01 juillet 2009
L'homme du lac, d'Arnaldur Indridason
Le quatrième volet des aventures du commissaire Erlendur est sorti en poche il y a quelques semaines et c'est avec grand plaisir que je m'y suis plongée.
Après les très enthousiasmants La Cité des jarres et La Femme en vert puis le décevant La Voix, Arnaldur Indridason nous revient avec un excellent polar qui se laisse dévorer en quelques soirées.
Cette nouvelle enquête commence lorsque un squelette est découvert dans le lac de Kleifarvatn à quelques kilomètres de Reykjavik. Le seul indice à la disposition d'Erlendur et de ses fidèles acolytes, Sigurdur Oli et Elinborg, est l'émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques ayant servi à lester le cadavre.
Comme toujours dans les livres d'Arnaldur, c'est dans le passé que le commissaire Erlendur trouvera la clé du mystère. Sauf que cette fois-ci, l'enquête nous éloigne des terres islandaises pour nous mener en Allemagne de l'Est, à la rencontre d'étudiants de toutes nationnalités, venus étudier à l'université de Leipzig, où ils vont découvrir l'autre visage du socialisme, l'espionnage, la dénonciation,...
Multipliant les pistes et donc les fausses-pistes (!), Arnaldur nous offre une intrigue palpitante, construite d'une certaine manière comme celle de La Femme en vert puisque qu'à la voix du commissaire se superpose celle d'un inconnu qui nous raconte la vie des étudiants dans l'Allemagne des années 50-60. Ce roman est donc, de ce point de vue, très intéressant puisqu'il aborde la politique, la Stasi, la Révolution hongroise et nous montre encore une fois que l'Islande a aussi sa part d'ombre.
Du côté des personnages, c'est toujours un plaisir de retrouver Erlendur, avec sa misanthropie qui pourrait en faire le cousin islandais du Docteur House et qui le rend bizarrement séduisant. On le retrouve ici en compagnie de la femme mariée rencontrée pendant l'enquête de La Voix. Couchera-couchera pas, that's the question !! On découvre que la nouvelle carrière d'Elinborg marche plutôt fort et un Sigurdur Oli harcelé. On a également la bonne surprise de pouvoir faire enfin connaissance avec Sindri Snaer, le fils d'Erlendur, et d'entendre un peu moins parler d'Eva Lind, sa fille, qui devient un peu pénible.
Ce quatrième roman est pour moi le plus "drôle" de la série avec quelques touches d'humour islandais qui m'ont fait beaucoup rire :
"- Donc il ne s'agissait pas d'une exécution pure et simple par une balle dans la nuque, par exemple ?
- Une exécution ? s'étonna Elinborg. Nous sommes Islandais. La dernière exécution en date s'est passée à la hache."
Une enquête passionnante, des personnages sympathiques que l'on découvre un peu plus, une bonne dose d'humour noir, encore un excellent cocktail servi par Monsieur Arnaldur !
19 mai 2009
Je m'appelle Isbjörg, je suis lion, de Vigdís Grímsdóttir
Je préfère vous prévenir, je risque de pas mal causer livres ces prochains jours car, à force de toujours raconter des bêtises, j'ai pris beaucoup de retard dans mes critiques livresques ! Mais ne vous faites pas de mouron pour autant, j'ai toujours quelques conneries articles hautement passionnants en réserve rien que pour vous !
Pour changer -hum hum- voici un des romans d'une célèbre auteure islandaise, Vigdís Grímsdóttir, dont le premier roman Lumière froide (Cold Light ou encore Kaldaljós, pour ne fâcher personne) publié en 1987, a été adapté au cinéma, avec dans le rôle principal mon acteur islandais préféré, celui dont je suis sercrètement amoureuse depuis que je l'ai vu dans Les Anges de l'univers, Ingvar E. Sigurðsson (alias le commissaire Erlendur).
Deux ans plus tard, alors qu'elle a gagné une certaine notoriété en Islande, elle publie son deuxième roman, Je m'appelle Ibjörg, je suis lion, qui sera adapté au théâtre mais qui, surtout, la fera connaitre hors des frontières islandaises. Le roman, traduit par François Emion, est publié en France en 1996 par Les Presses Universitaires de Caen.
Si ce roman semble avoir séduit un large public, je dois avouer que je n'ai pas été emballée plus que ça par sa lecture.
Il est question ici d'une jeune femme, Isbjörg, qui se trouve en prison pour un fait assez grave, qu'elle assume pleinement. Elle reçoit alors la visite de son avocat, qui souhaite lui trouver un éventuel mobile ou au moins des circonstances atténuantes, qui lui permettraient de défendre au mieux sa cliente. Isbjörg, qui se contre-fiche du verdict, va utiliser les douze heures qui lui sont accordées pour se raconter à cet homme, qui va subir son incroyable monologue. On découvre alors l'enfance et l'adolescence d'Isbjörg qui a déjà connu des événements bien difficiles pour une si jeune femme. Le roman aborde alors plusieurs thèmes très durs comme l'inceste, le suicide, la folie,... Lorsque, adolescente, elle emménage chez son oncle et sa tante, elle prend conscience qu'elle n'est pas comme les autres, qu'elle ne veut pas être comme les autres. Elle repense aux paroles de son père, un homme constamment révolté contre les injustices de la société, un homme aux pensées un peu extrêmes, qui a inculqué à sa fille l'importance d'être forte. Forte comme un lion... voilà ce que veut devenir Isbjörg, souhaitant se protéger des autres, de la vie. Elle devient froide, distante, mais aussi hautaine, pleine de cynisme par rapport au monde qui l'entoure... Jusqu'au dérapage qui conduira directement ce lion en cage.
Vigdís Grímsdóttir propose donc un personnage féminin comme je les aime, forte, manipulatrice, plutôt malsaine et légèrement cinglée. Le problème, c'est que je n'ai pas accroché avec le style d'écriture utilisé, qui correspond pourtant très bien au caractère du personnage. Difficile dans ces conditions de dire bêtement et simplement que je n'ai pas aimé ce roman.
J'ai notamment beaucoup aimé sa construction en douze chapitres, qui correspondent au douze heures de l'entretien entre Isbjörg et son avocat. En revanche, j'ai trouvé le tout très bavard, certains passages m'ont semblé d'une longueur intenable, tandis que l'accumulation de phrases très brèves m'a très rapidement gênée. C'est un des ressorts de l'écriture que je n'ai jamais su apprécier, il me faut des phrases longues, qui s'enchainent et vont droit au but. Ce qui m'a rebutée dans ce roman est donc très personnel, et les lecteurs qui savent apprécier les livres très "écrits", très travaillés, seront sans doute plus aptes que moi à aimer ce livre. Ces enchainements de mots sans fin, qui traduisent le besoin de la jeune femme d'être écoutée, me laissent toutefois imaginer un lourd travail de traduction, que je salue encore une fois.
Pour finir sur une touche un peu plus positive, laissez-moi me rincer l'oeil cinq minutes

Ingvar E. Sigurðsson

09 avril 2009
Le Temps de la Sorcière, d'Arni Thorarinsson (lu pour le challenge abc)
Encore une fois, je vais vous parler d'un polar islandais mais qui, ô miracle, n'est pas l'oeuvre d'Arnaldur.
Le héros d'Arni Thorarinsson n'a d'ailleurs rien à voir avec le commissaire Erlendur, et ce polar ne doit en aucun cas être comparé à ceux dont j'ai pu vous parler auparavant.
Le Temps de la Sorcière met en scène Einar, un journaliste, qui se retrouve exilé à Akureyri dans le nord de l'Islande et affecté à une rubrique pas des plus palpitantes. Il partage un appartement avec sa collègue photographe, Joa, et une perruche qu'il considère comme "sa femme". Non, la vie d'Einar n'est pas simple, surtout qu'il a décidé de mettre son foi au repos en arrêtant de boire.
Alors qu'il est en train de dépérir dans son "placard", Einar met le doigt sur une affaire un peu plus croustillante que ses habituels micros-trottoirs : alors qu'une femme vient de trouver la mort au cours d'une excursion organisée par son entreprise, la mère de celle-ci, une vieille femme que tout le monde dit cinglée, informe le journaliste que selon elle, la mort de sa fille n'a rien d'un accident et qu'elle arrange plutôt bien son gendre.
Au même moment, Skarphédinn, un lycéen charismatique (et personnage qui se révélera très TRES intéressant) qu'Einar avait interviewé, est retrouvé mort, brûlé sur un tas de pneus, alors qu'il s'apprêtait à tenir le premier rôle dans la pièce Loftur le Sorcier.
Einar va alors mener sa propre enquête jusqu'à s'apercevoir que ces deux affaires totalement différentes en apparence sont en fait liées.
Présentée ainsi, vous allez peut-être penser que l'intrigue est un peu simple : deux histoires anodines se recoupent pour mener vers une seule méga-sordide affaire. Et bien, vous vous fichez le doigt dans l'oeil car le petit Einar, il va en chier pour découvrir le pot-aux-roses ! Tout le déroulement de sa quête (laissons les enquêtes aux flics) est palpitant ! On va de rebondissement en découverte, de découverte en surprise : chaque fin de chapitre nous donne envie de passer au suivant sans jamais s'arrêter (j'ai lu les quatre cents pages en deux jours).
Mais ce que j'ai aimé, encore plus que le délire policier, c'est le style de l'auteur et le personnage d'Einar ! Arni Thorarinsson a un style qui décoiffe et a su créer un bonhomme très attachant et surtout très drôle ! Einar est un looser, pas si looser que ça, et extrêmement sympathique, qui enchaîne jeux de mots et blagounettes débiles (surtout lorsqu'il est avec "sa femme" !)
Le Temps de la Sorcière est également très intéressant par ce qu'il nous apprend de la société islandaise. Même si le livre est bourré d'humour, il met en avant les problèmes que rencontre l'Islande qui semble se prendre les problèmes liés à la mondialisation en pleine face. Arni Thorarinsson évoque, comme Arnaldur Indridason, l'invasion de la culture américaine dans la société islandaise (les jeunes emploient de plus en plus la langue anglaise tandis que les retraités sont hypnotisés par Les Feux de l'amour). Il faut aussi dire que les notes du traducteur Eric Boury sont encore une fois très enrichissantes.
Mon seul regret est de ne pas connaître l'oeuvre qui sert de fil rouge tout au long du roman, Loftur le Sorcier, car j'imagine qu'il y a ici un intéressant travail à faire sur l'intertextualité (j'ai toujours adoré décortiquer les oeuvres).
Pour toute ses raisons (intrigue passionnante, style original, personnages hyper fouillés,... ), je vous conseille d'inviter au plus vite Einar à rejoindre votre bibliothèque !
06 avril 2009
La Voix, d'Arnaldur Indridason
Ce troisième roman d'Arnaldur Indridason est un joli conte de Noël islandais... Non, mais vous rêvez là ! Ce serait mal connaître l'auteur ! Si ce troisième ouvrage compte bel et bien dans son casting un Père Noël, celui-ci sent le sapin : portier dans un grand hôtel de Reykjavik (et Père Noël à ses heures), Gulli est retrouvé dans le trou à rat qui lui sert de logis le pantalon sur les genoux, le bestiau à l'air, le préservatif toujours enfilé et surtout poignardé. C'est donc pendant les longues fêtes de Noël que le commissaire Erlendur et ses acolytes, Erlinborg et Sigurdur Oli, vont devoir mener l'enquête.
Comme on s'y attend, la période des fêtes de fin d'année n'est pas la période préférée du commissaire, toujours aussi taciturne malgré le rétablissement de sa fille. Il décide alors de s'installer dans l'hôtel où travaillait Gulli comme portier et homme à tout faire, pour le bien de son enquête mais surtout pour fuir l'excitation de Noël. Etant donné que personne ne semble rien savoir au sujet de Gulli, à part le fait qu'il vit dans un placard amélioré dans les caves de l'hôtel depuis des années, la première mission d'Erlendur sera donc d'en découvrir davantage sur la victime afin de découvrir son assassin. Son enquête va le mener vers la famille de ce Gulli, qui a coupé les ponts avec lui depuis des dizaines d'années, vers des collectionneurs de 45 tours, amateurs de voix d'enfants, mais aussi vers la drogue, la prostitution, bref, sur la route du glauque.
Malheureusement, si tout cela s'annonçait prometteur, je n'ai pas été séduite par ce roman trop lent, par cette enquête trop décousue et par cet Erlendur statique, comme engourdi par le froid.
C'est dommage car il y a bien des points positifs dans ce roman mais ils ne suffisent pas à faire de La Voix un policier aussi plaisant que La Cité des Jarres ou La Femme en vert.
Comme dans ses deux précédents romans, Arnaldur Indridason se sert du passé pour faire la lumière sur le présent et ainsi mieux le comprendre. On a donc de nombreux flash-back qui nous permettent de découvrir l'enfance de Gulli mais ces passages sont tellement lourds qu'ils finissent par nous sembler inutiles au déroulement du récit. Parallèlement à l'enquête d'Erlendur, on découvre une enquête qu'a menée Erlinborg. Si celle-ci est très intéressante dans un premier temps (presque plus intéressante que l'enquête d'Erlendur), elle nous laisse carrément sur notre faim. C'est dommage...
Je pense que La Voix souffre beaucoup du fait qu'il met trop à l'honneur le commissaire. Dans La Femme en vert, on découvrait son lourd secret qui nous permettait de mieux comprendre son caractère renfermé, mais dans La Voix, on retrouve notre Erlendur totalement écrasé par sa douleur, tellement focalisé sur elle qu'il ramène chaque point de son enquête à sa propre vie. On le sent totalement impuissant, comme subissant chaque journée comme une lourde peine. Je n'ai pas non plus adhéré au personnage de la technicienne qui tape dans l'oeil d'Erlendur. Elle est inutile, même si on est heureux de voir notre bon commissaire retrouver un semblant de vie sociale, et n'apporte rien au récit.
L'enquête en elle-même ne m'a franchement pas passionnée non plus, comme je le disais plus haut, elle est décousue, lente et lourde. On a vraiment l'impression que tout ça ne va jamais finir. Et pourtant... Il y a bel et bien une fin, mais celle-ci est tellement décevante qu'on aurait préféré qu'elle n'arrive jamais ! Torchée en vingt pages, complétement bâclée, prévisible et idiote, elle ne m'a pas du tout surprise.
Ce qui est dommage c'est qu'il est vraiment nécessaire de lire les romans d'Arnaldur Indridason dans l'ordre et surtout de ne pas en sauter un, sinon mon bon conseil du jour aurait été : passez votre chemin.
02 avril 2009
La Femme en vert, d'Arnaldur Indridason (lu pour le challenge abc)
Ce deuxième roman de l'Islandais Arnaldur Indridason est largement à la hauteur de son aîné, La Cité des Jarres, adapté au cinéma en 2008.
On retrouve avec plaisir nos trois flics de choc, la romantique Elinborg, le cucul (si, si, il est un peu cruchon) Sigurdur Oli et bien sûr, l'inégalable commissaire Erlendur pour une enquête très dense, qui multiplie les pistes et qui nous rend dingue jusqu'à ce qu'on termine le livre -soit très peu de temps après l'avoir commencé- !
Si l'intrigue de La Cité des Jarres tournait autour de la génétique, celle de La Femme en vert emprunte plus ou moins le même chemin puisqu'elle nous plonge au coeur d'une mini-saga familiale. Alors qu'un chantier a mis au jour un squelette planqué depuis près de soixante ans, Erlendur va devoir trouver de qui il s'agit et surtout pourquoi il a fini ici, enterré le bras tendu, comme un appel à l'aide.
Arnaldur Indridason nous balade donc entre présent et passé, nous ramène dans l'Islande de la Seconde Guerre mondiale où l'on découvre la dure vie d'une mère de famille, battue par son mari. De là à savoir si cette famille a un rapport avec le squelette, rien n'est moins sûr, car l'inspecteur Erlendur n'est pas au bout de ses surprises. En effet, le propriétaire de la maison dans laquelle vivait cette famille a perdu sa fiancée dans des circonstances inexpliquées... Je vous fous la pression là, hein ? !
Parallèlement à son enquête, Erlendur doit toujours survivre dans son propre quotidien, pas toujours facile, surtout depuis que sa fille -qu'on avait quittée enceinte et droguée à la fin de La Cité des Jarres- est plongée dans le coma. Sur les conseils du médecin, Erlendur va alors parler à sa fille presque chaque jour, ce qui sera l'occasion pour nous d'en apprendre bien davantage sur ce drôle de bonhomme taciturne.
La Femme en vert est donc un excellent policier qui m'a fait le même effet que le premier roman de l'auteur. Arnaldur Indridason a le chic pour raconter des histoires hyper glauques mais dans lesquelles on trouve des personnages vraiment très attachants aux destins bouleversants. Les fans du commissaire seront par ailleurs ravis de découvrir quel lourd secret pèse tant sur le coeur de notre flic préféré.
Sinon, j'ai une petite question pour le traducteur, Eric Boury, si jamais il passe par là (on ne sait jamais !) : à quoi correspond l'expression "crétin des Alpes" en islandais ? Vraiment, ça m'intrigue !
24 mars 2009
Quelques nouveautés islandaises
Cela fait un petit moment que je ne vous ai pas parlé de l'actualité culturelle islandaise. Décidément, je manque à tous mes devoirs !
Hier, en faisant mon petit tour sur Allociné, j'ai poussé le vice à regarder les sorties de films jusqu'à fin juin. Du coup, je suis super impatiente devant certaines affiches (j'aime me torturer) et devant une affiche en particulier, celle d'un nouveau long métrage islandais
Mariage à l'islandaise, de Valdis Oskarsdottir
Le pitch (repris sur Allociné étant donné que je n'ai pas vu le film, bien évidemment) : " Un couple de futurs mariés quitte Reykjavik en bus, accompagnés de leurs invités, afin de célébrer leur mariage dans une petite église située à la campagne, à une heure de route de la capitale. Mais le marié est le seul à savoir où l'eglise se trouve et les indications données par le prêtre ne sont pas aussi faciles à suivre que prévu. "
Je ne sais pas vous mais, présenté ainsi, ça me donne super envie d'être enfin au 3 juin, date de sortie de ce film qui s'annonce haut en couleurs ! Vous avez vu l'affiche ? ça sent le gros bordel à plein nez !
Du côté des acteurs, on retrouvera quelques têtes connues puisque nous les avons croisées dans d'autres très bons films islandais. Nous avons pu apercevoir Erlendur Eiriksson, l'acteur principal, dans La Cité des Jarres mais surtout dans Children et Esprit d'équipe, quant à l'actrice principale, Agusta Eva Erlendsdottir, elle interprétait Eva Lind, la fille de l'inspecteur Erlendur dans La Cité des Jarres. J'ai également reconnu un autre acteur qui figurait au casting du polar : Bjorn Hlynur Haraldsson, l'interprète de Sigurdur Oli (l'acolyte d'Erlendur).
Concernant la réalisatrice, Valdis Oskarsdottir, Mariage à l'islandaise semble être sa première réalisation. Néanmoins, elle est loin d'être une débutante puisqu'elle a déjà travaillé sur de nombreux films comme The Sea de Kormakur, The Eternal sunshine... de Gondry, Angles d'attaque de Pete Travis, Mongol de Sergei Bodrov et plus récemment Mister Lonely de Harmony Korine.
Autre sortie de film à signaler, mais en DVD cette fois, il s'agit de
Back Soon, de Solveig Anspach
Sortie en août 2008, cette comédie m'avait super emballée et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, pour Didda Jonsdottir -que j'ai eu pu rencontrer en vrai de vrai !- toujours excellente (on avait déjà pu la voir dans une autre réalisation de Solveig Anspach, Stormy Weather avec Elodie Bouchez). Dans Back Soon elle interprète une mère de famille très atypique qui vend de la marijuana pour arrondir ses fins de mois. Pour enfin réaliser son rêve et celui de ses fils, elle décide de revendre son commerce, autrement dit, son téléphone portable contenant le nom de tous ces clients. A partir de là, elle va vivre deux journées très riches en émotion !
Et puis il y a aussi le personnage de Raphaël, interprété par Julien Cottereau, un étudiant français, venu en Islande pour faire des recherches pour sa thèse portant sur les poètes islandaises (dans la vraie vie, Didda Jonsdottir est connue pour ses poèmes érotico-féministes). Le personnage de Rapahël est certes très amusant (il se tape un bon trip assez délirant) mais il est surtout cher à mon coeur puisqu'il m'a donné envie de travailler moi aussi sur la culture islandaise. Autant vous dire que ce petit frenchie, un peu paumé, qui débarque comme ça, tout seul, sur les terres islandaises, ba il me parle !
En ce moment, je pourrais rebaptiser ce blog Fifi la ruine, donc je vais devoir attendre un peu avant d'acheter ce DVD, mais toi, derrière ton écran, qui ne sais plus quoi faire de ton argent, fonce donc à la Fnac !
Pour finir, un peu de lecture avec la sortie de la revue Carnets D'aventures

On y trouve un dossier de 31 pages sur l'Islande, où plus exactement sur les différentes traversées de l'Islande : à pied, à VTT, à ski.
Bon, que tout soit bien clair entre nous, je ne m'intéresse pas à l'Islande pour les belles randonnées qu'elle propose, moi ce que je veux c'est bouffer du béton, des musées, des maisons d'édition, bref, être au coeur de la vie culturelle. Mais j'avoue que je ne cracherais pas sur une petite randonnée si on me trouvait un guide sympa, et beau, tant qu'à faire. Par contre, hors de question que je grimpe sur des skis, et encore moins sur un vélo. De toute façon, je ne sais pas en faire (je ne vous avais pas dit que j'étais Parigo à 100% et que je n'étais presque jamais sortie de mon boulevard ? ) Ce qui m'intrigue surtout dans ce dossier c'est la partie intitulée La traversée de la rédaction. Je vais pouvoir la lire en pestant : "putain, y'a vraiment des encu*** qui ont des putains de bons boulots !"
On a jusqu'au 31 mai pour acheter la revue (ou la lire par bribes à La Maison de la Presse -Fifi la ruine que j'vous dit !-)
24 février 2009
Le Cheval-Soleil de Steinunn Sigurdardóttir (lu pour le challenge abc)
Le Cheval-Soleil, de Steinunn Sigurdardóttir
Cela fait bien trop longtemps qu'on n'a pas causé culture islandaise sur ce blog. C'est un scandale ! Aujourd'hui, je vous propose un livre qui se savoure comme un bonbon à la menthe, un livre doux et piquant à la fois.
Quelques mots sur l'auteure d'abord. Steinunn est l'une des plus grandes auteures islandaises de notre époque. Reporter pour une importante radio islandaise, elle quitte tout pour se consacrer à sa véritable passion, l'écriture. Après l'Islande, l'Irlande (elle est diplômée de l'université de Dublin) et la Suède, c'est en France que l'auteure pose ses valises pour plusieurs années durant lesquelles elle réside dans le XVIII° arrondissement. Steinunn maîtrise alors parfaitement notre langue et collabore avec un réalisateur français, Yves Angelo, qui adapte pour le cinéma son roman Le Voleur de vie (dont le scénario est coécrit par une autre auteure francophone et francophile Nancy Huston). Aujourd'hui cette auteure cosmopolite vit à Berlin, où elle prépare un nouveau roman.
Alors, que raconte ce Cheval Soleil ? Ce roman nous propose de suivre Lí, une infirmière islandaise, qui vient de retrouver son grand amour. Cet événement bouleversant est pour elle l'occasion de repenser à sa vie. Elle se remémore, et nous raconte, son quotidien de petite fille totalement délaissée par des parents médecins trop occupés à soigner les autres enfants pour prendre soin des leurs, de jeune fille amoureuse qui a rompu trop brutalement et sans autre raison que la peur de s'engager sentimentalement, de femme mariée à un homme qu'elle n'aime pas d'amour mais qui lui a donné deux petites filles. Il y a donc plusieurs voix dans ce roman, plusieurs Lí. Chacune de ses confidences est portée par un style différent, qui met en avant l'important travail d'écriture de l'auteure. Les retours dans le passé de Lí, dans sa jeunesse et dans son adolescence notamment, nous permettent de mieux comprendre l'adulte qu'elle est devenue. Au fil des pages, nous sommes pris d'affection pour cette femme qui n'a jamais vraiment réussi à être heureuse. Le retour inattendu de son grand amour est assurément l'événement le plus important de sa vie, bien plus important que la naissance de ses filles. Cette belle histoire d'amour islandaise se termine de manière vraiment surprenante, on ne sait pas si on doit sourire ou pleurer. Rien que pour cette belle émotion, je vous recommande vivement de chevaucher ce Cheval Soleil.
28 novembre 2008
Festival Air d'Islande, les 5-6-7 décembre prochain à la Filmothèque
Comme je ne serai pas là la semaine prochaine et que je ne pourrai rien poster sur ce blog, je vous fais part de cette petite info avec quelques jours d'avance. En même temps, ça laissera de la marge à ceux que ça intéresse pour s'organiser.
Le festival Air d'Islande nous propose donc pendant trois jours de découvrir une dizaine de films islandais à la Filmothèque de Paris.

Pour ma part, je suis super emballée par cette initiative, non seulement parce que tout ce qui vient d'Islande m'intéresse mais aussi parce qu'il est assez difficile de se procurer ces films. Même la bibliothèque du film (à la cinémathèque) est assez pauvre à ce niveau là. Ce festival est donc l'occasion ou -presque- jamais de faire connaissance avec des réalisateurs peu connus du grand public.
Vendredi dernier, lorsque j'étais au colloque à l'université de Caen, une jeune femme est intervenue pour nous parler de La représentation des genres dans le cinéma islandais du XXI° siècle. Si son développement était passionnant (je ne dis pas ça en l'air puisque j'ai déjà travaillé sur un sujet similaire), il m'a surtout donné envie de constater par moi-même la richesse de ce cinéma, empreint de liberté.
Trève de bavardages et place au programme :
Vendredi 5 décembre:
- 15h- Children, de Ragnar Bragason
- 17h- 101 Reykjavik, de Baltasar Kormakùr
- 19h30- Les enfants de la nature, de Fridrik Thor Fridriksson (précédé de Two Birds, un court métrage de Rúnar Rúnarsson)
Samedi 6 décembre
- 13h- Jar city, de Baltasar Kormákur
- 15h- Les anges de l'univers, de Fridrik Thor Fridriksson
- 17h- Noi albinoi, de Dagur Kari
- 19h30- Esprit d’équipe, de Robert I. Douglas (précédé de Wrestling, un cout métrage de Grimur Hakonarson)
Dimanche 7 décembre Le festival nous propose également de découvrir la musique venue d'Islande avec la projection du documentaire Heima vendredi à 22h, tourné par le groupe Sigur Ros dont nous avons pu découvrir la musique éthérée dans le film Vanilla Sky. Le samedi soir, à 22h, nous pourrons assister à un vrai concert, avec la venue de My summer as a salvation soldier (Þórir Georg Jónsson). J'espère que nous serons nombreux cette année à participer à ce festival. Vraiment, n'hésitez pas à venir, l'Islande, pays très riche culturellement, regorge de trésors. Par contre, je n'arrive pas à trouver les tarifs pour assister aux projections ; je ne sais même pas si les cartes illimitées seront acceptées. Si quelqu'un a plus d'infos que moi...
17 novembre 2008
Deux semaines en Islande : Le festival Les Boréales à Caen du 17 au 30 novembre 2008
J'ai déjà rapidement évoqué ici mon amour pour l'Islande. Cette passion m'amène chaque jour à faire des recherches sur Internet (recherches également motivées par mon rendez-vous de mercredi avec mon ancienne directrice de recherches). En cherchant des informations sur un traducteur, Eric Boury, j'ai découvert que se tenait chaque année au mois de novembre à Caen un festival, Les Boréales, mettant à l'honneur pendant deux semaines la création artistique des pays nordiques. Comme je suis une vraie connasse snobinarde de Parisienne, il ne me vient jamais à l'esprit qu'il se passe des trucs intéressants ailleurs qu'à Paris. Aujourd'hui j'ai été bien mouchée en apprenant, d'une part, l'existence de ce festival, et d'autre part, que cette année le pays mis à l'honneur est l'Islande !

Pendant deux semaines donc la ville de Caen (et ses environs) va vivre à l'heure islandaise (toutefois le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède ne seront pas en reste). Au programme théâtre, danse, cirque, concerts, cinéma, expositions et, ce qui m'intéresse plus particulièrement, littérature. La brochure du festival est plus qu'alléchante ! (http://www.crl.basse-normandie.com/0-actu/boreales-2008/009.html)
Après l'excitation de la découverte, la déception. En effet, alors que le festival commence aujourd'hui, j'ai pensé qu'il était trop tard pour y aller. Puis, en regardant de plus près la brochure je constate qu'aura lieu vendredi 21 et samedi 22 novembre, à l'université de Caen, un colloque international intitulé "L'Islande dans l'imaginaire". Je ne manque jamais de participer aux colloques organisés par ma fac, même si le thème ne m'inspire pas. Impossible donc de louper celui qui se tiendra à Caen et qui correspond tout à fait à mes envies et besoins du moment (à savoir : récolter un maximum d'infos sur la littérature islandaise et accessoirement, me dégoter un directeur de thèse, ahahaha). Plus sérieusement, jetez un oeil aux interventions, et plus encore aux intervenants, pour la journée de vendredi !
- Ouverture du colloque par (entre autres) Vigdís Finnbogadóttir, ancienne présidente d'Islande
- En feuilletant quelques albums français de photos de l'Islande, par MONSIEUR Régis Boyer
- Le réalisme magique chez Sjón : exploration de l'univers mental islandais à travers un de ses romans, par Eric Boury
- La représentation des genres dans le cinéma islandais du XXI° siècle, par Elise Devieilhe
- L'Islande de Jules Verne, par Jean Renaud
- Le philologue et ses manuscrits : autour d'un archétype islandais, par Hélène Tétrel
- Images de l'Islande dans quelques récits de navigation antiques et médiévaux, par Daniel Lacroix
- L'image de l'Islande dans les sagas, par François Emion
Vous voyez bien, je ne peux absolument pas manquer ça !
Et côté expositions, Caen nous gâte également :
- Du 17 novembre au 5 décembre, Paysages urbains d'Islande, de Pascal Felloneau, à la maison de l'étudiant
- Du 18 novembre au 20 décembre, Portées aux nues-Le souffle du temps, d'Adeline Keil, à l'Artothèque.
- Du 21 novembre au 31 décembre, Iceland, terre de feu et de glace, d'Arnaud Guérin, à L'Abbaye-aux-Dames
- Du 22 novembre au 4 janvier, Icelanders, de Sigurgeir Sigurjónsson et Unnur Jökulsdóttir, au musée de Normandie
- Du 22 novembre au 4 janvier, art contemporain islandais, au FRAC Basse-Normandie
Mais là où Caen fait fort, c'est en organisant samedi 22 et dimanche 23 novembre, des rencontres avec des auteurs islandais à l'auditorium du musée des Beaux-Arts. Entre autres, Arnaldur Indriðason, auteur de La cité des jarres, La femme en vert, La voix et L'homme du lac, Sjón, Árni þórarinsson (Le temps de la sorcière attend sur ma table de chevet) et Einar Már Guðmundsson, l'auteur des Chevaliers de l'escalier rond dont je vous ai parlé vendredi. Pour tous ceux qui ont succombé à la Milleniumania (oui j'avoue, je fais partie de ces gens-là), dimanche aura lieu une conférence sur ce phénomène littéraire.
Le programme est vraiment varié et je regrette de ne pas avoir eu connaissance plus tôt de l'existence de ce festival. J'ai quand même réussi à organiser à la dernière minute 24 heures dans la ville pour profiter au maximum des activités et surtout du colloque. Je ferai un tour aux expos mais je ne pourrai malheureusement pas assister aux rencontres avec les auteurs puisque je dois rentrer vendredi soir. Quelle poisse ! Par contre, je m'organiserai une autre journée caennaise puisque certaines expos ne seront pas encore accessibles jeudi et vendredi.
Si vous avez la chance d'assister aux rencontres avec les auteurs ou aux représentations de l'Iceland Dance Company, n'hésitez pas à me raconter, que je vive ces événements exceptionnels par procuration !
14 novembre 2008
Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Már Guðmundsson
Les chevaliers de l'escalier rond, de Einar Már Guðmundsson
C'est quoi ? Jóhann Pétursson, petit bonhomme rêveur et très imaginatif de six ou sept ans, vit dans un quartier populaire de Reykjavik. Alors que tout le monde attend impatiemment la fête d’anniversaire qu’Óli donnera dans deux jours, Jóhann ne trouve pas mieux que de lui asséner un coup de marteau arrache-clou sur le coin de la caboche. La sentence tombe : il ne sera pas convié à la réception. Ceci est vraiment dramatique car tous les ans à l’anniversaire, le tonton d’Óli qui travaille dans la police autorise les gamins à tâter ses muscles d’athlète. Peu importe la punition, Jóhann décide qu’il ira à la fête quand même en espérant que son cadeau fera oublier à Óli l’énorme bosse qui trône désormais sur son front. Le plan diabolique de Jóhann fonctionne et il est autorisé à passer la journée avec tous ses copains, à condition qu’Óli puisse lui ravaler la trogne à coups de marteau dès le lendemain. La journée d’anniversaire, qui en réalité durera jusqu’à très tard dans la nuit, va être une journée qui marquera à tout jamais Jóhann et sa petite bande, qui iront de fous rires en tragédies...
Et alors ? Je suis, pour tout plein de raisons, passionnée par l’Islande. C’est un pays qui, à mes yeux, est aussi magique que mystérieux, la seule terre qui pourrait me faire quitter Paris (provisoirement, j’entends). Si l’apprentissage de l’islandais est assez complexe (même si pour l’instant je m’en sors plutôt bien), la littérature islandaise s’avère riche et légère à la fois. Le roman dont je vous parle aujourd’hui est un véritable bijou ; son prix du ‘premier roman islandais’ est tout à fait justifié. Récit sur l’enfance, écrit à la première personne, il nous fait partager quelques heures de la vie de Jóhann, petit garçon vraiment très spécial. En effet, ce jeune chevalier a une imagination débordante, qui nous fait sourire, rire et parfois nous émeut. Tout autour de lui prend une nouvelle dimension, chaque détail du quotidien lui inspire une anecdote, chaque situation est repensée, réinventée. L’écriture de Guðmundsson est singulière, limpide, très poétique et rend la lecture très facile puisqu’il a ce don de créer en très peu de mots une ambiance, une atmosphère. L’histoire, qui aurait pu être tout à fait insignifiante est finalement incroyable puisqu’en une journée toute la vie de Jóhann va être bouleversée. Il y a donc, en peu de pages, une véritable évolution du personnage. Un livre que je conseille bien évidemment et un auteur dont je reparlerai bientôt !
Quelques passages assez représentatifs du style de l'auteur et de la personnalité de Jóhann :
" J'envisage la possibilité d'aller me noyer dans le bocal à poissons de mon grand frère ou bien de disparaître dans l'un des tiroirs du bureau. Je lève les yeux vers la fenêtre au cas où la magicienne des histoires enfantines essaierait d'entrer en contact avec moi."
"Je dois avouer qu'assis sur mon lit à réfléchir au problème, je me rends bien compte que je n'ai pas suffisamment de fidèles dans la rue pour faire défiler toute une troupe de gamins dans l'escalier de la cave en signe de protestation contre le manque de respect qu'Óli me témoigne en ne m'invitant pas à son anniversaire. Et même si mon âme s'imprimait en tracts et que j'allais haranguer les occupants de chaque immeuble, ça ne changerait rien car personne, pour rien au monde, ne veut manquer l'anniversaire d'Óli."
"En tout cas, je compte bien assister à la représentation annuelle des muscles de ton tonton dans la police. J'espère bien qu'elle sera de facture classique même si un peu d'originalité ne serait pas malvenue d'un point de vue littéraire."