j'étais hypnotisée par Chapeau melon et bottes de cuir (en plus c'était l'épisode à ne pas manquer, le premier de la saison 6, avec la passation de pouvoirs entre Emma Peel et Tara King !).

Voici donc un article qui n'a qu'un seul but : témoigner du bonheur que ça a été pour moi de découvrir vendredi soir trois pièces de Martha Graham.
La représentation a eu lieu au théâtre du Châtelet qui est vraiment une salle magnifique. Lorsque j'y ai vu Edward aux mains d'argent, j'étais placée tout près de la scène mais en orchestre. J'avais donc une très bonne visibilité mais pas la possibilité d'apprécier la salle à sa juste valeur. Vendredi soir, je me trouvais au premier balcon, un peu de côté. Ainsi j'ai pu admiré le sublime plafond de la salle, regarder tout autour de moi, éblouie par tout ce rouge et ce doré.

Alors que le rideau tardait à se lever, j'étais assise là, au milieu de tous ces gens qui parlaient français mais aussi anglais, allemand, espagnol,... , de femmes élégantes, d'hommes chapeautés, et je me disais : "quelle chance tu as !" Oui ! Quelle chance extraordinaire de se trouver dans un lieu mythique, superbe, qui s'apprête à se remplir de toute l'âme d'une grande dame de la danse. Alors que je n'attache pas particulièrement d'importance à ce genre d'âneries, j'ai repensé à la phrase de Séguéla qui a tant fait parler : "Si à cinquante ans, on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie." J'ai alors pensé que je n'aurais probablement jamais de Rolex, quel intérêt, mais que j'avais déjà sacrément bien réussi ma vie. En ce vendredi d'avril, où je venais déjà de passer l'après-midi entourées des oeuvres de Warhol, j'allais voir des danseurs portés avec passion l'oeuvre de Graham. ça, pour moi, c'est ce qu'on appelle "réussir sa vie", s'offrir des instants à soi, d'une telle qualité, des moments uniques, presque magiques, profiter de toutes les possibilités que nous offre Paris, s'enrichir du travail d'artistes merveilleux dont on aurait très bien pu ne jamais approcher les oeuvres. Quel bonheur !

Une fois le rideau levé, la représentation de la Martha Graham Dance Company ne m'a pas déçue. J'ai donc pu découvrir trois de ses très nombreuses pièces (elle en a créées cent quatre-vingts je crois), et j'espère que ce n'est qu'un début !
Nous a d'abord été présentée Embattled Graden, créée en 1958, une tragi-comédie mettant en scène Adam, Eve (Miki Orihara), Lilith (Carrie Ellmore-Tallitsch) et son compagnon, un étranger (le serpent ?). Ce ballet amoureux m'a surtout séduite par son sujet car j'ai beaucoup étudié le personnage de Lilith en tant que première femme d'Adam et c'est un personnage complexe et fascinant. La chorégraphie de Martha Graham fait parfaitement ressortir ces traits de caractère, en donnant à sa Lilith des airs de danseuse de flamenco, la danse la plus érotique et puissante, presque guerrière, qui soit.

Ensuite, nous avons pu découvrir une pièce plus grave, au sujet politique, Sketches from Chronicle, créée en 1936 et inspirée par la Première Guerre mondiale et la dépression américaine. Cette pièce est elle-même composée de trois tableaux, selon une logique chronologique. Dans un premier temps, on assiste a un solo de Jennifer DePalo, vêtue d'une immense robe noire, au revers rouge sang. Elle interprète Spectre-1914, et incarne la guerre, ses séquelles.
Puis, neuf danseuses (menées par Miki Orihara) vêtues de noir envahissent la scène pour Steps in the street. C'était tout simplement le plus beau moment de la soirée, le plus intense aussi. Les jeunes femmes parcourent la scène dans des rondes rythmées, des diagonales, leurs mouvements sont larges, synchrones, elles habitent véritablement l'espace en incarnant toute l'aliénation mais aussi les souffrances inhérentes à la guerre.
Enfin, le troisième tableau, Prelude to action, est porteur d'espoir puisqu'une danseuse portant un magnifique costume blanc (Jennifer DePalo) vient se mêler au groupe austère des femmes en noir.

C'est à travers ce genre de pièce qu'on se rend compte du talent d'un chorégraphe. Comment par de simples mouvements, sans sons, sans mots, Martha Graham a-t-elle su nous livrer un message, son opinion, sur la guerre ? Comment recréer la souffrance, le danger, l'aliénation et l'optimisme ? Comment donner aux corps la parole ?
La soirée s'est achevée avec Night Journey, créée en 1947, pièce reprenant l'histoire d'Oedipe mais du point de vue de Jocaste. Cette pièce révèle l'intérêt de la chorégraphe pour les mythes antiques. Night Journey était vraiment très émouvante puisque Jocaste, sur le point de mourir, se souvient (Martha Graham utilise ici le flash-back) de ce qu'a été sa vie. Elle sait ce qu'elle a fait et sait qu'elle doit mourir.

Vous l'aurez compris, j'ai passé une soirée exquise. J'en ai pris plein les yeux, plein le coeur. A la fin de la représentation, il y avait beaucoup d'émotion dans la salle, les spectateurs n'ont pas hésité à se lever pour féliciter les immenses danseurs de la Martha Graham Dance Company qui font honneur à la chorégraphe.
Merci Martha Graham.
01 avril 2009
Je vais voir The Martha Graham Dance Company ! ! youhouuuuuuuuuu !
Dans dix-sept jours exactement, donc le vendredi 17 avril (c'est pas que je vous prends pour des buses, je me doute que vous avez réussi à faire le calcul vous-mêmes), je vais au théâtre du Châtelet découvrir une petite partie du répertoire chorégraphique de Martha Graham ! Martha Graham les mecs ! ! Ahaha ! Je suis tout excitée, comme si mes restes du concert des Wampas de lundi ne me suffisaient pas !
C'est d'ailleurs pour ça que je me suis empressée de venir vous communiquer l'information ici, ça me permet de partager ma joie !
Je ne suis allée qu'une seule fois dans cette salle, pour y voir Edward aux mains d'argent, et je l'avais trouvée vraiment sublime. Voir les oeuvres de Martha Graham dans un tel décor, ça tient du rêve ! J'espère seulement que ma vision ne sera pas gênée par un grand dadais ou une tête de bourgeoise choucroutée, parce que comme je vous le disais y'a pas longtemps, en ce moment c'est un peu Fifi la ruine, ou plutôt, Fifi boulimique de sorties culturelles donc ruinée, j'ai donc dû taper dans la catégorie 4... Genre la catégorie pour la plèbe... mais bon, je me console en me disant que c'est toujours moins pire que la catégorie 5 !
Comme je n'écris pas QUE des articles pour rien, j'en profite pour vous dire que j'ai fait des petits changements dans les noms des catégories. Avant, j'en avais une que j'avais intelligemment nommée Pestacles et dans laquelle je mettais tous mes articles concernant les trucs se déroulant sur une scène. Mais bon, là je ne pouvais décemment pas laisser Martha Graham côtoyer les Street Dogs, ni Equus fricoter avec Blanche-Neige. Du coup, en deux temps trois mouvements, j'ai pondu trois nouvelles catégories : I love Rock'n'roll pour les concerts, Life is a stage pour le théâtre et Dancing Queen pour les ballets. Ouai bon ça va, vous moquez pas de mes titres ! L'important est que tout soit plus clair.


23 mars 2009
Paris Tease, un dimanche sous le signe du burlesque
J'espère que vous avez tous passé un excellent week-end, le premier du printemps, ça se fête !
De mon côté, j'ai célébré l'arrivée de la nouvelle saison au Biz'Art (anciennement Opus Café), puisque s'y déroulait la première grande soirée burlesque parisienne, Paris-Tease. J'en avais déjà un peu parlé ici mais maintenant, j'ai plein de détails à vous donner !

Tout d'abord, quelques mots sur la salle, histoire de nous mettre dans l'ambiance.
J'avais déjà passé une soirée à l'Opus Café mais il y a de ça une éternité. Je n'avais donc aucun souvenir de cette très belle salle, idéale pour nous plonger une atmosphère burlesque. Entre les poutres apparentes au plafond, les lustres, les lourds rideaux de velours rouge, les fauteuils et canapés judicieusement répartis autour de petites tables -parfaites pour trouver un peu d'intimité- j'ai eu l'impression d'entrer dans un véritable cabaret, ou, pour les fan de Gossip Girl, de pénétrer dans le club de Chuck ! Cette impression était renforcée par la présence de très jolies filles, habillées dans un style années 30 parfaitement maîtrisé, et de beaux jeunes hommes costumés et chapeautés !
Dès mon arrivée, je me suis précipitée à l'étage où se trouvaient les stands des créateurs. Au programme, bijoux, corsets, masques... J'ai pu enfin voir "en vrai", les créations de Caroline de Volute Corsets et je peux vous dire que je ne pense plus qu'à une chose : faire un tour dans sa boutique ! Etaient également présentes les créatrices des marques d'accessoires Dragon de Brume, Lolita Pompadour (jetez un oeil sur le site, il est vraiment très joli) et Cutetricks, ainsi que de la marque de vêtements alternative Pink & Kinky (là, j'avoue que je n'ai pas vraiment été emballée, non pas à cause des vêtements très bien coupés, mais de la matière... Même si je possède quelques pièces en vinyl, c'est loin d'être ma matière préférée lorsqu'elle est portée en total-look). Grâce aux défilés de mode, on a pu se rendre compte un peu plus tard de la qualité de certaines créations. Quand je vous dis que je ne me suis pas remise de mon face à face avec Volute Corsets, je ne plaisante pas ! Et en plus, j'ai appris que la créatrice proposait également des masques ! Euphorique je suis ( et ruinée je vais être !)
La soirée a réellement commencé vers 18h30 (la salle a ouvert avec une demi-heure de retard) avec la présentation de six demoiselles, qui ont posé dix minutes chacune, le temps de se faire dessiner par plusieurs artistes (en herbe ou confirmés). Je ne le savais pas jusqu'à hier mais cette pratique a un nom. Oui oui ! Le concept se nomme Dr. Sketchy et a été mis au point par Molly Crabapple. Le principe est simple : des modèles (mannequins, danseuses, artistes rétro, néo burlesque, fetish, ...) posent pendant cinq, dix, trente minutes pour qui a envie de les dessiner. Pas besoin d'être un professionnel du dessin pour participer, il faut seulement se munir d'un carnet à dessin et de dix euros. Des ateliers Dr. Sketchy se tiennent dans une trentaine de villes depuis 2005, dont Paris bien sûr.
Comme je ne dessine pas, cette heure m'a semblé durer une éternité. Si pour chaque modèle on passe deux minutes à détailler sa tenue, sa pose, son physique, il reste quand même huit minutes à tenir ! Pendant ce temps là, on n'a pas grand chose à faire, si ce n'est refaire le tour des stands ou prendre un verre (mais à cinq euros la pression et dix euros le cocktail -après avoir payé quinze euros d'entrée- je peux vous dire qu'au bout de trois tournées, on se calme !). Pour la prochaine édition du Paris-Tease, les organisateurs devraient songer à une autre activité à proposer aux non-dessinateurs.
Après cette heure un peu mollassone, l'ambiance est vite remontée grâce aux défilés de mode puis aux interventions des danseuses de la troupe tribale Af'Avel qui, pour l'occasion, étaient vêtues façon Moulin-Rouge. Elles nous ont proposé deux chorégraphies (sur la B.O. de Chicago puis de Moulin-Rouge, justement)ainsi que plusieurs démonstrations. Je vais encore faire ma chieuse mais là encore, je n'ai pas été convaincue. Est-ce la faute de mes trop nombreuses années de danse qui m'empêchent d'apprécier tout spectacle dansé où les termes "rigueur" et "synchronisation" ne semblent pas avoir leur place ? Bon, je ne suis pas qu'une vilaine fille, j'ai donc quand même noté l'inventivité et l'originalité de cette troupe de filles que j'aimerais revoir dans un autre contexte.
Nous avons ensuite pu entendre quelques titres jazzy, interprétés par la chanteuse Rachel Gardner Smith. Alors là, même si la musique proposée n'était pas tellement mon genre, j'ai adoré le personnage de Rachel, diva aussi belle qu'arrogante. Et sa voix ! Super originale !

Puis, est enfin arrivé le moment que j'attendais tant : les show des différentes effeuilleuses et artistes burlesques, venues de France mais aussi d'Angleterre.
J'ai d'abord été interpellée par une chose : les perfomeuses ne sont pas des mannequins. Toutes étaient très différentes les unes des autres, certaines légèrement rondes, d'autres carrément bien en chair et quelques-unes hyper bien roulées. Ce constat m'a rappelé les soirées goth où j'allais chaque semaine avant et où on pouvait croiser des filles vraiment très rondes vêtues de jupes courtes, moulantes, de robes en résille, enfin bref, habillées de manière pas forcément très flatteuse mais originale et surtout sans aucun complexes. Bien sûr, j'imagine qu'en boîte de nuit plus traditionnelle, les filles rondes ne sont pas refoulées à l'entrée, mais ça m'étonnerait qu'elles soient très nombreuses à grimper sur les podiums pour tortiller du cul le long des barres de pole-dance. Or, dans toutes les manifestations (soirées, festival,... ) alternatives où je suis allée, j'ai remarquer que les rondes avaient leur place, et une place de choix.
Aussi, avec la première effeuilleuse, une anglaise, Cecilia Rouge, on a tout de suite pu noter que quelques rondeurs n'étaient pas un obstacle au show burlesque, bien au contraire ! L'artiste nous a proposé deux show, bien menés, mais je l'ai trouvée peu souriante et... comment dire... un peu raide, empotée.

Parmi les autres artistes, il y avait également Violetta Opium, qui m'a laissée de marbre, et surtout trois artistes que j'ai trouvées très joueuses, généreuses, souriantes, dans un pur esprit pin-up. Oui, parce que dans ma tête à moi, une artiste burlesque n'est pas là pour faire sa star, pour minauder et battre de cils sans arrêt. A l'instar de Bettie Page, la reine des pin-up, une performeuse est là pour faire plaisir à son public. Regardez des photos ou des vidéos de Bettie et vous verrez qu'elle était toujours très souriante, même lors de séances photo plus osées
J'ai donc adoré les show des anglaises Diva Hollywood et Kitten von Mew (qui est arrivée sur scène dans un costume de chat délirant) et de la française -et organisatrice du Paris-Tease, Miss Anne Thropy

Diva Hollywood

Kitten von Mew


Miss Anne Thropy (quand je vous dis qu'elle est souriante !)
J'ai trouvé les show de ces demoiselles réussis, évidemment, mais, au risque de me répéter, j'ai été surtout séduite par leur générosité et leur inventivité. Elles ne se sont pas contentées de se pavaner en tenue légère, il y avait une mise en scène et une véritable envie de communiquer avec le public.
Toutes les artistes burlesques ne sont pas aussi souriantes et généreuses que celles que je viens d'évoquer, et bizaremment celles qui m'ont semblé les plus distantes sont les deux artistes roulées comme des Rolls Royce.
Surtout une en fait, qui du coup m'a grandement déçue alors que j'attendais depuis longtemps de la voir "en vrai", Scarlett Diamond. Cette jeune parisienne est souvent présentée comme la prochaine Dita von Teese. Et pour cause, elle est brune, belle, gracieuse, bonne actrice, ... , bref, elle a tout pour elle et tout pour réussir. MAIS ce que Scarlett ne semble pas avoir c'est un brin d'humilité. Elle m'a semblé hautaine et surtout très prétentieuse. Il n'y a qu'à voir son show : le plus court, le moins travaillé et pourtant le plus acclamé ! Alors forcément, ça fait enfler la tête ! Et alors que presque toutes les artistes nous ont offert deux représentations, elle s'est contentée de nous faire l'honneur de sa présence deux minutes : un show express et banal au possible. Enfin, si sur ses photos Scarlett Diamond est absolument sublime (et elle l'est également en chair et en os), ce qui frappe surtout lorsqu'on la voit sur scène c'est son mini-format qui l'a ferait passer pour une gamine de douze ans. Non, je ne fais pas ma vilaine jalouse, pour preuve, ces paroles tenues par un mâle de ma connaissance "si je bandais pour ça, j'aurais l'impression d'être un pédo". C'est vrai que ça manque de classe mais le message est clair ! Il faut dire que la Scarlett, elle flotte un peu dans sa belle robe noire. Elle flotte tellement qu'on se demande si elle ne l'a pas piquée à sa maman pour jouer à la dame. Une chose est sûre, je ne guetterai pas les dates de ses prochains effeuillages

Si j'ai été déçue par cette artiste, j'ai eu un vrai coup de coeur pour celle dont je vais vous parler maintenant et que j'ai gardée pour la fin. Tout comme Scarlett Diamond, elle m'a semblé moins joueuse que d'autres artistes telles que Kitten von Mew, néanmoins, elle nous a proposé deux démonstrations de ses talents absolument époustouflantes.
Vicky Butterfly, une londonienne de vingt-cinq ans, nous est tout d'abord apparue vêtue d'un somptueux costume de paon dont les plumes noires et vertes allaient à ravir avec ses cheveux roux. Eventails de plumes, gants, bas, Vicky Butterfly a su enlever ses multiples couches de vêtements avec une grâce incroyable. Contrairement à Scarlett Diamond qui a ôté sa robe en deux temps trois mouvements, Vicky Butterfly a su captiver son public en se défaisant de son costume par étape. Doucement mais sûrement, elle nous a conquis

Pour son second passage, Vicky Butterfly s'est transformée en cygne pour nous offrir un show en trois parties. Tout d'abord, l'artiste nous hypnotise avec une danse sensuelle, aidée de son long déshabillé aux manches couvertes de plumes. Ensuite, l'effeuillage, lent et gracieux tout comme le premier : Vicky prend son temps et nous laisse admirer chaque partie de son incroyable costume. Enfin, elle nous propose un magnifique ballet, avec deux grands éventails de plumes blanches qu'elle manie avec talent et qui nous permettent, par intermittence, d'apercevoir sa belle plastique. Très sincèrement, à elle seule, elle valait bien le déplacement ! Son show m'a plus que ravie, j'étais comme une petite fille devant cette jeune femme aérienne et enchanteresse qui présente un véritable spectacle, complet, travaillé et surtout qui ne se contente pas de se pavaner en string. Un moment de pure extase


S'il faut absolument donner une descendante à Dita, pour moi, il n'y a pas de doute, c'est Vicky Butterfly.
Cette première soirée, menée par un animateur vraiment participatif qui a su meubler en donnant de sa personne, m'a, dans l'ensemble beaucoup plu, et j'espère que ce genre d'événement se reproduira plus souvent. J'ai découvert de véritables artistes, des filles talentueuses mais surtout passionnées par un art qui demande bien plus qu'une plastique irreprochable.
Ce que j'ai également retenu est plutôt d'ordre technique : mesdemoiselles et mesdames, pour vos prochains strip-tease home-made, pensez à mettre des bidules dans vos longs gants. Qu'est-ce que j'entends pas "bidules" ? Et bien, si vous êtes à l'hôtel et que vous n'avez pas à vous soucier du ménage, glissez-y des confettis ou bien mieux, des paillettes. Par contre, si vous êtes à la maison, optez pour des plumes colorées. L'effet de surprise est garanti !