Vilaine Fifi

Les bavardages (parfois) culturels d'une vilaine Parisienne

19 décembre 2009

Love, d'Hélène Bruller

LOVEDepuis quelques mois, je découvre les "BD de filles". La bande-dessinée n'a jamais été mon truc, je n'ai lu qu'un seul Astérix et c'était pour un cours de littérature comparée, c'est dire ! Mais grâce aux blogs, j'ai découvert le travail d'illustratrices talentueuses qui me permettent de m'évader et de rigoler au quotidien.

Lorsque Suzanne de Chez les filles m'a proposé de découvrir le nouveau bébé d'Hélène Bruller, j'ai accepté sans hésiter.

Et j'ai drôlement bien fait !

Je n'avais jamais autant ri en lisant une "BD de fille", et rarement autant ri en lisant tout court d'ailleurs !

Dans son nouvel ouvrage, Hélène Bruller nous invite à découvrir son entourage autour d'un petit dîner. J'ai beaucoup aimé la construction de son album, super bien pensée. Les pages paires nous permettent de faire connaissance avec chaque invité qui incarne un personnage type de notre société : le hype-gay, la bombe, la copine super-psy, écolo-man, la glu,... bref, que des profils que nous avons nous-mêmes croisés dans notre vie (ou que nous cherchons à fuir absolument ^^). Les pages impaires sont consacrées au dîner, qui évolue avec l'arrivée de chaque nouveau personnage. Chaque nouvel invité permet de relancer les discussions et les vannes fusent sans cesse. Grâce à cette construction, l'album d'Hélène Bruller est très dynamique et se lit un peu comme un roman puisque le dîner sert de fil rouge. Certains personnages sont bien sûr plus attachants ou plus drôles que d'autres, et certains sont presque inutiles et alourdissent un peu l'ensemble (les interventions des enfants et de la nounou par exemple), mais c'est inévitable je pense lorsqu'on décide de présenter toute une galerie de personnages.

Mais ce que je retiens avant tout de cette découverte est la verve d'Hélène Bruller. Je vous l'ai dit, j'ai rarement autant ri en lisant, mais quand je dis rire, ce n'est pas glousser trente secondes, c'est vraiment le gros fou-rire, avec les larmes aux yeux et tout !

A force de m'entendre m'étouffer, mon amoureux a fini par me demander ce que je lisais :

" -Une BD.

-Une BD ? Toi ?

- Ouai mais c'est trop drôle, j'te jure ! La fille, elle parle comme moi !

- Elle doit être très vulgaire alors."

ça fait toujours plaisir à entendre, n'est-ce pas ! Mais dans le fond, il n'avait pas tort, car Hélène Bruller y va fort sur les vannes qui, je pense, ne plairont pas à tout le monde. C'est un humour auquel j'adhère à 300% car je suis du genre à dire "salut les tarlouzes" en arrivant à un dîner mais tout le monde -heureusement- n'est pas comme moi !

Voici mon pasage préféré, que j'ai d'ailleurs lu à mon amoureux à titre d'exemple (lecture qui s'est terminée par un beau duo de rires de hyènes) :

Discussion entre Hélène et sa copine "Super-psy" qui analyse tout et tout le monde :

" -Mais si ! Regarde comment il tient son parapluie !

- Je vois ! Mais ça ne veut pas dire qu'il est homo ! Il l'aurait dans le cul, j'dis pas... mais là, moi, j'interprète "il pleut"."

La lecture de cet album m'a donc fait passer un excellent moment mais m'a surtout permis de découvrir le travail de la BD-girl la plus drôle que je connaisse ! Inutile de vous dire que je me suis déjà commandé ses précédents albums ^^

Merci beaucoup beaucoup beaucoup à Chez les filles !

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30 novembre 2009

Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini, de Katarina Mazetti

chaperon_rougeVous vous souvenez de Linnea, cette adolescente suédoise dont la meilleure amie, Pia, s'est suicidée ? Non ? Et bien allez faire un tour ici.

Voilà ! La mémoire vous revient ? Je peux donc vous parler de la suite de ses aventures.

Dans le deuxième tome de cette trilogie, nous retrouvons cette chère Linnea qui tente, tant bien que mal, de se remettre de la disparition de son amie. Elle essaye de retrouver une vie sociale en copinant avec deux filles de son lycée, un peu timbrées chacune dans son genre. Madeleine se prend pour le nombril du monde et passe son temps à parler d'elle tandis que Malin, une parano complètement flippée, ne jure que par la magie blanche et les amulettes.

Bien que Pia ne soit plus à ses côtés, Linnea continue de se poser des questions existentielles, notamment sur le sens de la vie. Vaste question à laquelle sa grand-mère adorée répond en lui donnant 15 000 couronnes à dépenser d'un seul coup.

Etrange, pensez-vous ? Pas tant que ça, car à cause ou grâce à cette coquette somme, Linnea va fuir sa petite ville et sa petite vie tranquilles et découvrir le monde. Pour le meilleur ou pour le pire... ^^

En effet, alors qu'elle est dans les ennuis jusqu'au cou (à cause de ses deux nouvelles camarades), Linnea décide de fuir la Suède pour Londres où elle espère se construire une nouvelle vie et se faire oublier des siens. Mais c'était sans compter l'intervention d'un mystérieux jeune homme, croisé à l'aéroport, qui encourage Linnea à prendre un billet pour Los Angeles, où il promet de la rejoindre au plus vite.

Linnea s'envole donc pour l'Amérique. Et ses ennuis ne font, finalement, que commencer !

Ce deuxième tome, aussi pétillant et frais que le premier, propose donc une réflexion intéressante sur l'adolescence à travers le personnage de Linnea bien sûr, mais aussi de ses amies, notamment Malin, qui semble totalement perdue dans son monde imaginaire peuplé de magie et de prédictions. Toutes les questions que se pose Linnea, tous les problèmes qu'elle rencontre, tout ce qui gâche plus ou moins son quotidien, nous parle et nous rappelle forcément des souvenirs. Car, il faut bien le rappeler, ce n'est vraiment pas simple d'être une ado, surtout quand on n'est pas totalement décérébrée !

La fuite de Linnea met, d'une certaine manière, en avant, l'incapacité des adolescents à affronter leurs problèmes. Elle préfère partir pour une destination inconnue, sans savoir ce qui l'attend plutôt que de régler ses soucis, qui ne sont pas si graves si on analyse bien la situation. C'est complètement dingue ! Son voyage et ce qu'elle découvre à Los Angeles lui permet alors de prendre conscience de la réalité du monde, de l'injustice qui y règne, de réaliser ce qu'est la véritable misère, la vraie galère.

Est-ce que Linnea trouvera le sens de la vie grâce à ce périple ? Peut-être. Mais ce qui est sûr c'est qu'elle croit trouver l'amour et ça, c'est pas rien !!

Il n'est donc plus tellement question de Pia dans cette suite car Linnea ne se sent pas encore tout à fait prête à découvrir les raisons qui ont poussé son amie à se donner la mort. Mais, une petite phrase anodine au détour d'un chapitre laisse entendre que le mystère devrait s'éclaircir dans le troisième tome !

Vivement la suite !

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26 novembre 2009

Challenge ABC tout foiré !

(J'adore quand Canalblog ne publie pas mes articles programmés du matin... gggrrrrrr !!!)

Voyant la fin de l'année arriver à grands pas, je suis allée dénicher ma liste de livres que j'étais censée lire pour le challenge ABC.

Et si l'an dernier, j'avais terminé mon challenge presque haut la main (seulement deux livres m'étaient restés sur les bras parce qu'ils ne me tentaient plus), je ne peux pas en dire autant cette année.

Jugez par vous-mêmes :

A. Auster Paul : La nuit de l’oracle LU

B. Brontë Emily : Les Hauts de Hurle-Vent LU

C. Capote Truman : Breakfast at Tiffany’s LU

D. Didion Joan : Maria avec et sans rien

E. Edwardson Ake : Chambre numéro 10

F. Fontenaille Elise : Unica

G. Gunnarsson Petur : Point, point virgule, tiret LU

H. Higgins Clark Mary : Rien ne vaut la douceur ... LU

I. Indridason Arnaldur : La femme en vert LU

J. Joyce James : Les gens de Dublin

K. Kaan Jess : Dérobade

L. Lackberg Camilla : La princesse des glaces

M. Minervudottir Gundrun : Pendant qu’il te regarde, tu es la vierge Marie

N. Nesbo Jo :

O. Oates Joyce Carol : La fille tatouée LU

P. Paasilinna Arto : Le lièvre de Vatanen

Q. Queffelec Yann : L’amante

R. Rankin Ian :

S. Sigurdardottir Steinunn : Le Cheval Soleil LU

T. Thorarinsson Arni : Le temps de la sorcière LU

U. Updike John : Les sorcières d’Eastwick

V. Vargas Fred : L’homme à l’envers

W. Woolf Virginia : Mrs Dalloway

X. Xi Xi : Une fille comme moi

Y. Young Elizabeth :

Z. Zusak Marcus : La voleuse de livres LU

Seulement dix livres lus au compteur, c'est du grand n'importe quoi !

Mais comprenez-moi, cette année ce challenge ne m'a pas du tout inspirée. J'ai trouvé que le site était super mal fichu (désolée pour les personnes qui s'en occupent !), certains participants ont posté leur liste n'importe comment, ont balancé des photos, ont posté leurs avis non pas dans les commentaires mais au sein de leur liste même. ça donne un truc tout brouillon, fouilli, qui ne donne pas du tout envie d'être parcouru. Par ailleurs, je n'ai pas retrouvé l'enthousiasme de 2008, les participants ne réagissent pas du tout aux critiques des autres (et moi la première, je précise), et on ne trouve même pas les blogs de tout le monde dans la liste. C'est nul !

Je suis bien plus contente de poster ici, sur mon blog, que sur celui du challenge. Mon but n'est pas d'avoir plein de commentaires mais c'est tout de même plus sympa de voir les gens réagir à ce qu'on écrit, non ?!

Tout ça n'explique pas totalement mon échec cuisant ! J'aurais très bien pu poster mes critiques exclusivement sur mon blogounet tout en suivant à la lettre (c'est le cas de le dire !) la liste de mon challenge. Disons que ce manque d'entrain m'a totalement démotivée et que, du coup, je suis passée tout naturellement à d'autres bouquins que ceux de ma liste.

Tout ça pour en arriver à cette conclusion : je suis (presque) sûre de ne plus participer au challenge ABC, même si j'en aime toujours le principe, préférant participer aux challenges organisés par les lectrices-blogueuses, toutes passionnées.

Et de votre côté, challenges ou pas challenges ?!

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25 novembre 2009

Un Chant de Noël, de Charles Dickens

chant_noel_L_1Pas de review ciné en ce dernier mercredi de novembre car je n'ai pas vu beaucoup de films (le choix était assez limité cette semaine, non ?). Mais, mais, mais... Comme je ne suis pas une grande fan de l'incohérence (comment ça je suis limite psycho-rigide tendance freak ?!), je vous propose un petit billet lecture en rapport direct avec la sortie-ciné la plus attendue de la semaine.

Un Chant de Noël de Charles Dickens est, en effet, l'oeuvre littéraire à l'origine du film Le drôle de Noël de Scrooge, qui sort en salles aujourd'hui même.

Grande inculte que je suis, je n'avais jamais lu ce court roman et la sortie du film m'a semblé être une occasion en or pour combler cette lacune.

Un Chant de Noël, écrit en 1843, nous raconte la fantastique histoire d'Ebenezer Scrooge, un horrible grincheux qui ne pense qu'à se remplir les fouilles au détriment de sa vie sociale, et de sa vie tout court d'ailleurs. Scrooge n'a aucun ami, tous ses voisins le fuient, seul son neveu semble disposé à redoubler d'efforts pour garder contact avec ce vieux ronchon qui lui sert d'oncle. Comme tout bon avare et misanthrope, Scrooge déteste par dessus tout célébrer Noël, une fête idiote selon lui, qui ne sert qu'à dépenser des sous et qui oblige à passer du temps en famille (oh mon Dieu, on dirait moi !).

La veille de Noël, Scrooge reçoit la visite de son fantomatique associé, décédé depuis sept ans. Celui-ci lui annonce qu'il recevra la visite de trois autres spectres : les Esprits des Noël passés, présents et à venir ; la dernière chance pour Scrooge de devenir un homme bon, pour les autres mais aussi pour lui-même.

Evidemment, ce petit roman est un véritable bonheur, idéal à quelques jours des fêtes. Dickens nous propose une histoire charmante, tantôt très drôle (Scrooge en version ronchon me plaît beaucoup !), tantôt tristoune, qui fourmille de détails. C'est ce qui m'a particulièrement plu dans ce Chant de Noël qui offre des descriptions qui ont le don de nous plonger dans l'ambiance de Noël : les rues animées, les gens souriants, les maisons décorées, les tables bien garnies, tout ça, on le visualise et on le ressent parfaitement, comme si on y était ! Dickens est plus qu'un écrivain, c'est un véritable peintre qui dresse des portraits détaillés et profonds de ses personnages et décrit les situations de manière précise mais légère.

Par ailleurs, le fait qu'il s'agisse d'un conte de Noël nous permet d'oublier le ton et les situations qui louchent du côté du pathétique. On voit évoluer le personnage de Scrooge au fil de ses rencontres, ses barrières tombent, on le découvre plus humain et presque touchant. Rien d'étonnant alors à ce que cette histoire se termine par un happy end mais c'est exactement cette fin-là que l'on souhaite voir arriver ! Le tout dernier chapitre, le plus court, est d'ailleurs le plus touchant ; on le lit le sourire aux lèvres et les larmes au bord des yeux.

Ce roman nous donne donc une belle leçon d'humanité mais surtout une irrésistible envie de fêter Noël.

Noël selon Dickens n'est pas qu'une fête religieuse et commerciale durant laquelle règne l'hypocrisie. L'auteur nous rappelle à travers son personnage que l'important est de célébrer cette fête à sa manière, en se faisant plaisir comme on le souhaite, le plus simplement possible : une jolie décoration, un bon repas, des jeux, des rires, de quoi rêver et sortir un peu du quotidien.

Je n'irai pas jusqu'à affirmer que cette lecture m'a donné envie d'être moins cynique, ni que Dickens a réussi à me faire entendre que Noël doit être synonyme d'amour et de partage, mais je dois bien dire que ce roman m'a donné encore plus envie de faire entrer l'esprit de Noël dans ma maison !

Pour en revenir au film, je n'irai malheureusement pas le voir aujourd'hui (trop de monde, trop de gosses, beurk !) mais vendredi, et en 3D absolument ! Je vous en dirai donc des nouvelles la semaine prochaine ;)

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11 novembre 2009

Entre Dieu et moi, c'est fini, de Katarina Mazetti

entre_dieu

Une bonne douche à la barbe à papa, un masque-gommage senteur Hollywood chewin-gum et une crème pour le corps au miel, quelques heures de travail sur ce qu’il convient d’appeler mon « projet de recherche » et vos réconfortants commentaires m’auront permis de dépasser mes pulsions trucidières et motivée à reprendre le clavier. Sauf que-sauf que... après Canalblog qui merdouille, c’est mon modem qui clignote de partout ! J’hallucinogène ou les machines se rebiffent en ce jour férié ?! Mais je ne me ferai pas avoir deux fois, ah ça non ! Et, sur les bons conseils de July, je déclare mon dossier Word « articles-blog » rouvert ! Ahahahahahaaaaaaaa !!! Prends ça Canalbeurk !! Tu peux me buguer à la gueule tant que tu voudras, tous mes articles seront dorénavant sauvergardées tels les joyaux de la couronne ^^

Je ne sais donc pas exactement quand je pourrai publier ces quelques lignes mais on ne va pas s’angoisser pour ça, hein ! N’oublions pas qu’un blog, c’est fait pour se détendre, bordel de merde !!!!!

Pour que cette journée bloguesque ne soit pas totalement vaine, je vais vous parler d’un livre que j’ai emprunté hier à la bibliothèque (j’écris « hier » en espérant publier aujourd’hui, huhu !), lu et terminé dans la foulée. Ne cherchez pas à m’inscrire à Questions pour un champignon, l’ouvrage en question ne comptait que 155 pages.

Certains d’entre vous connaissent peut-être l’auteure pour son livre Le mec de la tombe d’à-côté dont on a pas mal entendu « parler » sur la blogosphère. En ce qui me concerne, moi, personnellement, je ne l’ai pas encore lu, mais je fais toujours confiance aux Editions Gaïa, qui publient beaucoup d’auteurs venus du froid. Sans compter que j’adore leurs pages roses, censées être confortables pour les yeux mais que je trouve avant tout très girly (dinde power ^^).

Entre Dieu et moi, c'est fini est le premier volet d’une trilogie destinée aux (grands) ados mais qui, je vous (r)assure, plaira aussi aux grands tout court. En effet, le sujet se prête plus à la sériosité que, par exemple, la saga vampirique de Melissa de la Cruz dont je vous parlais la semaine dernière.

Point de vampires dans ce paysage suédois (par contre, ça m’fait penser, je vous conseille encore le film Morse) mais une jeune fille de 16 ans, prénommée Linnea, pleine de complexes et de contradictions. Grande perche d’1m80 aux oreilles qu’elle trouve trop grandes et à la poitrine qu’elle trouve trop plate, elle promène ses problèmes d’ado et ses considérations hautement métaphysiques (je dis ça sans ironie), d’une salle de classe à un gymnase, faisant les yeux doux au beau Markus mais fuyant le collant Henrik. Pas super gâtée côté famille, entre un père absent et une mère un peu névrosée, Linnea peut néanmoins compter sur sa meilleure amie Pia, tout aussi grande qu’elle, mais plus séductrice et plus mystérieuse. Comme la quatrième de couverture nous dévoile ce point de l’histoire (ce que je trouve un peu dommage), je vais me permettre de vous en parler aussi (après tout, si vous mettez la main sur ce livre, vous allez forcément le retourner pour lire le résumé, non ?) : ce qui encourage Linnea à se confier à nous, comme au mur du dressing de sa chère grand-mère, c’est le suicide de Pia, un geste qu’elle ne parvient pas à expliquer mais qu’elle ne peut s’empêcher de se reprocher. Entre Dieu et moi, c'est fini fonctionne donc comme un journal intime rétrospectif (il y a un mot pour ça ?) qui permet à Linnea de revenir sur ses « 120 jours sans compter les week-ends » d’amitié avec Pia.

L’auteure a alors choisi de mettre dans son roman autant d’humour que de sérieux, de tragique que d’éclats de rire. A certains moments, Linnea m’a rappelé Georgia Nicolson dont je vous ai déjà parlé. C’est l’adolescente-type, ni hyper-populaire, ni introvertie, qui essaye de se fondre dans le décor tout en s’affirmant lorsque l’occasion est bonne. Mais le personnage le plus attachant est sans aucun doute Pia, peut-être parce qu’on connaît son triste sort, mais pas seulement. Pia est une grande gueule comme je les aime : elle se s’exprime pas pour se faire remarquer mais parce qu’elle a des choses à dire. Linnea ne connaissant pas les raisons qui ont motivé son acte, on essaye forcément de trouver des indices à travers les faits qu’elle nous rapporte. Si aucune véritable "solution" semble s’imposer au terme de ce court roman, il ne faut pas oublier que deux autres suivent !!

Un premier tome qui m’a vraiment emballée, qui m’a fait rire et réfléchir, tout en me rappelant ma propre adolescence (adolescence exaltante, je précise). J’espère mettre la main sur la suite dès demain pour vous en parler au plus vite ;)

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05 novembre 2009

Les vampires de Melissa de la Cruz

vampires

Halloween n'est pas si loin, il est donc toujours temps de célébrer la fête de la frousse à grands coups de bit-lit !

Il y a quelques semaines, j'ai commencé la saga vampirique de Melissa de la Cruz à mon grand étonnement. La quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire pour ados, mélange de Twilight et de Gossip Girl. Si j'aime assez me faire quelques épisodes de Gossip Girl pour le personnage de Blair, les livres m'ont vite agacée. Quant à Twilight, je n'accroche vraiment pas. Je suis pourtant repartie à la maison, cette couverture violette sous le bras !

Ce premier tome nous permet de faire connaissance avec une bande d'adolescents très friqués de Manhattan, qui étudient dans un lycée apparemment réputé. Comme dans chaque établissement scolaire, il y a ceux qui font tapisserie et ceux qui sont "populaires". A la tête de ce clan se trouve Madeleine -Mimi- Force qui ne fait pas trois pas sans son frère jumeau, Jack, et qui enchaîne les conquêtes. Du côté des gueux (!), il y a Theodora Van Allen, qui est secrètement amoureuse de Jack, et son meilleur ami Oliver, qu'on imagine volontiers secrètement amoureux de Theodora. Entre ces deux clans (oui, attention, ça se complique) vivote la petite nouvelle, Bliss, fraîchement débarquée de son Texas natal, avec sa bouche en coeur et une belle-mère au goût douteux, sapée en Versace. Tout ce beau monde parvient à se tolérer gentillement jusqu'au drame : une élève du lycée est retrouvée morte, totalement vidée de son sang.

Malheureusement, le titre français gâche tout effet de surprise puisqu'on se doute, avant même d'avoir commencé le roman, qu'il sera question de vampires. Ce premier tome nous permet alors tout simplement de faire connaissance avec les divers personnages, il met -doucement mais sûrement- l'intrigue en place, et révèle les véritables identités de chacun.

Si j'ai eu beaucoup de mal à entrer dedans (j'ai mis presque une semaine à le lire), j'ai totalement dévoré les trente dernières pages dans lesquelles l'action s'emballe carrément avant de s'arrêter soudainement. Bouuuuh !!!

sang_bleu

A la fin du premier tome, nous savons donc qui est vampire, qui ne l'est pas, qui est gentil, qui est méchant (enfin, plus ou moins, il faut ménager le suspense !). Mais on sait surtout que les vampires s'appellent les "Sang-Bleu" par opposition à leurs ennemis jurés les "Sang-d'Argent", des vampires qui ne se nourrissent pas du sang des humains mais du sang des vampires, les laissant pour morts. Il est donc question ici pour Theodora, qui est la véritable héroïne de cette saga, de retrouver son grand-père censé l'aider à démasquer les méchants Sang-d'Argent. Ce tome est également marqué par l'arrivée d'un nouvel élève, très étrange, arrogant et passionné par le côté obscur de la force ! Alors, vrai ou faux méchant, that's the question !!

A côté de cette intrigue "sérieuse", il faudra évidemment compter sur toutes les petites histoire d'amûûûûr qui se tissent entre les personnages : Jack succombera-t-il à Theo ? Pourquoi Mimi réagit-elle comme une tigresse dès qu'une fille s'approche de son frère ? Oliver est-il vraiment amoureux de sa meilleure amie ? Mais aussi sur les amitiés naissantes et les gros coups de pute (Mimi Force est une sacrée petite vermine !!).

Ce second tome, qui se termine sur cette phrase très frustrante : "je sais qui est le Sang-d'Argent", m'a beaucoup plus passionnée que le premier et je l'ai lu en deux petites soirées.

Si vous entamez cette série, vous ne devez donc pas vous décourager après avoir lu le premier tome qui est, en fait, une très longue introduction. L'action, la vraie, c'est dans le deuxième tome (et les suivants) que vous la trouverez !!

Le style de l'auteure est évidemment très simple mais pas simpliste, et si les ados se tournent autour (vive la figure du vampire pour illustrer le passage à l'âge adulte, les bouleversements physiques et l'éveil de la libido !), ils sont nettement moins agaçants qu'Edward et Bella en mode "je t'aime, moi non plus".

Une saga qui me plaît donc beaucoup, qui mélange le chic made in Manhattan, la mythologie vampirique (version américaine, hein !), le suspense et un soupçon de pintaderie !

Vivement que le tome 3 soit disponible à la bibliothèque ^^

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29 octobre 2009

Aidez-moi chers lecteurs :))))))))

On dirait pas comme ça, mais y en a qui bossent dur. En l'occurrence moi-même, ici présente ^^

La preuve :

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Je sens bien que vous n'êtes pas entièrement convaincus !

Alors, oui, je passe le plus clair de mon temps vautrée sur mon lit, oui, je suis entourée de livres et de magazines, mais je travaille d'arrache-pied malgré tout !

Comme je viens, après un an de dur labeur, de rechanger mon sujet de thèse (je suis, disons, indécise de nature ^^), je dois reprendre mes recherches du début. Enfin presque, puisqu'en réalité, mon sujet de thèse prend la suite de mon sujet de Master, j'ai donc déjà beaucoup de matière.

J'en suis donc au moment le plus agréable de la recherche, quand on passe ses journées le nez dans des ouvrages en tout genre, devant des documentaires ou des films. On peut travailler au lit sans même culpabiliser, passer la journée à regarder des DVD en disant aux mauvaises langues "non mais tu comprends rien, c'est trop en rapport avec mon sujet" (alors qu'en fait, on regarde Sex&the City pour la centième fois ^^).

Après cette période finalement très reposante, où on a l'impression d'être seul au monde, viendra le redouté moment de la rédaction. Redouté par moi, en tout cas, car en tant que grande insatisfaite, j'ai toujours du mal à me lancer dans l'écriture, de peur de "mal faire". J'ai pourtant bien compris le principe du traitement de texte qui permet de revenir sur ce qu'on a écrit, n'empêche, je suis toute bloquée !

En essayant de ne pas trop angoisser à l'avance, je compte bien profiter des six mois à venir où je vais pouvoir lire dans mon lit en toute impunité !

Le but de cet article n'étant pas de faire la promotion du doctorat, revenons-en à mon appel à l'aide.

Comme je sais qu'il y a parmi mes lecteurs (de blog) beaucoup de lecteurs (de livres), je me suis dis que vous pourriez peut-être m'aider.

Je suis à la recherche de livres (ahah) de genre fantasy, fantastique ou science-fiction, où il serait question de naissances.

Par exemple, dans La sève et le givre, Léa Silhol met en scène la naissance d'Angharad dont la mère, une Dryade, a dû, pour donner la vie, prendre celle d'un mortel. Les "naissances" à la Frankenstein me vont très bien aussi (voyez, je ne suis pas difficile ;))

Dites-moi que vous avez plein d'idées !!!!

Posté par yottidottir à 20:28 - Encore des mots, toujours des mots... - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2009

Une (irrésistible) envie de sucré, de Meg Cabot

une_irresistible_envie_de_sucr_Une bonne dizaine de livres attendent de vous être présentés depuis des semaines mais je ne peux résister à l'envie de vous parler de celui que j'ai dévoré pas plus tard que ce week-end.

Avec sa couverture trop rose et son titre trop niais, je ne m'étais jamais approchée à moins d'un mètre de ce livre pour adolescentes (selon Albin Michel qui le publie dans sa collection Wiz). C'est que la frontière entre littérature rafraîchissante et gros navet débile est très mince. Mais à force de lire de bonnes critiques sur l'ensemble des romans de Meg Cabot, et sur celui-ci en particulier, sur différents blogs, j'ai eu envie de me laisser tenter.

J'ai donc commencé par lire la quatrième de couverture et, Ô surprise, l'histoire n'avait pas l'air complètement mièvre.

L'héroïne d'Une (irrésistible) envie de sucré n'est pas une adolescente mais une jeune femme de vingt-huit ans, prénommée Heather, une ancienne star de la pop pour teenagers, trahie par sa mère qui s'est envolée avec tout son pactole, trompée par son fiancé et chassée par son producteur lorsqu'elle lui a proposé de chanter ses propres titres plutôt que des niaiseries. L'ex-idole des jeunes est donc devenue directrice adjointe d'une résidence universitaire et cohabite avec le frère de son ex, vilain petit canard de sa famille, un détective privé sexy dont elle est secrètement amoureuse. La vie de Heather n'est donc pas aussi rose que la couverture du roman, d'autant qu'en dix ans de carrière elle a pris tout autant de kilos.

Alors qu'elle effectue ses six mois d'essai, un drame vient secouer la résidence new-yorkaise où elle travaille : une jeune étudiante décède. Ce qui est vu comme un accident par tout le monde est aussitôt rangé dans la case "meurtre" par Heather. Ses soupçons sont largement confirmés lorsqu'une seconde étudiante trépasse à son tour. Heather va donc se lancer sur les traces du serial-killer, tout en tentant de mettre un peu d'ordre dans sa vie aussi morne que chaotique.

pushing_daisies

Cette lecture a donc été pour moi une excellente surprise. Heather est une parfaite héroïne de chick-lit, drôle, maladroite, amoureuse et quelque peu désespérée. Elle n'est ni richissime, ni sublimissime mais elle a un sacré paquet d'atouts dans sa besace ! Il faudra tout de même m'expliquer pourquoi ce roman qui, d'après moi, s'adresse aux jeunes femmes et aux femmes, est sorti dans une collection jeunesse. L'histoire, sans être réservée aux adultes, n'est pas vraiment faite pour des gamines de quatorze ans. Heather trouve tout de même la sylphide Tania Trace en train de faire une plume à son mec. Non mais !

sucette

En plus d'avoir créé une héroïne franchement chouette, Meg Cabot a su tricoter une histoire aussi girly que prenante. Miss Marple en carton, Heather se lance dans une enquête qui tient largement la route et qui nous réserve même son petit lot de surprises et rebondissements ! Pour tout vous dire, même si je m'attendais à ce que l'assassin soit *** (hahaha !!!), je ne me doutais pas de son mobile ni de sa part d'ombre (ça vous excite, hein ?!).

Amour, humour et suspense sont donc au rendez-vous dans ce roman, le premier d'une trilogie dont je souhaite irrésistiblement venir à bout au plus vite ! Oui, je suis accro ^^

pushingdaisies

Seule petite ombre au tableau, la traduction française des titres, qui ne met franchement pas en valeur les livres, alors que les titres originaux sont drôles et en parfaite cohérence avec la personnalité d'Heather.

Jugez plutôt :

Une (irrésistible) envie de sucré/ Une (irrésistible) envie d'aimer/ Une (irrésistible) envie de dire oui pour Size 12 is not fat/ Size 14 is not fat either/ Big Boned.

On est d'accord ?!

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12 octobre 2009

Manger ou lire, pourquoi choisir ?!

Petite baisse de moral ces derniers jours que j'ai essayé de vaincre à grands coups de petits plaisirs ! Et comme je suis entourée de personnes adorables, j'ai aussi reçu pas mal de petits cadeaux, hihi !

Comme je compte poursuivre encore quelques jours "la semaine littéraire", je me dois de vous montrer mes dernières trouvailles livresques, accompagnées de quelques douceurs.

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Lors de ma petite virée hebdomadaire à la bibliothèque, je me suis aventurée vers le rayon littérature de jeunesse que je ne fréquente jamais (à part pour les Harry Potter). Je suis repartie avec Les vampires de Manhattan, que je compte lire ce week-end, mais surtout avec les aventures de Georgia Nicolson, dont je vous ai déjà dit quelques mots. J'adooooooooooore cette série de Louise Rennison. Georgia est le personnage parfait pour remonter le moral aux plus déprimés (à prescrire d'urgence pour passer l'hiver donc !). Je me paye de gros fous rires à chaque page, même dans les transports, ce qui pourrait être gênant si je me souciais des têtes de bois qui m'entourent !

J'ai trouvé les deux autres romans, pour adultes cette fois, dans une brocante tout près de chez moi, au prix très intéressant de cinq euros les deux ! Une aubaine quand on sait qu'il s'agit de deux nouveautés et qu'ils sont donc en parfait état ! J'avais lu et adoré les deux premiers romans de Lisa Unger et, même si je suis déçue de ne pas retrouver l'héroïne de ses débuts, je suis ravie de retrouver la plume légère et l'imagination tordue de l'auteure ! Quant à La Chute de John Stone, il m'a tout d'abord attirée par sa couverture, puis, après avoir lu le résumé, je n'ai pas pu me résoudre à repartir sans l'embarquer. L'auteur promet de nous emmèner dans le Paris de la Belle Epoque, à Londres et dans des palais vénitiens. Prometteur !

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Le jour de mon anniversaire, une fromagerie a ouvert au pied de mon immeuble. Vous vous en fichez ? Et bien pas moi, car, à l'instar d'une certaine Amélie Poulain qui aime plonger ses mains dans les grains de café, j'aime promener mon nez au-dessus des fromages qui puent ! Inutile de vous dire que je me régale de mille saveurs fromagères ! Mais cette fromagerie ne se contente pas de vendre des camemberts, on y trouve également de la soupe fraîche trop miam, tout plein de gâteaux (ici, aux pépites de choco), des petits feuilletés au fromage, et surtout, de la limonade artisanale aux saveurs étonnantes (ici, à la violette, mon parfum préféré) ! Autres petits plaisirs-cadeaux, deux gros macarons, à dévorer devant un bon film, au chocolat pour les p'tits gars, à la fraise pour les balaises, et une nouvelle grosse tirelire-cochon pour ma collection ^^

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La semaine prochaine, promis, je vous parle de Spectaculaire : la fêtes des sorties culturelles, qui s'est tenue devant la BNF il y a deux semaines. L'occasion surtout de vous faire partager mon repérage culturel pour la saison 2009/2010 ! Saines lectures avec le nouveau Citizen K, que j'ai seulement feuilleté pour l'instant et le dernier Arts Mag, que j'ai dévoré !! Si je ne vais pas voir l'expo Renoir avant la fin du mois, je me pends !! Cette exposition a l'air merveilleuse et Renoir est un peintre que j'ai beaucoup étudié, je suis donc surexcitée ^^

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Petits cadeaux bretons offerts par ma chère Mère qui m'a abandonnée pendant une semaine (culpabilisation power ^^). Une bougie, un petit cochon, un rat de bibliothèque en coquillages, un essuie-mains Bécassine, un petit haut marin, mais surtout des galettes et des crèpes fraîches qui ont été engouties en moins de deux, des sablés pur beurre (miam), des caramels au beurre salé et des oeufs de mouettes en chocolat ! Huuummmmmm !! C'est quand-que tu r'pars en vacances maman ?!!

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Petit tour chez Gibert Jeune à l'affût de bonnes affaires à faire samedi et voici mon butin : Journal d'une sorcière de Célia Rees, que je compte terminer cet après-midi, Un chant de Noël de Charles Dickens (il était temps !), La Belle rouge de Poppy Z. Brite (la suite de Alcool sorti l'année dernière) et Refaire le monde de Julia Glass, l'histoire d'une pâtissière new-yorkaise !!

Les douceurs semblent vraiment liées à la littérature !

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09 octobre 2009

La voleuse de livres, de Markus Zusak

la_voleuse_de_livresIl y a des livres qu'on achète parce qu'ils nous ont été recommandés, d'autres que nos amis nous prêtent, et d'autres encore que nos professeurs nous infligent (si, si !). Et puis il y a ces autres livres, qui nous attirent au premier coup d'oeil, par leur titre ou leur couverture. La Voleuse de livres fait partie de cette dernière catégorie puisque ce roman a pour lui une sublime couverture et un titre accrocheur, prometteur, fait pour attirer dans ses filets tout lecteur compulsif qui se respecte !

Alors que je venais de terminer Le cercle litteraire blablabla dont je vous parlerai bientôt, j'ai eu une soudaine envie de m'attaquer à ce roman pour jeunes adultes qui trônait dans ma PAL depuis des semaines. Car il faut savoir que si un lecteur compulsif peut faire des pieds et des mains pour obtenir le livre qu'il a en tête, il ne le lit pas forcément tout de suite ! Le posséder étant déjà un immense plaisir (vous pensez que cela se soigne ?!). Après mon séjour à Guernesey, je voulais encore lire une belle déclaration d'amour à la lecture, aux mots, aux livres, et je n'ai pas été déçue.

La narratrice de ce roman passionnant est assez étonnante puisqu'il s'agit de la Mort en personne. Alors que le monde est en guerre et les nazis de sortie, la Mort n'a jamais eu autant de travail. Les corps se succèdent entre ses bras, les yeux des humains la hantent, la folie des hommes l'interpelle. Elle se propose alors de nous raconter l'histoire de Liesel Meminger, une petite fille de neuf ans, confiée par sa mère à un couple, Hans et Rosa Hubermann, vivant dans la petite ville -fictive- de Molching, entre Munich et Dachau. Liesel, dont le frère a rencontré la Mort pour une dernière danse durant le voyage, s'adapte peu à peu à sa nouvelle vie, retrouve le chemin de l'école et se fait des amis, et surtout un meilleur ami, l'intrépide Rudy Steiner. Mais Liesel demeure obsédée par la mort de son frère dont elle rêve chaque nuit. Pour la consoler, son père adoptif vient la rejoindre après chaque cauchemar dans sa chambre et, pour lui changer les idées et l'aider à se rendormir, lui apprend à lire grâce à ses maigres connaissances. Liesel progresse et se passionne pour la lecture. Malheureusement, sa famille ne peut lui offrir autant de livres qu'elle le souhaiterait ; c'est ainsi qu'elle devient voleuse de livres !

Mais ce roman nous invite à découvrir bien plus que la carrière atypique de Liesel. Il nous plonge dans l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale, nous permet de découvrir la guerre côté allemand, avec son lot de fanatiques mais aussi ces hommes et ces femmes qui sont venus en aide comme ils le pouvaient aux Juifs. Comme Rosa et Hans Hubermann qui recueillent dans leur sous-sol Max, un boxeur juif, le fils d'un ancien compagnon de tranchées de Hans. Lui aussi jouera un rôle dans la passion littéraire de Liesel ; il lui fera prendre conscience de l'importance des mots, de leur magie, de leur pouvoir.

Mais La Voleuse de livres nous permet avant tout de découvrir une petite fille attachante, ni tout à fait adorable, comme dans les belles histoires, et loin d'être détestable. Une petite fille comme les autres qui, auprès de gens extraordinairement ordinaires, va apprendre la vie, l'amour, l'importance de la famille, de l'amitié et de la solidarité.

Si certains lecteurs ont été gênés par la narratrice et son ton quelque peu distant, j'ai trouvé que ces éléments étaient au contraire la grande force de ce roman. La Mort n'est ni mauvaise, ni compatissante. Elle fait son travail, tout en se rendant bien compte de l'horreur qui se déroule devant ses yeux. Mais que peut-elle y faire ?

Ce roman m'a vraiment enthousiasmée, par l'originalité de son sujet, ses personnages attachants, et bien sûr, l'omniprésence des livres.

Mais ce qui m'a bouleversée, c'est la relation qui unit Liesel à Hans, son père adoptif. Si dans la littérature, le cinéma, les séries, la relation mère-fille est sur-employée, la relation père-fille est très peu exploitée. Or, je la trouve bien plus intéressante, moins complexe mais plus pudique, plus belle car moins évidente. Le personnage de Hans m'a beaucoup émue, pour ce qu'il est mais aussi pour ce qu'il représente : un papa aimant, maladroit mais toujours présent.

Dans le tag de lundi, je vous disais que ce roman m'avait fait verser de grosses larmes. En effet, les vingt dernières pages sont terriblement poignantes, mais je dois aussi dire que de nombreux passages m'ont fait beaucoup rire !!

Un très beau roman, proche de la perfection dont j'attends l'adaptation ciné avec impatience !!

Posté par yottidottir à 08:30 - Encore des mots, toujours des mots... - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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