24 décembre 2009
rrrrraaaaaaaaaaa !!!!
Plus d'Internet pendant deux jours et c'est tout mon monde qui s'écroule ! Bon ok, j'en rajoute un peu mais de ne pas pouvoir répondre à vos commentaires, ne pas pouvoir en laisser chez vous et surtout ne pas pouvoir rédiger les articles que je souhaitais programmer pour la semaine prochaine m'a mise hors de moi ces dernières heures pendant lesquelles j'ai miraculeusement réussi à ne pas défoncer mon Modem (les miracles de Noël existent donc ^^).
J'avais plein de choses à vous raconter, le concert de Marilyn Manson de lundi pour commencer, tellement génial qu'il me faut vous rédiger un véritable article, ma découverte d'un salon de thé vers Bastille où j'ai dégusté le meilleur thé qui soit (amande, vanille, rose, un vrai bonheur) et puis je voulais vous montrer mon petit sapin fraîchement décoré.
Et puis il y a la review-ciné du mercredi qui est passée à la trappe, malheur !!!
Faisons court :
Avatar : Vous n'avez pas besoin de moi pour savoir de quoi parle le nouveau James Cameron. Pas super emballée à l'idée de le voir, j'y suis finalement allée dès la première séance mercredi dernier, ce qui nous a permis d'être traquilles avec seulement une petite dizaine de spectateurs. Le film m'a beaucoup plus, les presque trois heures ont filé à toute vitesse tant les images sont riches et bluffantes. On lit un peu partout qu'il y aura dans l'histoire du ciné un "avant" et un "après" Avatar et je suis d'accord avec cette affiramtion : visuellement, c'est tout simplement une tuerie. Ce mot est un peu vulgaire pour décrire la beauté de ce film mais je n'en vois pas d'autres, vraiment. Par contre, je n'ai pas du tout adhéré à l'histoire que j'ai trouvée très simpliste et mièvre au possible. Le scénario a l'air d'avoir été écrit par un gosse de six ans et point de vue émotions, il faudra repasser. Je n'ai pas trouvé les personnages attachants, quant au message général du film qui semble prôner le métissage, l'acceptation de l'autre et qui nous culpabilise bien écologiquement parlant, il m'a un peu cassé les bonbons. A voir sur grand écran absolument.
Gamines : Adapté de l'oeuvre autobiographique de l'actrice Sylvie Testud, Gamines revient sur l'enfance lyonnaise que cette dernière et ses deux soeurs ont passé sans connaître leur père. Le film est très drôle, les gamines irrésistibles (ah Georgette !!!), et Amira Casar est simplement magnifique. Néanmoins, le dernier tiers du film traîne en longueur (à partir du moment où Sylvie Testud est adulte) et gâche un peu l'ensemble.
Kerity et la maison des contes : adorable petit dessin-animé français que j'ai trouvé parfait aussi bien sur le fond que sur la forme. Tout comme Brendan et le secret de Kells l'an dernier, Kerity est un hymne aux livre et un film très intelligent sur l'apprentissage de la lecture. Je conseille donc à tous les parents d'y traîner leur progéniture !
La fille la plus heureuse du monde : film roumain, La fille... est mon coup de coeur de la semaine. Il nous amène à faire la connaissance de Délia, une jeune lycéenne qui vient de remporter une voiture à un jeu. Accompagnée de ses parents très possessifs et étouffants, elle se rend à Bucarest où elle doit tourner une publicité en échange de son gros lot. Durant cette journée Délia va devoir s'affirmer face à ses parents qui veulent tout gérer pour elle et qui souhaitent revendre sa voiture dans la seconde afin de monter une chambre d'hôtes. Parallèlement à l'histoire familiale, on découvre les secrets d'un tournage de pub : la pauvre Délia doit jouer et rejouer encore et encore la même scène et boire à chaque prise des litres de jus de fruit (le produit qui lui a permis de remporter sa voiture). A voir tant qu'il est encore en salle !!!!
Pas eu le temps de voir Max et les Maximonstres et Le père de mes enfants que je prendrai en DVD.
Je dois vite vous laisser car j'ai rendez-vous chez le coiffeur dans moins d'une heure, mais je repasserai dans l'après-midi.
Des bisous :)
PS : en retard, pas le temps de relire, soyez indulgents ^^
16 décembre 2009
Les films du mois de décembre, partie II
Encore une review-ciné assez brève cette semaine car le temps me manque et je n'arrive pas à voir tous les films que je programme chaque mercredi. Heureusement, les DVD sortent rapidement !!
Loup, de Nicolas Vanier
C'est quoi ? Sergueï, un jeune Evène de 16 ans, se voit confier une harde de rennes qu'il doit garder et protéger des loups. Mais très vite le jeune homme fait la connaissance de ces prédateurs et se prend de passion pour eux, quitte à aller à l'encontre des usages de son clan.
Et alors ? Loup est avant tout un film visuellement magnifique. Nicolas Vanier est un sacré bonhomme qui sait ce qu'il a à faire et qui le fait à la perfection. Filmer des bêtes sauvages, sortir sa caméra par moins 40 ne lui fait pas peur. Il nous livre alors des images somptueuses, des paysages absolument grandioses que l'on voit évoluer au fil des saisons. En dehors de ça, Loup ne propose pas grand chose. Les acteurs (des non-professionnels, rassurez-moi ?) jouent tout simplement mal, les dialogues sont insipides et l'histoire est cousue de fil blanc et forcément un peu gentillette. Malgré ces lourds défauts, Loup restera pour moi un excellent souvenir, quatre-vingt-dix minutes de bonheur animalier, devant des petits loups juste adorables et des bouffeurs de cul de rennes à mourir de rire (Bliss, on se comprend ^^). Un gentil film, très agréable, surtout pour les amoureux de la nature et des animaux.
Oscar et la dame rose, d'Eric-Emmanuel Schmitt
C'est quoi ? Un petit garçon atteint d'un cancer en phase terminale se lie d'amitié avec une livreuse de pizza forte en gueule.
Et alors ? Je suis atteinte non pas d'un cancer, Dieu m'en préserve, mais de mièvrerie suprême !! Alors que ce film n'était absolument pas prévu à mon programme de la semaine, je n'ai pas pu résister à aller le voir avec ma MÔman. Ba oui, forcément ! Et je dois dire que je suis assez contente de ma décision de dernière minute car Oscar et la dame rose est mille fois moins pire que ce à quoi je m'attendais. Soyons clairs, hors période noëlienne, c'est typiquement le genre de film qui me donne envie de gerbouiller mais, comme je viens de le confesser, l'esprit de Noël me rend passablement coconne ! Pour faire deux comparaisons inutiles, l'histoire d'amitié entre Oscar et sa dame rose est bien moins horripilante que celle qui lie la concierge-intello et la gamine-suicidaire du Hérisson. Là, j'arrivais presque à y croire, c'est vous dire. Et puis surtout, dans le genre "film-sur-un-enfant-malade-qui-va-mourir", Oscar et la dame rose est infiniment plus supportable que Ma vie pour la tienne, juste la plus grosse daube jamais vue. Certes, Oscar est très agaçant avec ses airs d'adulte alors qu'il n'est qu'un avorton, mais à aucun moment le film nous oblige, nous spectateurs, à nous apitoyer sur son sort. Bien au contraire. Le personnage de la dame rose y est pour beaucoup puisqu'elle oblige Oscar à se faire violence, l'aide à profiter des derniers instants de sa vie sans jamais le ramener à sa condition de malade. Aussi, on assiste aux derniers jours d'un enfant avec tout ce que cela implique de positif : la joie de vivre et l'espoir. Certaines scènes sont pleines de poésie, les inventions de la dame rose pour divertir Oscar sont vraiment séduisantes et les passages de catch (oui, oui, je suis sobre) ont un côté fantasque qui m'a séduite. Le seul point faible de ce film est qu'il est clairement adapté d'un roman : les dialogues sont bien trop "écrits", on a l'impression de littéralement lire des passages du livre, ce qui manque cruellement de naturel. Si vous n'avez rien contre les bons sentiments et que l'approche de Noël réveille le petit croyant qui est en vous (Dieu est très présent dans le film), Oscar et la dame rose est fait pour vous.
Mensch, de Steve Suissa
C'est quoi ? Fracasseur de coffres hors pair mais avant tout père d'un petit garçon dont il a la garde, Sam refuse de se ranger en travaillant dans l'entreprise familiale mais aspire à une vie normale qu'il espère avoir après un utlime gros coup.
Et alors ? L'histoire du dernier coup prometteur qui tourne mal a été vu mille fois au ciné et, en ce sens, Mensch n'apporte rien de nouveau : c'est le film noir de base, avec son gentil, son méchant, son gros con et son paumé. L'histoire de Sam, on la connaît déjà, à peine passé le premier quart du film. Mais l'acteur principal, le ténébreux Nicolas Cazalé, ainsi que le fabuleux Sami Frey, nous donnent vraiment envie de suivre l'histoire de leur personnage respectif avec une once d'intérêt. Si l'ensemble du film manque d'inventivité, allant même jusqu'à se fourvoyer dans un secret de famille des plus banals, on tient l'heure et demi sans trop de peine grâce à une réalisation soignée et des personnages bien façonnés. Pas indispensable mais très bien pour une soirée DVD.
Yuki et Nina, d'Hippolyte Girardot et Nobuhiro Suwa
C'est quoi ? Yuki, une petite franco-japonaise, vit très mal l'annonce du divorce de ses parents et refuse catégoriquement de partir au Japon avec sa mère, laissant ainsi derrière elle sa meilleure amie Nina. Les deux petites filles prennent alors une décision lourde de conséquences (bonnes ou mauvaises ?!) en fugant dans une forêt.
Et alors ? Mon film-chouchou de la semaine m'a causé de grandes frayeurs ! En effet, si Yuki et Nina commence de manière très satisfaisante en mettant en place une situation qui s'annonce pas simple et qui ramènera fatalement les enfants de divorcés vers leurs propres souvenirs, il prend un tour nettement moins enthousiasmant dans son deuxième tiers. Beaucoup plus froid et surtout distant, il ennuie sévèrement, endort presque et fait regretter le sujet qui semble d'un seul coup gâché. Heureusement, la fin prend encore un autre tour et se fait étonnament onirique, teintée de réalisme fantastique lorsqu'elle nous entraîne dans un forêt, la forêt magique de notre enfance, celle qui fait peur mais qui intrigue, pleine de promesses et d'aventures, qui donne des envies de liberté mais aussi de vite retrouver la sécurité du foyer. Lorsque Yuki la traverse, toutes ses craintes et toutes ses questions trouvent des réponses, de manière totalement inattendue que certains trouveront peut-être trop fantasque et pas crédible, mais que j'ai simplement trouvé poétique. Un très joli film sur une période très difficile, vécue par de nombreux enfants et traitée ici de leur point de vue. A noter également la prestation de la petite Noë Sampy (Yuki) adorable. Mérite largement le détour.
Nouvelle semaine, nouveau programme qui ne laisse malheureusement aucune place pour les rattrapages. Je verrai donc The limits of control et Persecution en DVD, à moins d'un retournement de situation, genre des journées de 48 heures !
J'ai très très envie de voir Max et les Maximonstres (peut-être même dès cet après-midi) qui m'a l'air tout doux et plein de poésie. Idem pour Kerity-La maison des contes, un dessin animé au sujet prometteur. Côté films pour les grands, je souhaite vraiment voir Le père de mes enfants, La fille la plus heureuse du monde et Gamines. Eventuellement The Proposition, et parce que je crois que je ne vais pas avoir le choix Avatar (mais je dois avouer mon manque d'enthousiasme...).
09 décembre 2009
Les films du mois de décembre, partie I
Tel le lapin blanc d'Alice, je suis très en retard ce soir ! Et oui, je commence tout juste à rédiger cet article mardi à 21h30 alors qu'il me reste deux tonnes de choses à faire avant d'aller au dodo. La formation que j'ai suivie la semaine dernière sur la gestion du temps porte ses fruits, c'est à peine croyable !
Tout ça pour dire que cette review-ciné va sûrement être rédigée à toute vitesse, sans trop entrer dans les détails. Raison de plus pour vous faire votre propre opinion en salles ;)

La Route, de John Hillcoat
C'est quoi ? Le périple d'un homme et de son jeune fils à travers un pays dévasté où chaque élément, chaque humain peut être une menace.
Et alors ? Je n'ai malheureusement pas eu le temps de lire le livre de McCarthy dont ce film est une adaptation donc je ne peux absolument pas vous dire s'il lui est fidèle ou non (mais Bliss se fera un plaisir d'éclairer votre lanterne ^^). Malgré cela, j'ai vraiment apprécié La Route, un excellent film avec bon nombre de qualités mais aussi de défauts. Un film parfait dans son imperfection, très humain, qui aurait -certes- pu être mieux mais qui conserve ainsi sa part d'authenticité. Ce qui m'a véritablement marquée, avant l'histoire, c'est l'esthétique du film très travaillée qui nous plonge au coeur d'une ambiance post-apocalyptique, avec ces paysages dévastés et cette couleur de cendre, de mort. Une atmosphère étouffante, accentuée par les flash-back lumineux qui viennent s'insérer dans le récit. L'histoire de ce père (Viggo Mortensen, superbe) désirant mettre son fils à l'abri coûte que coûte est forcément touchante mais aussi très prenante. En effet, les longs passages d'errances, très contemplatifs, sont boostés par des scènes sous haute tension vraiment flippantes. Alors qu'il ronronne parfois, jamais le film ne s'endort, porté par un rythme à mon sens maitrisé. J'ai tout de même une petite réserve concernant le côté "bien-pensant" du film. La "fin" du monde est l'occasion de voir l'Homme retourner à ses priorités : la survie pour le père, le partage pour le fils. Et oui, le gamin nous pompe l'air pendant deux heures avec ses pensées positives à la mord-moi-le-noeud alors que son père cherche à le protéger des cannibales qui rôdent. S'il avait été mon fils, je l'aurais moi-même dévoré pour qu'il se la ferme ! Dernier point concernant la scène la plus horripilante du cinéma, celle de la cannette de Coca-Cola !! Le père trouve une cannette pour son fils qui vit alors un véritable instant de grâce ! La magie des bulles ! A voir pour Viggo, l'ambiance et les superbes décors.

Paranormal Activty, de Oren Peli
C'est quoi ? Un jeune couple tente de comprendre d'où proviennent les bruits bizarres qui agitent leur maison la nuit. Pour cela, ils plantent une caméra au milieu de leur chambre. Bouh !
Et alors ? Il faut savoir que je ne suis absolument pas fan des films-qui-font-peur-avec-la-caméra-qui-bouge-dans-tous-les-sens. Blair Witch m'ennuie à mourir et REC est un des pires films que j'aie pu voir l'an dernier. Paranormal Activity partait donc avec un avantage plus que réduit mais s'est révélé ma bonne surprise de la semaine ! Et oui !! Il est vrai que ce film est loin d'être parfait et qu'il ne m'a pas du tout fait sursauter, pas une seule fois (alors que Scrooge, oui !) mais je ne regrette pas de l'avoir vu. Il est super long à démarrer, tourne en rond, mais les deux acteurs forment un couple vraiment charmant (même si la fille est souvent énervante) qu'on a envie de suivre, de voir s'en sortir. Comme dans Blair Witch, on ne voit absolument rien et les trois petits coups dans les murs ne suffisent pas à créer une véritable ambiance angoissante, mais j'ai tout de même eu envie de croire à cette histoire, le temps de quelques minutes, surtout que les "raisons" qui poussent le Mal à agir sont assez originales. Si vous voulez le voir, je vous déconseille de tout mon coeur le multiplexe en soirée, blindé de têtes de morts qui parlent sans cesse et hurlent pour un rien mais plutôt en DVD, à la maison.
Pippa Lee, de Rebecca Miller
Même si je suis prise par le temps, il faut que je vous raconte comment je me suis retrouvée devant Pippa Lee alors que j'étais partie pour voir Hors du temps.
Alors que le film va commencer (et que nous sommes quatre spectateurs) une cinquième personne très particulière fait son entrée dans la salle : un clochard. Je n'ai rien contre les cloches, je fréquente les concerts punk moi madame, mais celui-là est une cloche de chez cloche, complètement bourré (à 11h du mat') et surtout reste tapi dans un coin de la salle (tout près de ma rangée bien entendu) à faire tinter les chaînes qu'il porte aux pieds. Avec ses dread-locks en vrac, il me fait penser au clochard derrière le Winkie's dans Mulholland Drive, autant vous dire que je l'ai pris comme un présage de mon futur suicide (je plaisante). Quoi qu'il en soit, il fait vraiment flipper. Le film commence, il reste tapi dans un coin du mur comme une bête, sirotant son flash de rhum, quand soudain (roulements de tambour), il s'allume une clope et balance ses cendres par terre ! La personne devant moi se lève et se contente de s'avancer de quelques rangs ! D'un côté, j'ai peur de rester dans la salle (et de crever dans un incendie telle Zelda Fitzgerald), d'un autre, pour sortir prévenir le personnel, je suis obligée de passer à deux centimètres de lui. Dilemme ! Incapable de suivre le film, je finis par sortir de la salle pour prévenir la caissière qui à son tour part en toucher deux mots au seul homme disponible à ce moment-là, le projectionniste. Totalement indifférent à ma petite histoire, il se rend dans la salle pour en ressortir aussitôt en me disant qu'il n'y a absolument personne correspondant à ma description. Evidemment, cela à le don de m'agacer surtout qu'il se défend en répétant "je ne suis que projectionniste moi !" Aheum... Heureusement, un autre employé, plus âgé et plus consciencieux, arrive et prend mon histoire plus au sérieux. Entre temps, le projectionniste retourne dans la salle et revient triomphant en disant : "je l'ai trouvé votre gars mais il m'a dit que c'était pas lui qui fumait." Ahaha ! Merci Einstein ! L'autre employé le remet alors en place en lui faisant remarquer qu'il y a une forte odeur de clope dans la salle. Je ne sais pas comment cette histoire s'est terminée, ayant loupé les vingts premières minutes de Hors du temps, j'ai demandé à pouvoir voir un autre film car, de toute manière, je n'avais aucune envie de retourner dans une salle avec ce taré dedans. C'est incroyable non ? Ou alors c'est moi qui fais tout une histoire pour rien ?
Revenons en à Pippa Lee, cette femme dévouée et mère de famille de cinquante qui revient sur ses souvenirs de jeunesse. Sorti depuis deux semaines maintenant (peut-être même trois) ce film me faisait très envie pour son petit côté indé que j'affectionne mais aussi son casting vraiment alléchant. Résultat : j'ai été servie sur toute la ligne et je n'ai pas regretté une seconde d'avoir dû renoncer à Hors du temps. Pippa Lee fonctionne donc à grand renfort de flash-back ce qui, loin de donner un film brouillon, lui donne beaucoup d'énergie puisqu'on ne voit pas les scènes passer. L'histoire m'a beaucoup touchée. Pippa Lee est une femme magnifique, gentille, adorable même, mais personne ne semble véritablement prendre soin d'elle. On a envie de la rassurer, de lui dire qu'elle est belle, la remercier pour tout ce qu'elle fait pour les autres. Le retour dans ses jeunes années est l'occasion de la découvrir ado, complètement à la ramasse, défoncée 24 heures sur 24, vivant dans une espèce d'atelier d'artistes mais ne faisant rien de ses journées. On comprend alors pourquoi elle s'attache tant à sa vie de famille bien rangée, très rassurante après ses années d'errances. Robin Wright Penn m'a vraiment bluffée, si bien que je n'imagine personne entrer mieux qu'elle dans la peau de Pippa Lee. Elle est forte et fragile à la fois, son regard est plein de maturité mais son corps de jeune fille laisse imaginer qu'elle peut vivre encore mille vies. Enfin, le reste du casting n'est pas en reste avec la présence lumineuse de Blake Lively, connue des fans de Gossip Girl, qui fait totalement oublier son rôle de Serena. A voir absolument, au moins en DVD.

Canine, de Yorgos Lanthimos.
C'est quoi ? Des parents élèvent leurs trois enfants dans une superbe demeure dont ils ne peuvent franchir les limites. Outre cette séquestration en toute liberté (c'est paradoxal mais tout à fait dans le ton du film), les parents protègent leurs enfants du monde extérieur, du monde réel en leur racontant toutes sortes de légendes et en leur apprenant un langage bien particulier : pour eux, la mer est un meuble sur lequel on peut s'allonger tandis qu'un zombie est une petite fleur jaune...
Et alors ? Un film vraiment étrange mais superbement filmé dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à entrer, ce qui, à mon avis, était le but du réalisateur. En effet, tout comme les enfants ne peuvent sortir de la maison, le spectateur doit rester spectateur de cette tragédie totalement surréaliste pour mieux la comprendre, du moins, en prendre conscience. L'ambiance de ce film est plus qu'étrange, tantôt glauque, tantôt lumineuse, et l'histoire est, d'un bout à l'autre, très dérangeante, avec des pointes d'humour absurde qui laisse perplexe. A l'instar du Village de Shyamalan, il est question ici de protéger la jeune génération de la perversion extérieure, or, les pervers se trouvent plutôt à l'intérieur du troupeau (le père est un monstre derrière ses petites lunettes et ses costumes )! Un film vraiment curieux qui m'a séduite par son originalité mais qui pourrait en gêner plus d'un.
Une heure top-chrono, ouf !!!
On a tout juste le temps de jeter un oeil aux sorties de la semaine : je pense aller voir Loup pour la beauté des image et Persécution pour son casting malgré les mauvaises critiques que j'ai pu lire sur ces deux films. Mensch sera sans aucun doute mon film du week-end tandis que mon film à ne pas manquer est Yuki et Nina.
02 décembre 2009
Les films du mois de novembre, partie III et IV
Bon, c'est pas tout ça mais on a du boulot nous, avec deux semaines de critiques ciné à pondre !!
Le Drôle de Noël de Scrooge, de Robert Zemeckis
C'est quoi ? Non mais vous vous moquez de moi ?!
Et alors ? Comme je vous le disais samedi, j'ai adoré ce film que j'attendais avec tant d'impatience. Il est, pour faire simple, absolument parfait, à tous les niveaux : visuellement sublime, il fait honneur au joli conte de Noël né sous la plume de Dickens. Les personnages, les décors, sont tels que je les imaginais au cours de ma lecture et nous plongent plus que jamais dans la magie de Noël. La 3D a véritablement sa place dans l'univers si riche créé par Zemeckis qui parvient à mettre dans cette histoire déjà très bien ficelée sa petite touche personnelle. Ici, la 3D n'est pas un simple caprice ou un coup marketing mais participe vraiment à la magie du conte : les passages où Scrooge s'envole au-dessus d'une Londres enneigée et superbe sont juste bluffants ! On a presque l'impression de se trouver dans une attraction chez Mickey ! Toutefois, j'avoue avoir pris également beaucoup de plaisir à revoir le film dans sa version 2D car si la 3D nous en met plein les yeux, elle nous empêche de profiter pleinement de tous les petits détails qu'offrent les images. Pour finir, j'insiste à nouveau sur le fait que Scrooge n'est pas un joli film de Noël pour les tout-petits : Zemeckis a mis en valeur les bons sentiments qu'on trouve dans l'oeuvre de Dickens mais a également beaucoup joué avec le côté sombre lié à la présence des Esprits.
Vincere, de Marco Bellochio
C'est quoi ? L'histoire d'Ida Dasler, premier amour et premier soutien de Mussolini.
Et alors ? Dans un genre totalement différent de Scrooge, Vincere est sans hésitation mon second coup de coeur de la semaine et très probablement le meilleur film que j'aie vu cette année. Avec Le Ruban Blanc et Antichrist, il fait partie de ces films qui, sans forcément plaire à tout le monde, ne peuvent laisser insensible et entraînent des discussions sans fin au sortir de la salle de ciné. Vincere, que j'ai résumé très brièvement tant il est riche et pourtant si simple à la fois, est tout d'abord bouleversant par l'histoire qu'il nous fait découvrir, celle d'Ida Dasler, jeune femme passionnée, tombée éperdument amoureuse de Mussolini alors que celui-ci, encore tout jeune, est un ardent militant socialiste. Pour lui, pour la cause qu'il défend et qu'elle soutient, Ida Dasler vend tout ce qu'elle possède, devient sa femme et lui donne un héritier. Mais lorsque la guerre éclate, Mussolini disparaît, laissant derrière lui femme et enfant, sans se retourner. Ida Dasler et son fils seront alors définitivement rayés de la vie de Mussolini ; elle, envoyé à l'asile, lui, en internat. Toute sa vie, Ida Dasler, qui a bien évidemment toute sa tête, n'aura de cesse de se battre pour être reconnue en tant que première femme de Mussolini, mère de son premier enfant. L'actrice, Giovanna Mezzogiorno est alors le deuxième point fort du film. Elle interprète à la perfection cette héroïne tragique qui nous bouleverse et nous rallie sans mal à sa cause. Enfin, Vincere est visuellement magnifique. Le réalisateur a choisi de ne pas vieillir son acteur interprétant Mussolini mais d'utiliser, dans la seconde partie du film, des images d'archives. Aussi, l'esprit du véritable Mussolini plâne littéralement sur cette affreuse histoire qui est la sienne. Ce choix colle parfaitement à l'esthétique générale du film, tout en ombre et lumière, qui ajoute à cette tragédie qui se joue sous nos yeux un aspect funèbre. Certaines scènes sont en effet d'une beauté absolue, à couper le souffle, accompagnées d'une musique qui vous prend aux tripes. A maintes reprises, j'ai été parcourue de frissons, scotchée par la beauté des images et bouleversée par les destins tragiques de cette femme et de son fils.
Le Vilain, d'Albert Dupontel
C'est quoi ? Un braqueur de banques revient chez sa mère après vingt ans d'absence dans le seul but de se planquer. A cette occasion, chacun découvrira le vrai visage de l'autre.
Et alors ? Le Vilain est un film d'Albert Dupontel et ça se voit ! Drôle et méchant, pince-sans-rire et burlesque, il est avant tout un chouette divertissement. En choisissant Catherine Frot pour jouer sa délicieuse mère, le réalisateur a eu le nez fin. En effet, l'actrice a une vraie bille de clown espiègle, tout à fait dans le ton du personnage qu'elle interprète, et qui tranche bien avec la grosse bouille peu avenante de Dupontel (qui joue d'ailleurs beaucoup avec les gros plans). Malheureusement, si l'humour de ce vilain garçon m'a parlé (ce qui ne sera pas le cas des fans de comédies pur jus, m'est avis), j'ai trouvé que ses propos partaient un peu dans tous les sens et finissaient immanquablement par nous ennuyer et nous perdre. Film policier mais aussi comédie sociale et fable métaphysique, Le Vilain est un peu tout et rien à la fois. Reste tout de même un film étonnant et original qui a le mérite d'être personnel.

La domination masculine, de Patric Jean
C'est quoi ? L'égalité homme-femme est-t-elle oui ou non une réalité du XXI° siècle ?
Et alors ? Il y a tant à dire sur ce documentaire qu'il me faudrait lui consacrer un article entier ! Le sujet qu'a choisi d'étudier Patric Jean est pertinant et passionnant, son documentaire l'est peut-être un peu moins par son manque de neutralité. Si j'ai beaucoup apprécié d'entendre certains témoignages édifiants et, je pense, assez objectifs, si j'ai trouvé judicieux le montage du documentaire qui alterne scènes qui prêtent à rire et d'autres bien plus choquantes, je dois avouer que dans l'ensemble, ce documentaire ne me semble pas suffisamment neutre pour être honnête. Il est évident -on le savait déjà- que l'égalité entre les sexes n'existe pas. Il n'y a qu'à regarder de plus près le monde du travail pour s'en rendre compte. Mais Patric Jean pousse ses recherches plus loin en allant voir du côté des femmes battues, sujet beaucoup plus sensible et complexe que l'inégalité des salaires selon moi. Forcément, devant des photos de femmes en sang, on ne peut que penser que les hommes sont des sous-merdes, idem lorsqu'on entend des gros beaufs affirmer que le pédophile a été inventé pour rabaisser l'homme (en substance). Alors, s'il est malheureusement vrai que certains hommes tiennent ce genre de propos ignobles, ils auraient été plus pertinants s'ils avaient été mis en parallèle avec des paroles masculines saines et intelligentes ! Néanmoins, un point du documentaire rattrape quelque peu le manque d'objectivité du réalisateur lorsqu'il interroge une dizaine de femmes conviées à un speed-dating. On constate alors que celles-ci désirent toutes un prince-charmant viril, arrogant et socialement plus élevé qu'elles puisque leur rêve absolu est de reproduire le schéma traditionnaliste que les féministes tentent depuis des années de faire exploser définitivement. Ici encore, on peut -à juste titre- penser que Patric Jean a sélectionné ces godiches pour leurs propos détestables et que bien des femmes auraient parlé autrement (du moins, je l'espère !). Mais il met toutefois en lumière que cette domination masculine est encore souhaitée par de nombreuses femmes. Un véritable cercle vicieux donc, qui aurait mérité des recherches un peu plus poussées et plus d'impartialité.
Tentation, de Chris Weitz
C'est quoi ? Edward s'est fait la malle, Bella est au 36° dessous et Jacob va en profiter pour se la serrer.
Et alors ? Qu'on se le dise, je ne suis pas une grande fan de la saga Twilight : le premier tome a suffi à m'en dégoûter partiellement et Fascination-le-film m'a plus fait rire qu'autre chose. Pourquoi aller voir ce deuxième volet ? Ma foi, je n'en sais rien ! Toujours est-il qu'il m'a largement moins agacée que le premier, pour la simple et bonne raison que le personnage d'Edward en est quasi-absent. Quel bonheur, me suis-je d'abord exclamé intérieurement ! Pas de blabla sans fin entre le vampire et sa dulcinée : "-Transforme-moi -Non- Mais pourquoi ? - Parce que je t'aime - Justement, si tu m'aimes transforme-moi -Certes oui mais néanmoins non." ... Sauf que passée la première heure à peine, le jeu des questions-réponses sans queue ni tête reprend avec le personnage de Jacob ! PPPffff, mais quel ennui !!! Je comprends que les jeunes -et moins jeunes- filles apprécient cette saga : il y a de l'amûûûûûr, des belles images, un peu d'action et une chouette BO mais il faut tout de même avouer que cette histoire ne tient à rien. Est-ce qu'on a vraiment progressé entre la première minute de Fascination et la dernière de Tentation ? Je n'en ai pas l'impression ! J'ai tout de même noté que la famille Cullen était moins ridiculus que dans le premier opus où tous les membres semblaient sortis d'un paquet de farine. Reste tout de même que les Volturi sont aussi impressionnants que Riri, Fifi et Loulou, et ça, c'est pas très vampirique d'après moi !!
Rapt, de Lucas Belvaux
C'est quoi ? Enlevé et séquestré, un riche homme d'affaire va voir sa vie basculer dès sa libération.
Et alors ? Inspiré d'un fait divers que je connaissais pas (ouf, je ne suis pas encore si vieille ^^) ce film m'a intéressée sans me captiver totalement. Par plusieurs côtés, on ne peut pas nier qu'il s'agit là d'un bon film : l'histoire de cet homme de pouvoir dont la vie se disloque alors qu'il vit un véritable enfer, dont la libération est encore plus dure que la séquestration, est forcément prenante, Yvan Attal confirme, par ailleurs, qu'il est un excellent acteur qui ne se contente pas de jouer un rôle mais qui s'implique personnellement dans son personnage. Mais le rythme du film est vraiment lent et l'ensemble manque cruellement d'énergie. Je ne demande pas un film plein d'effets spéciaux et de Boum-Boum-Boum, mais juste un peu moins de longueurs (un grand film n'est pas nécessairement un film long) et de détours.
Le mois de décembre est déjà là... et les nouveaux films aussi !
Cette semaine, MON film-à-voir-absolument est La Route que j'attends depuis trop longtemps déjà (et que je vais voir en fin de journée d'ailleurs !). Ensuite, j'aimerais beaucoup voir Hors du temps que j'ai manqué cette semaine et surtout ne pas manquer Canines car mon petit doigt me dit qu'il ne restera pas longtemps à l'affiche (sorti dans six cinémas en France...). Par curiosité, je me ferais peut-être Paranormal Activity et puis c'est tout !
28 novembre 2009
Brèves de ciné
Un article un samedi !!! Mais qu'est-ce qui se passe-t-il mes bons amis ?!
Et bien je vous avais promis de vous donner mon avis à propos du film Le drôle de Noël de Scrooge donc me voici, fidèle au poste !!!
Alors que ma lecture du court de roman de Dickens m'avait enthousiasmée, l'adaptation ciné m'a carrément charmée, ensorcelée, réjouie,... enfin, tout ce que vous voulez !!! J'ai pris un plaisir immense devant ce film qui est juste LE meilleur film d'animation de Noël qui soit et qui est surtout très fidèle à l'esprit du roman (j'ai même reconnu certains dialogues, mot pour mot).
La 3D est utilisée à merveille et est surtout très présente contrairement à Up ou Coraline où la 3D n'était pas nécessairement de toutes les scènes. Si le choix de le voir en 3D s'offre à vous, n'hésitez donc surtout pas !!! Mais rassurez-vous, même sans ça, le film est un pur moment de bonheur, qui offre des images sublimissimes ! J'ai d'ailleurs prévu de le revoir mardi prochain et je trépigne déjà d'impatience de voir le DVD rejoindre ma collection.
Néanmoins, je l'ai trouvé assez effrayant par moment (surtout pendant les scènes avec l'Esprit des Noël à venir)et les spectateurs ont souvent sursauté, donc je le déconseillerais aux enfants de moins de 8-10 ans (à part si ça ne vous gêne pas de retrouver votre marmaille au milieu de votre lit pendant un mois !).
Pendant qu'on y est, je vous encourage également plus que vivement à aller voir Vincere, la plus grosse claque cinématographique que je me suis prise depuis des lustres. C'est un film très fort, magnifiquement interprété et visuellement parfait.
Je vous laisse, des petits écus choco/ cannelle m'attendent dans le four et Arsenic et vieilles dentelles dans mon lecteur DVD !
Bon week-end malgré la pluie :)
18 novembre 2009
Les films du mois de novembre, parties I et II
Beaucoup de boulot pour cette double review ciné ! Ne perdons donc pas de temps en blablatage inutile, c'est parti !
Le Concert, de Radu Mihaileanu
C'est quoi ? Homme de ménage, Andrei Filipov fut, dans une autre vie, le plus grand chef d'orchestre de l'Union Soviétique. Alors que l'orchestre du Bolchoï reçoit une invitation du théâtre du Châtelet, Andrei saute sur l'occasion d'entourlouper tout le monde pour réaliser son rêve en montant sur cette scène mythique au côté d'une jeune violonniste française. Pourquoi elle et pas une autre ? Mystère !
Et alors ? La bande-annonce était jubilatoire, le film beaucoup moins. Si je comprends volontiers l'engouement de certains spectateurs pour ce film touchant à sa manière, je dois bien avouer que je n'ai pas du tout adhérer ni à l'histoire ni au ton, ni aux personnages. L'histoire est carrément tirée par les cheveux et, alors que je m'attendais à un film plutôt festif, à base d'imposture, il s'est vite révélé n'être qu'une succession de gros clichés pas drôles sur fond de secret familial tire-larmes. Par ailleurs, je n'ai pas du tout été convaincue par Mélanie Laurent qui, à force de la voir peut-être, m'énerve de plus en plus. Une belle déception pour moi donc même si certaines scènes (notamment celles du concert qui nous révèlent la clé du mystère) m'ont quelque peu charmée.
Saw VI, de Kevin Greutert
C'est quoi ? Le grand méchant Jigsaw est mort vive Jigsaw mais l'agent Hoffman est là pour prendre la relève !!
Et alors ? J'adore la série des Saw (excepté le II, vraiment nullard). Je trouve tous les épisodes hyper gores mais j'adhère totalement à la théorie du tueur. Je trouve toutes ses inventions et machines de torture excellentes, et ses manières me ravissent. Contrairement à d'autres séries de films d'horreur qui nous proposent des épisodes de plus en plus nases, je trouve que la série Saw se bonnifie avec le temps. En effet, alors qu'au début on assiste à de simples "meurtres", au fil des épisodes, ils deviennent les pièces d'un véritable puzzle qu'il me tarde de voir reconstitué. Evidemment, il faut avoir les tripes bien accrochées et ne pas trop prêter attention aux incohérences. Mais dans son ensemble, Saw VI est le meilleur film d'horreur que j'ai pu voir au ciné ces derniers mois.
The Box, de Richard Kelly
C'est quoi ? Un couple se retrouve en possession d'une mystérieuse boite : s'ils appuient sur son bouton, ils recevront un million de dollars mais une personne mourra.
Et alors ? Ce film a eu sur moi un drôle d'effet : je me suis souvent ennuyée en le regardant mais j'ai trouvé fascinant d'en parler en sortant de la salle. D'un point de vue formel, j'ai adoré retrouver l'ambiance des films de SF des années 70, un peu lente, planante mais assez étouffante finalement, à la Kubrick. Certaines scènes sont bluffantes, certains plans vraiment magnifiques : un film drôlement bien filmé donc. Mais concernant l'histoire, je dois dire que je ne m'attendais pas du tout à ça, ce qui explique probablement que j'aie eu du mal à entrer dans le film totalement. En effet, je pensais voir un simple film à suspense, tendance paranoïaque. The Box s'est révélé bien plus tordu que ça ! Adapté d'une nouvelle d'une dizaine de pages, le film fait près de deux heures, ce qui explique déjà certaines longueurs. Le réalisateur a donc pas mal brodé et je ne comprends vraiment pas pourquoi il a convié à cette fable existentialiste cette secte d'extra-terrestres qui n'apporte rien à l'histoire et nous embrouille totalement. Il aurait mieux fait de s'en tenir au minimum, déjà très riche, avec toutes ces connotations bibliques fascinantes à décortiquer. Il est, en effet, impossible de ne pas penser à Adam et Eve ou encore à la figure de Pandore devant ces couples (ou plutôt ces femmes) cédant tou(te)s à la tentation d'ouvrir la boîte. Je regrette donc que Kelly ne nous ait pas offert un film plus concis qui aurait été bien plus passionnant à suivre.
Les herbes folles, d'Alain Resnais
C'est quoi ? Marguerite Muir, dentiste et pilote amateur, se fait voler son sac à main en sortant d'une luxueuse boutique (initiales MJ). Georges Palet, un homme qui a l'air sacrément attaqué, le retrouve dans un parking et se met alors en tête de rencontrer la propriétaire.
Et alors ? Comme je l'attendais ce film avec sa belle affiche (la plus réussie depuis un bout de temps) et son casting de luxe (sauf Sabine Azéma que je n'aime décidément pas mais qui fait partie du lot lorsqu'on va voir un Resnais !). En revanche, André Dussolier, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric,..., ça c'est du lourd ! Malheureusement, ces excellents acteurs n'auront pas suffit à me faire prendre du bon temps. Si l'histoire est séduisante par certains aspects, sa poésie toute colorée, sa légèreté, son ton empreint de liberté et de folie douce, elle demeure, sur le fond, au ras des pâquerettes. Les personnages ne sont absolument pas creusés, ce qui est surtout frustrant dans le cas de Georges, tout d'abord présenté comme un cinglé en puissance en proie à d'étranges pulsions meurtrières puis totalement "normalisé", et l'histoire "d'amour" entre les protagonistes n'est pas séduisante pour deux ronds. Du bon mais surtout du moins bon, surtout pour du Resnais.
Trésor, de Claude Berri et François Dupeyron
C'est quoi ? Pour leur quatre ans de mariage, un mari amoureux offre à sa femme un bulldog anglais dont elle devient vite gaga. Trésor, qui ronfle et qui pète à longueur de temps, prend de plus en plus de place au sein du couple.
Et alors ? Deux acteurs que j'adore et un petit chien adorable (n'oubliez pas que je rêve d'avoir un bulldog !), moi je dis banco !! Etant une comédie, Trésor est évidemment bien loin de l'émouvant Marley et moi mais bien supérieur au stupide Bambou. Dernier film de Claude Berri, décédé après seulement quatre jours de tournage, il a donc été fini par un autre réalisateur avec une équipe en deuil. Est-ce à cause de cela que le niveau du film baise considérablement passée la première heure ? Si j'ai beaucoup ri au début, me suis passionnée pour les mésaventures de ce couple (et identifiée aussi !), la dernière demi-heure m'a semblé interminable ! J'ai bien cru que la délivrance offerte par le dénouement (évidemment très prévisible) n'arriverait jamais. A voir en DVD pour une soirée tranquillou.
A l'origine, de Xavier Giannoli
C'est quoi ? Inspiré d'une histoire vraie, A L'origine nous raconte l'histoire d'un escroc solitaire qui décide de faire croire à une petite commune touchée par le chômage que les travaux interrompus de l'autoroute l'ayant plongée dans la tourmente reprennent.
Et alors ? Incroyablement bluffant, ce film est mon grand coup de coeur de ces dernières semaines. Alors que la bande-annonce ne m'avait absolument pas donné envie de le voir, j'ai été complètement embarquée par cette histoire d'escroquerie et surtout par le personnage principal, brillamment interprété par François Cluzet (que j'aime de plus en plus). Philippe Miller (l'arnaqueur) m'a beaucoup touchée par son double visage : sans même qu'il s'en rende compte, il se découvre une grande générosité tout en se prenant d'amitié pour les habitants de la commune sur laquelle il a jeté son dévolu. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, notamment le jeune Nicolas qui s'assagit au contact de ce patron dont il se méfie mais qui est le premier adulte à lui faire confiance, et sa petite amie (jouée par l'étonnante Soko), totalement dévouée à l'entreprise fictive de ce patron pas comme les autres. Même si on sait, dès le début du film, que tout va finir par capoter, on a envie d'y croire, tout comme les habitants de la commune, qui, grâce à cet escroc très singulier, retrouve espoir et dignité. Une histoire passionnante que je ne connaissais pas et que je conseille à tout le monde de découvrir. A lire également l'article sur le véritable escroc dans le Nouvel Obs (on y apprend plein de choses sur lui qui ne sont pas dites dans le film, notamment sur ses précédentes arnaques).
L'Imaginarium du Docteur Parnassus, de Terry Gilliam
C'est quoi ? Le Docteur Parnassus invite ses spectateurs à passer de l'autre côté du miroir, où leur imagination devient réalité. A l'approche des 16 ans de sa fille, le vieux Docteur se fait de plus en plus inquiet car il a un secret bien gardé : il a promis au diable la main de sa progéniture en échange de l'immortalité. L'arrivée d'un mystérieux amnésique changera-t-elle la donne ?
Et alors ? Des mois et des mois passés à attendre la sortie de ce film, à traquer la moindre image, fuyant encore et toujours les bandes-annonces pour garder tout entier l'effet de surprise et tout ça pour quoi ? Pas grand chose. Et oui, j'ai été vraiment déçue par le nouveau Terry Gilliam, et pire encore, je suis déçue d'être déçue ! C'est fou ! Si L'imaginarium est esthétiquement superbe, si Terry Gilliam réussit encore une fois à mettre de la péosie dans la science-fiction, il n'a pas su nous offrir une véritable histoire. Son film est beau mais creux, son histoire mal ficelée, trop mince, brodée et donc inintéressante. Passé l'émerveillement suscité par les premières images, il ne reste qu'une grosse heure d'un ennui plombant. Côté acteurs, j'ai toujours autant de mal à comprendre l'engouement des spectateurs pour Heath Ledger qui ne joue pas extraordinairement bien. Les dix minutes d'apparition de Johnny Depp et Colin Farrel suffisent à l'enterrer définitivement (sans mauvais esprit, hein !). Même le jeune Andrew Garfield, que j'avais beaucoup aimé dans Boy A, m'a bien plus convaincue alors qu'il n'a même pas l'honneur d'avoir son nom sur l'affiche ! Quant à Lily Cole que j'ai toujours beaucoup appréciée pour son naturel et son visage de poupée bizarroïde, elle se révèle parfaitement à sa place dans sa nouvelle carrière d'actrice. Alors que je m'attendais à la claque du siècle, L'Imaginarium est un film que je ne reverrai même pas en DVD.
Maigre semaine que celle qui arrive avec, heureusement, un rattrapage en perspective : Les vies privées de Pippa Lee. Côté nouveautés, je souhaite vraiment voir Rapt, peut-être Kinatay et, malgré moi, Twilight le retour !
04 novembre 2009
Les films du mois d'octobre, partie V
J'ai passé une journée toute pourrie au cours de laquelle les deux documents que j'ai rédigés pendant trois heures ce matin se sont envolés dans les limbes du réseau informatique. Après avoir perdu du temps à pleurer toutes les larmes de mon corps, il faut que je me remette au plus vite au travail.
Cette dernière review ciné du mois sera donc hyper-brève (si, si, je peux faire très synthétique quand je veux), mais comme je n'ai pas vu de chef-d'oeuvre, ce n'est pas bien grave ! J'espère, en tout cas, que vous ne m'en voudrez pas.
Sans aucun doute la plus grosse merde de tous les temps, une véritable honte pour Yann Moix qui ose enchaîner les plateaux télé pour faire la promo d'un film qui ne ressemble à rien ! Qu'on se le dise, je n'adhère pas au personnage de séducteur de Franck Dubosc mais je ne pensais pas le retrouver dans le film... Sauf que le film ressemble juste à 90 minutes de dubosqueries intensives. S'ajoutent à cela des dialogues nullissimes, tellement débiles qu'on en vient à sourire (de désespoir), une histoire qui aurait pu être géniale (sauter de film en film, quel pied !!) mais qui ne tient pas debout et des personnages insupportables. Alors que je pensais que les dialogues non-synchronisés étaient dus à un défaut de bobine, Bliss m'a fait comprendre que ce n'était pas du tout le cas : le film a été distribué ainsi !!! C'est incroyable ! Bref, n'y allez pas.
Couleurs chaudes et saturées, personnages hauts en couleur, histoire pleine d'inventivité, Mic Macs à Tire l'Arigot est bien la nouvelle oeuvre de Jeunet. Très plaisant et surprenant (contrairement à ce que disent certains critiques) ce film qui met à mal les vendeurs d'armes, m'a fait passer un bon petit moment. Il manquait tout de même la petite étincelle puisqu'à certains moments mon attention se relâchait un peu. Très sympathique dans l'ensemble, vaut surtout pour l'irresistible touche Jeunet.
Clones est un film de science-fiction avec Bruce Willis et joue sa carte à fond. Histoire quelque peu tirée par les cheveux à laquelle on a tout de même envie de croire, personnage principal torturé qui se comporte en héros, scènes d'action et rebondissements placés pile aux bons moments,..., sans grande surprise donc mais idéal pour se changer les idées ! Un film sans prétention, qui ne fait pas semblant d'être autre chose qu'un pur divertissement.
Un dernier hommage au roi de la pop, qui nous permet de pénétrer les coulisses des répétitions des concerts qu'il devait donner cet été. Très intéressant et plutôt bien construit, This is it nous montre un grand artiste au travail mais aussi ce que signifie préparer une série de spectacles d'une telle envergure. Auditions des danseurs, mise au point des décors, discussions avec les musiciens, tout y passe. Cette partie "technique" est entrecoupée par les répétitions des titres que Michael Jackson avait choisi d'interpréter devant ses fans. Des moments tantôt magnifiques tantôt jouissifs !
PS : et pour info, j'y suis allée samedi, sans me faire écrabouiller par une foule en délire !!
Comme je pars à Nantes en fin de semaine, je ne pense pas avoir beaucoup de temps pour aller au cinéma ces prochains jours. Si je n'ai pas de quoi vous préparer un article ciné pour mercredi prochain, vous en aurez un méga-grand dans deux semaines ;)
Ma sélection pour cette semaine : Le Concert, Les herbes folles, The Box et Visage. Je me tâte pour Away we go dont la bande-annonce et le sujet ne m'inspirent plus des masses.
28 octobre 2009
Les films du mois d'octobre, partie IV
Une semaine de cinéma sympatique sans être transcendante, avec quatre films très différents.
Jennifer's Body, de Karyn Kusama
C'est quoi ? Dans une petite ville paumée, Jennifer, une sublime lycéenne croqueuse d'hommes devient littéralement une mangeuse d'hommes après une incantation foireuse d'un groupe de rock trop ambitieux.
Et alors ? Derrière ses allures de teen-movie gore et potache, Jennifer's Body surprend par son ton décalé et son ironie bien tranchante. Avec un scénario de Diablo Cody, cela n'a rien d'étonnant. Souvenez-vous de Juno qui avait l'intelligence de commencer là où les habituels nanards pour ados se terminaient (soit au plumard !). Dans Jennifer's Body, on retrouve la touche Cody : discours féministe et vision réaliste et sans détours de l'adolescence. Le personnage de Jennifer, joué par Megan Fox qui -je suis forcée de l'admettre- est vraiment stimulante (bien plus jolie qu'en photos), n'est pas une bombe sexuelle dénuée d'intelligence. Elle assume son côté salope et s'en amuse, surtout lorsque une mâchoire d'enfer vient s'ajouter à sa panoplie de femme fatale ! Il s'agit donc d'un film qui aborde des thèmes assez classiques -amitié, passage à l'âge adulte, sexualité- mais avec une sacrée dose d'humour politiquement incorrect et une fin relativement surprenante. Notez que le titre du film est avant tout le titre d'une excellente chanson du groupe Hole (Courtney Love powââââ^^^)
Tempête de boulettes géantes, de Phil Lord et Chris Miller
C'est quoi ? Flint, un inventeur convaincu met au point, après des années d'échec, l'invention de sa vie permettant de faire tomber de la nourriture du ciel. Génial, oui, jusqu'à ce que les habitants de sa petite ville aient les yeux plus gros que le ventre.
Et alors ? Tout d'abord super impatiente de découvrir ce film d'animation, j'étais de plus en plus frileuse à l'idée d'aller le voir. Finalement, je suis ressortie de la séance ra-vie !!! Tempête de boulettes géantes est le film d'animation le plus touchant, drôle et rythmé que j'aie vu depuis de longs mois. Pour moi, il est bien devant Numéro 9, Igor et même Là-haut, si, si, j'vous jure ! Le personnage principal, Flint, est vraiment très attachant, mais ce sont surtout les personnages secondaires qui sont hyper convaincants : la présentatrice météo faussement idiote, le flic papa-poule, le père de Flint qui s'accroche à son petit commerce de sardines comme une moule à son rocher. Un petit film qui donne la pêche, à conseiller vivement en ces courtes journées d'automne.
Whiteout, de Dominic Sena
C'est quoi ? Carrie Stetko, une jeune et belle US Marshall, doit enquêter sur un meurtre commis en territoire hostile, l'Antarctique.
Et alors ? Adapté d'une bande-dessinée, ce film décrié par les critiques, est sorti sur nos écrans après avoir passé deux ans dans un tiroir. Je me demande bien pourquoi ! Bien sûr, Whiteout n'est pas le film de l'année mais il vaut largement certaines bouses avec lesquelles on nous pompe pendant des semaines. Les personnages, sans être très fouillés, tiennent chacun un rôle bien défini et intéressant et l'histoire tient largement la route : un léger suspense nous tient en haleine tandis que quelques rebondissements -assez convenus, certes- parviennent à nous surprendre. Un film divertissant qui mérite le détour ne serait-ce que pour les magnifiques paysages qui lui servent de décor.

Le Ruban blanc, de Michael Haneke
C'est quoi ? A la veille de la Première Guerre mondiale, d'étranges incidents viennent troubler l'apparente tranquillité d'un petit village protestant d'Allemagne.
Et alors ? Est-il bien nécessaire de rappeler que Le Ruban blanc a remporté la Palme d'Or cannoise cette année ?! Non ?! Trop tard ! Et dès l'annonce de sa victoire, le film s'est attiré un certain nombre de mauvaises langues, attribuant son prix à la relation unissant Isabelle Huppert (présidente du jury) au réalisateur, Michael Haneke. Evidemment, toute cette "mauvaiseté" m'a donné encore plus envie de découvrir ce film, d'autant que je suis plutôt cliente du travail du réalisateur. Autant vous le dire tout de suite, ne comptez pas sur moi pour dire du mal de cette oeuvre quelque peu hermétique mais surtout fascinante et intelligente. Comme Lars Von Trier avec son Antichrist ou son Dogville, Haneke a su allier à une histoire complexe, une esthétique travaillée, qui participe réellement au fond du film. Dans un noir et blanc cotonneux, presque confortable et apaisant, Haneke tisse une histoire malsaine, qui illustre parfaitement la naissance du Mal. Même si, je dois l'admettre, certains passages m'ont semblé un peu longuets, ils ne font qu'ajouter au côté oppressant du film. Comme toute oeuvre faisant débat, Le Ruban blanc est à voir, pour se faire sa propre idée.
Dernier mercredi d'octobre et encore peu de films à voir (pour moi, j'entends).
Petit programme tout de même avec le nouveau Jeunet et le dernier Moix (même si je ne supporte pas Dubosc, beurk, beurk !!). Je suis aussi très très tentée par Panique au village et curieuse de voir Clones (un Bruce Willis, ça ne se manque pas, si ?!). Et puis il y a This is it, certainement intéressant mais la question est "ai-je vraiment envie de participer à cette mascarade ??!!".
21 octobre 2009
Les films du mois d'octobre, partie III
Une semaine riche et variée avec, au programme, un film d'"horreur", le pire et le meilleur du cinéma français, un film étranger et un documentaire.
The Descent part 2, de Jon Harris
C'est quoi ? La suite de The Descent part 1 (ahaha, grosse maligne !!)
Et alors ? Je n'ai pas vu le premier volet de cette série hautement claustrophobienne et c'est peut-être ce qui explique mon enthousiasme étonnant. Oui, j'ai vachement bien aimé The Descent part 2, avec ses crawlers dégueulasses, ses scènes vraiment gore et ses hectolitres de faux sang, bien rouge et bien épais ! Même si ce film est bourré d'incohérences (il ne faut pas trop y réfléchir en sortant de la salle sinon on démonte tout), il reste très efficace, avec ses rebondissements et ses scènes sursautantes. Et même si les personnages sont clichés au possible et tellement insupportables qu'on a envie de tous les voir crever, j'ai passé un très bon moment ! Le meilleur film qui fait peur que j'ai pu voir depuis des lustres.
Divorces, de Valérie Guignabodet
C'est quoi ? Un couple d'avocats, spécialistes du divorce à l'amiable, connaît à son tour les joies du divorce sans parvenir à appliquer les bons conseils qu'il prodigue depuis des années.
Et alors ? Tout d'abord, laissez-moi justifier mon choix avant de me jeter des tomates. Ayant vu et aimé Mariages de Valérie Guignabodet, je me suis dit que même si Divorces n'était pas une "suite", il pourrait être sympa quand même. Oui mais non. Je me demande encore pourquoi je ne suis pas sortie de la salle avant la fin de cette bouse ! Divorces réunit tout ce qui fait une comédie française lourdingue, beauf et misérable : des acteurs qui surjouent, un scénario aussi fin qu'un string, des dialogues d'une subtilité plus que discutable. Bref, 1h30 de pur ennui pour un film que je conseillerai volontiers à mon pire ennemi.
Mademoiselle Chambon, de Stéphane Brizé
C'est quoi ? La rencontre amoureuse entre Jean, un maçon, bon père de famille, et Mademoiselle Chambon, une institutrice-violonniste.
Et alors ? Contre toute attente (de ma part), j'ai vraiment beaucoup aimé ce film sensible et humain qui partait pourtant avec un terrible handicap : la bobine de godiche de Sandrine Kiberlain. Mademoiselle Chambon m'a séduite par sa délicatesse et sa pudeur, mais aussi par sa simplicité et son intelligence. Si le point de départ de cette histoire est assez simpliste (il est maçon, elle est violonniste, il est très "famille", elle est sans attaches), Stéphane Brizé a su la rendre très intéressante. La relation entre Jean et Mademoiselle Chambon évolue doucement, par des regards, des gestes simples, on sent véritablement l'amour naître entre eux, en même temps que l'incompréhension et les doutes. J'ai été bluffée par le jeu des acteurs, Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain (ancien vrai couple à la vie, ce qui rend le couple fictif encore plus poignant), mais aussi Aure Attika, magnifique dans le rôle de la femme trompée mais résignée. L'instant où, d'un seul regard, elle comprend que son mari en aime une autre est superbe. Un très beau film français comme j'aime en voir les dimanches d'automne.
Katalin Varga, de Peter Strickland
C'est quoi ? Lorsque le mari de Katalin Varga apprend que leur fils Orban n'est pas de lui, il chasse sa femme de leur village. Accompagnée de son enfant, elle va alors parcourir la Transylvanie à la recherche du père de son fils. Son violeur. Vengeance !!!
Et alors ? Je suis toujours très curieuse de découvrir des films étrangers et le sujet de celui-ci me parlait et m'intriguait. Et je m'en réjouis car Katalin Varga est un excellent film, tant sur le fond que sur la forme, que je vous conseille vraiment de voir tant qu'il est encore en salles (il est sorti depuis deux semaines déjà). Cette histoire de femme violée et répudiée en quête de vengeance est aussi belle que prenante et réserve des moments sous haute tension. La manière de filmer du réalisateur, de mêler ombre et lumière, de mettre en valeur les visages de ses acteurs (l'interprète de Katalin joue merveilleusement), de convier la nature hostile à cette histoire de vengeance, fait de Katalin Varga un film très abouti, complexe et personnel. La musique, le brouillard blanc enveloppant les paysages, cette forêt inquiétante, ajoutent à cette histoire du quotidien un aspect fantastique. Un film qui a tout pour lui et qui mérite amplement d'être vu.
La Danse, de Frederick Wiseman
C'est quoi ? Plusieurs semaines dans les coulisses de l'Opéra Garnier.
Et alors ? Frederick Wiseman n'est pas un spécialiste de la danse mais du documentaire. Après avoir filmé la vie d'un commissariat, d'un grand magasin ou encore d'un hôpital psychiatrique, il s'est intéressé à l'Opéra Garnier, en tant qu'institution. Aussi, son riche et long documentaire ne s'intéresse pas particulièrement à la danse mais à la manière dont fonctionne l'Opéra, dans son aspect artistique mais aussi administratif. Le personnage central de La Danse n'est d'ailleurs pas une étoile mais Brigitte Lefèvre, la directrice de la danse, la big boss de Garnier. La Danse est donc passionnant à plusieurs niveaux et méritait bien ses presque trois heures. Grâce à Wiseman qui nous fait visiter l'Opéra des sous-sols jusqu'aux toits, où se trouvent les célèbres abeilles, Garnier n'a plus de secrets pour nous. Néanmoins, son documentaire n'est pas accessible à tous et laisse beaucoup de questions en suspens, dans le sens où il n'explique rien, montre simplement, sans voix-off, sans même indiquer les identités des différents intervenants, ce qui est très dommage. Tout le monde ne peut pas (re)connaître tous les chorégraphes et maîtres de ballet, ni tous les danseurs. Si Laetitia Pujol, Nicolas le Riche ou Aurélie Dupont sont aisément identifiables, ce n'est pas le cas de tous (sauf pour les fins connaisseurs). Les nombreux extraits de spectacles ajoutent toutefois à ce documentaire assez élitiste une part de rêve puisque même si on ne sait pas que l'on regarde Le songe de Médée de Preljocaj, on ne peut que l'admirer. Un documentaire qui a les défauts de ses qualités, précis mais très obscur. A voir si on est vraiment passionné par la danse et si on dispose de bonnes connaissances.
Nouvelle semaine, nouveau programme, avec tout d'abord le très attendu Le Ruban Blanc de Haneke, palmérisé à Cannes et Tempête de boulettes géantes, qui m'a l'air simplet mais rigolo. Et après ? Pas grand chose malheureusement ! Trois éventualités : Jennifer's Body, Whiteout et Children, et... c'est tout !
14 octobre 2009
Les films du mois d'octobre, partie II
Comme je vous le disais hier, je n'ai pas pu voir le fameux documentaire La Danse, tant attendu, ce qui est doublement dommage car j'avais prévu de me faire un week-end "films dansants", avec Fish Tank et Fame au programme. Pour une fois qu'il y a une certaine logique dans mes choix !
Fish Tank, d'Andréa Arnold
C'est quoi ? Le quotidien de Mia, une adolescente passionnée de danse, qui peine à s'échapper de son milieu.
Et alors ? D'avoir lu les avis plutôt mitigés de mes copines Bliss et Poleen m'a peut-être aidée car, quelques longues semaines après sa sortie, j'ai vu et adoré Fish Tank, film que j'attendais avec impatience. Même si je regrette que les passages dansés soient si peu nombreux (et que Katie Jarvis danse assez "banalement"), j'ai réussi à trouver d'autres choses dans ce film qui me l'ont fait apprécier. Pendant deux heures, j'ai suffoqué avec Mia dans son immeuble-cage à lapins de banlieue, dans son quartier-étau fait de béton et de désespoir, face à sa mère, mélange de Courtney Love et d'Asia Argento à la sauce croque-mitaine, totalement immature. J'ai espéré avec elle à l'arrivée de ce nouveau beau-père, trop charmant et charmeur pour être honnête, mais d'apparence solide, rassurant, à la lecture de cette annonce "Recherche danseuses", après l'appel de la "recruteuse". Toutes ces nouveautés, porteuses d'espoir, annonciatrices d'une nouvelle vie, sont d'éventuelles portes de sortie pour que Mia s'échappe enfin de son aquarium urbain, elles sont ce que la jeune fille guette depuis la fenêtre de son squat, une bouteille d'alcool toujours à portée de main. Fish Tank est donc beaucoup moins tendre que Billy Elliot, moins mièvre que Flashdance, c'est un film où on se traite de "salope" au lieu de se dire "je t'aime", où les personnages tentent d'améliorer leur sort mais peinent à relever les défis du quotidien, un film aussi dur que peut l'être la vie. A une histoire dense, la réalisatrice a associé une esthétique particulière, nerveuse et poétique. Les passages au ralenti, rythmés par les respirations mêlées des personnages, sont comme des moments de répit, où l'on peut enfin reprendre son souffle. Seul petit raté, à mon humble avis, la présence de la jument que Mia souhaite absolument délivrer et dans laquelle elle projette ses envies de s'échapper, qui manque un peu de subtilité.
Fame, de Kevin Tancharoen
C'est quoi ? Quatre années à la High School of Performing Arts de New York.
Et alors ? Nostalgie, quand tu me tiens... A part cette envie de replonger dans mes souvenirs d'ado, je ne vois pas ce qui m'a poussée à sortir de mon lit un dimanche matin pour aller voir ce remake fadasse du film d'Alan Parker. Ici, on prend les mêmes qu'il y a trente ans, on recommence mais on se vautre en beauté. Le Fame de Kevin Tancharoen a des airs de très longues bande-annonce : il nous permet de faire connaissance avec une galerie de personnages (insupportables) qu'on ne découvre jamais vraiment. Chaque année est traitée en vingt minutes chrono, elles s'enchaînent sans prévenir, sans réellement se terminer. Il n'y a aucun fil rouge, juste des petits destins éparses qui doivent se sceller ou se dissoudre. Pour tout vous dire, je ne me souviens même plus des prénoms des personnages ni de leur sort ! Kevin Tancharoen réussi malgré tout une prouesse en rendant un film des années 00 aussi désuet qu'une pub Ricoré des années 80. A l'heure des High School Musical -nuls certes mais sensés et modernes- ce nouveau Fame m'a juste permis de continuer ma nuit quelques dizaines de minutes.
Mères et filles, de Julie Lopès-Curval
C'est quoi ? Audrey, fille de Martine, tente de découvrir ce qui est arrivé à sa grand-mère maternelle, disparue il y a quarante ans, Louise.
Et alors ? Un titre attirant, un casting cinq étoiles, un sujet intrigant, ce film générationnel avait tout pour me plaire. Au final, deux heures sympathiques mais honnêtement sans grand intérêt, si ce n'est Catherine Deneuve (ce qui n'engage que la fan qui est en moi). A travers ces trois portraits de femmes, Julie Lopes-Curval tente de montrer comment la condition féminine a évolué au fil des décennies, comment les femmes ont pu s'émanciper, devenir indépendante, jusqu'à avoir un travail, jusqu'à pouvoir prendre la décision d'être mère ou pas. Intéressant (et vaste) sujet certes, mais traité de manière très banale, académique, sans surprise. Le film se traîne au rythme du tambour des machines à laver. Ne riez pas, d'après la réalisatrice, l'émancipation féminine doit beaucoup à l'électro-ménager, qui est de chaque scène... Lourdingue ?! Quant au secret entourant la grand-mère, je l'ai trouvé sans aucun intérêt, juste un prétexte, une manière plutôt encombrante de mettre un soupçon de suspense dans un film molasson. Et quand Audrey s'est mise à converser avec le fantôme de sa grand-mère, j'ai juste eu envie de rire ! A voir pour les actrices et les acteurs (Michel Duchaussoy est merveilleux).
Une nouvelle semaine qui s'annonce assez pauvre. Heureusement, les rattrapages sont là avec, en tête, La Danse, mais aussi Katalin Varga et Les joies de la famille. Côté nouveautés, je vais peut-être aller voir The Descent 2 ce soir, alors que je n'ai même pas vu le premier volet, éventuellement Divorces (si je n'ai rien de mieux à faire), Français pour débutant et 7 minutes au paradis. Petite hésitation concernant Mademoiselle Chambon car Sandrine Kiberlain me sort par les yeux !