04 août 2009
Une excellente nouvelle Audrey-Hepburnesque

EDIT : Je viens de faire un tour à la Fnac et le DVD qui devait être disponible le 3 août le sera finalement qu'à partir du 10.
Je fais souvent des petites recherches dans le but de voir grandir ma collection de "vieux" films, disons plutôt ma collection de classiques. Comme vous pouvez l'imaginer, j'accorde un peu plus de temps à ma quête Audrey-Hepburnesque. C'est ainsi que ce matin, je suis tombée sur une très bonne nouvelle que je voulais partager avec vous, car je sais que dans l'assistance se cachent des fans de la merveilleuse Audrey.
Le 3 août prochain, dans la collection Fnac, on pourra trouver pour la microscopique somme de 12,99 euros, le DVD de Seule dans la nuit. Film rarissime en DVD, je n'ai jamais pu le voir ! Autant vous dire que je piaffe d'impatience !
Dans ce film de Terence Young, sorti en 1967, Audrey réalise une véritable performance de comédienne en interprétant une femme aveugle (sans se cacher derrière de grosses lunettes à la Jessica Alba dans The Eye), pourchassée par des tueurs.
J'ai toujours lu d'excellentes critiques sur ce film dans lequel Audrey est, semble-t-il, grandiose.

Et devinez qui joue l'un des méchants ? Alan Arkin, le grand-père délirant de Little Miss Sunshine et le père des deux soeurs de Sunshine Cleaning !

Vivement le mois d'août (et je ne dis pas seulement ça parce que c'est aussi le mois de mon anniversaire ! !).
Ariane, de Billy Wilder (1957)
Après une visite chez le médecin vendredi, je n'ai pas eu le droit de sortir du week-end, ce qui n'est pas dramatique dans le fond car je déteste me coltiner les promeneurs du dimanche. Mais il a bien fallu que je m'occupe, et quelle meilleure occupation qu'une séance intensive de visionnage de DVD ?!
Depuis des semaines, la nouvelle édition du DVD d'Ariane m'attendait sagement dans ma DVDthèque.
Je vous l'ai déjà dit, si je suis une grande admiratrice d'Audrey, je préfère largement la voir dans des pures comédies (comme Deux têtes folles) que dans des films romantiques. Alors même si l'association Billy Wilder (l'un de mes réalisateurs préférés)/ Audrey Hepburn/ Paris/ noir et blanc me paraissait plus que prometteuse, je dois avouer que j'ai été un peu déçue par le résultat final.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce film, il est l'adpatation d'un roman de Claude Anet, intitulé Ariane, jeune fille russe, déjà adapté à l'écran en 1931 par Paul Czinner. Il nous raconte l'histoire d'Ariane, une jeune violoncelliste de dix-neuf ans, vivant avec son père, détective privé, en plein coeur de Paris. Fascinée par le métier de ce dernier qui, lui, préfère rester discret et secret, Ariane fouine régulièrement dans ses dossiers et se passionne pour toutes les histoires sordides qu'il traite. Mais la romantique Ariane ne voit pas le glauque qui se cache derrière ces histoires d'aldutères, pour elle, elles sont de magnifiques histoires d'amour. Alors qu'elle surprend une conversation entre son père et un mari jaloux venant de découvrir que sa femme fréquente depuis des semaines un certain Frank Flannagan, elle décide de prévenir ce dernier du danger qui le guette, le mari, fou de rage, ayant décidé de le tuer. La jeune, et pas si naïve, Ariane tombe alors sous le charme de Flannagan, un séducteur bien plus âgé qu'elle et surtout bien plus expérimenté. Pour le séduire, elle s'inventera alors une vie de femme fatale, enchaînant les amants...
Lorsque Audrey accepte de tourner Ariane sous la direction de Wilder avec qui elle a déjà tourné Sabrina, elle est principalement motivée par le fait que son époux Mel Ferrer doit, à la même époque, tourner dans un film de Renoir, à Paris. Mais le tournage d'Ariane est retardé. Audrey est alors désesperée de devoir vivre encore loin de celui qu'elle aime, lorsqu'une magnifique opportunité se présente à elle : le tournage parisien de Drôle de Frimousse. Mel et Audrey sont donc réunis le temps de leurs tournages respectifs mais lorsque que, deux semaines après la fin de Drôle de Frimousse, Audrey commence Ariane, Mel est retenu sur un autre tournage dans le Sud de la France. Aussi, pendant les semaines que dure le tournage d'Ariane, Audrey fait chaque week-end des allers-retours pour retrouver sa moitié sous le soleil. Mais le reste du temps, la jeune femme de vingt-sept ans, qui rêve de fonder une famille, déprime seule dans sa chambre d'hôtel. Audrey est donc, comme souvent, très irritable. Et celle qui souffre le plus de sa mauvaise humeur est elle-même. Avec ses "collègues", elle est un ange et tout le monde l'apprécie. Maurice Chevalier, qui interprète son père, lui écrit ce petit mot : "Comme je serais fier, et comme je serais plein d'amour, si j'avais réellement une fille comme toi." tandis que Billy Wilder dit d'elle "C'est une petite chose fragile, mais c'est vraiment quelqu'un." Audrey sait donc se faire apprécier des autres mais n'apprécie pas son image. Toujours obsédée par ses défauts physiques, elle se trouve toujours trop maigre, elle fait, durant ce tournage notamment, une fixation sur ses narines qu'elle trouve trop dilatées. Elle interdit donc que des clichés d'elle soient diffusés sans sa permission et refuse d'une manière générale de poser pour d'autres photos.
Et pourtant...

Ce visage est adorable, non ?
La mauvaise humeur d'Audrey n'empêche pas le tournage de se faire et lors de sa sortie, Ariane reçoit un accueil mitigé.
Je ne peux pas vous dire précisément ce que le public de l'époque reprochait à ce film mais je peux vous donner mon avis, fort mitigé lui aussi.
Ariane commence remarquablement bien. La scène d'exposition est un ravissement, Paris est mise en valeur comme un personnage à part entière et le discours de Maurice Chevalier sur les gens qui s'aiment dans cette ville est un mélange d'humour et de tendresse. Mais sitôt l'entrée en scène d'Audrey, j'ai été gênée. Ariane est censée être une toute jeune fille de dix-neuf ans, or Audrey a déjà vingt-sept ans, et cela se voit malgré son physique juvénile. L'entendre appeler Maurice Chevalier "papa" avec une intonation de gamine et surtout lui obéir, comme une jeune fille doit obéir à son père, m'a tout de suite braquée : quelque chose cloche là-dedans ! C'est étrange car au départ, je pensais être interpellée par la différence d'âge entre Audrey et Cooper. Il faut savoir qu'avant d'offrir le rôle à Gary Cooper, Wilder avait pensé à Cary Grant, mais, se jugeant trop âgé pour jouer l'amant d'une si jeune femme (il avait déjà refusé le rôle tenu par Bogart dans Sabrina), il le refuse. Cooper (bien que plus âgé que Grant) devient donc l'amant de la jeune Ariane, malgré les vingt-huit ans qui le sépare d'Audrey. Il y aurait donc de quoi être étonnée, voire choquée.

Et pourtant, je ne cessais d'être agacée chaque fois que je voyais Audrey/ Ariane faire l'enfant devant un père de l'âge de son amant ! Ce détail qui n'en est pas un mis à part, Ariane m'a paru un peu trop long. Il faut dire que si l'histoire est osée -le titre orignal Love in the afternoon parle de lui-même- Billy Wilder a dû modifier son film pour qu'il puisse passer la commission de censure. Ariane est donc par moment extrêmement plat et tourne un peu en rond. Heureusement, la nouvelle édition du DVD compte des bonus très intéressants, notamment un entretien avec un critique et enseignant en cinéma qui nous révèle tous les petits secrets du film, nous mettant alors sous le nez toutes les petites trouvailles de Wilder pour évoquer la sexualité sans en avoir l'air.

Bien qu'agréable à regarder -on ne dit jamais non à une jolie histoire d'amour- Ariane est loin d'être mon film hepburnien (et wilderien) préféré. Même si Audrey y est merveilleuse, aussi bien en tant qu'actrice qu'en tant que femme, elle n'a pas su me rendre son personnage attachant malgré son côté coeur tendre et son espièglerie fort appréciables.

Finalement, ce que je retiens de ce film est l'impresionnante garde-robe d'Ariane, signée Givenchy, regroupant les plus belles robes portées par Audrey dans ses films. Une véritable source d'inspiration.


15 juillet 2009
La Rumeur, de William Wyler (1961)
Après le festival en l'honneur d'Audrey Hepburn programmé il y a quelques mois au MacMahon, c'est au tour du Balzac et du Grand Action de nous proposer une incontournable reprise avec La Rumeur, film qui réunit pour la seconde fois Audrey Hepburn et le réalisateur de Vacances Romaines, William Wyler.
Alors qu'elle vient à peine de terminer le tournage de Diamants sur Canapé, Audrey Hepburn accepte d'interpréter Karen, un personnage qui jure dans sa filmographie, mais qu'elle souhaite jouer croyant fermement aux idées véhiculées par ce film.
En effet, La Rumeur met en scène deux jeunes femmes, Karen Wright et Martha Dobie, amies d'enfance et directrices d'un pensionnat de jeunes filles, qu'une élève difficile et méchante accuse d'entretenir des relations "contre-nature". C'est donc l'homosexualité féminine qui est au coeur de cette oeuvre qui aborde donc, selon Audrey : "le droit de chacun au respect de son intimité, le danger des commérages et le pouvoir qu'a l'amour de transcender même la sexualité".

Il est alors important de savoir que si une pièce de Lillian Hellman est à l'origine de ce film, William Wyler en a déjà proposé une première adaptation en 1936 sous le titre These Three, dont La Rumeur est censé être une adaptation moins édulcorée, non-censurée. Néanmoins, La Rumeur reste bien prude comparé à la pièce d'origine. Il reste toutefois un film bouleversant et relativement sulfureux pour l'époque.

Audrey, dont le rôle devait tout d'abord être confié à Katherine Hepburn, donne ici la réplique à une autre grande actrice, Shirley MacLaine, la soeur de Warren Beatty, qui venait de tourner dans La Garçonnière de Billy Wilder. Malgré la grande fatigue d'Audrey qui l'amène à être souvent irritable, les deux femmes s'entendent à merveille sur le tournage, notamment grâce à leur sens de l'humour. Alors qu'elles décident de donner une fête de fin de tournage, Shirley MacLaine se souvient des paroles d'Audrey : "Hé ho, Shirl', ma fille, d'après toi, à combien va se monter la douloureuse pour cette petite sauterie ?" On peut voir à travers ces quelques mots qu'Audrey pouvait être, malgré sa personnalité introvertie et ses bonnes manières, vraiment drôle !

La bonne entente entre les actrices ne suffit toutefois pas à faire le succès de La Rumeur, descendu par les critiques, jugé "lugubre" et "boursouflé".
Pour ma part, je l'ai trouvé vraiment très bon et, pour la première fois, j'ai eu le sentiment de regarder un film avec Audrey et non un film d'Audrey. Je ne sais pas si cela est très clair pour vous qui n'habitez pas dans ma tête ! Ce que je veux dire c'est que, devant des films comme Diamants sur Canapé ou Deux têtes Folles, je n'ai d'yeux que pour Audrey, elle porte littéralement le film sur ses épaules, dans le sens où elle en est le pilier, LE personnage. Or, La Rumeur me semble pouvoir être sans Audrey. Elle y est merveilleuse bien sûr, comme à son habitude. Son jeu est soigné, élégant et juste, mais le sujet du film, sa photographie, son ambiance sont tellement présents, forts, intenses, que les actrices sont vraiment à leur service, et non l'inverse. De plus, si Audrey est magnifique, j'ai été très touchée par Shirley MacLaine et le personnage de Martha. Shirley MacLaine a quelques scènes d'une grande force, qui ne peuvent pas laisser insensible. Le personnage de Karen, celui joué par Audrey, est beaucoup plus neutre et finalement beaucoup plus insaisissable. En effet, si Martha nous fait partager ses sentiments profonds -qui se révèlent à elle contre sa volonté-, Karen reste très vague et nous apparaît bien plus complexe, au point que le film se termine en nous laissant avec nos questions la concernant. Qui est-elle vraiment ? Que ressentait-elle ? Pourquoi se comportement face à son fiancé ?

Un film à voir absolument, pas seulement pour la présence d'Audrey, vous l'aurez compris, mais pour l'ensemble des acteurs (les petites filles sont incroyables, ainsi que Fay Bainter -qui a été nominée aux Oscars de 1961 pour le meilleur second rôle féminin- ou Miriam Hopkins) et surtout son sujet, toujours d'actualité.
D'ailleurs, en parlant des petites filles, l'une d'elles, Veronica Cartwright, qui jouait Rosalie Wells, a poursuivi sa carrière cinématographique, et certains d'entre vous auront pu la voir dans le Alien de 1979, mais aussi dans Candyman 2 ou Dr. Kinsey.

Foncez tant qu'il en est encore temps au Balzac (je fais de la pub pour mon ciné préféré ^^), vous ne le regretterez pas.
14 mai 2009
Deux têtes folles, de Richard Quine (1964)
Deux têtes folles est, pour moi, le film le plus drôle d'Audrey Hepburn. C'est un film -remake de La fête à Henriette, film de Julien Duvivier datant de 1952, et oui !- que j'aime vraiment beaucoup, que je trouve très frais, très léger, très feel-good movie. Mais assez bizarrement, il me semble que c'est l'un des films d'Audrey qui fût le plus critiqué. Les professionnels du cinéma l'ont descendu en flèche, en disant qu'Audrey y était mal dirigée, qu'elle semblait perdue dans un film sans véritable scénario.
Il y a pourtant bien un scénario, que je trouve même très bon, et qui met en valeur le grand sens de l'humour et de la comédie des acteurs. Audrey y est pétillante et me fait rire invariablement avec ses petites mimiques, ses grands yeux qu'elle écarquille comme une petite fille, son air espiègle qui fait tout le charme de son personnage. Il n'y a qu'à regarder l'affiche du film que j'ai choisie pour s'en rendre compte !

Entrons dans ces deux têtes folles.
Richard Benson, un scénariste relativement célèbre doit remettre à son producteur un scénario d'environ deux cents pages pour un film intitulé La fille qui a volé la Tour Eiffel (vous le sentez venir le coup de la mise en abîme ? !). Le problème, c'est qu'il ne lui reste plus que deux jours pour venir à bout de ce travail et qu'il n'a écrit que les pages du générique. Il reçoit alors l'aide de Gabrielle Simpson, une secrétaire spécialisée dans le cinéma, qui doit l'aider à taper son scénario... inexistant. Mais la présence de la jolie Gabrielle semble stimuler le scénariste qui se laisse submerger par son imagination débordante. Lui et Gabrielle rivalisent alors d'inventivité et se font les héros de leurs propres délires. Donneront-ils naissance à un scénario digne de ce nom ? Rien n'est moins sûr !
Deux têtes folles est donc un film totalement farfelu, décalé, qui n'obéit qu'aux désirs et délires de ses deux personnages. On constate très vite que leur réalité leur sert de base pour créer leurs propres histoires, mais aussi que leur imagination vient contaminer leur quotidien. Certaines scènes sont alors totalement surréalistes et me font penser à l'ambiance que l'on trouve dans certains épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir, vous voyez ? Je pense notamment à une scène, celle du bal masqué, très rythmée, très vive. Le film est par ailleurs truffé de petits effets surprenants, irrésistibles


Deux têtes folles est un film qui me séduit également pour deux autres raisons bien précises.
Tout d'abord, l'action se déroule dans le Paris des années 60, au moment du 14 juillet. Alors, même si tous les décors sont très clichés -petit café de Montmartre, bals populaires- ont prend un plaisir immense à les traverser. C'est un Paris très hollywoodien, certes, mais c'est Paris malgré tout !

Ensuite, Deux têtes folles est un film sur le cinéma. Avec son air de ne pas y toucher, il nous livre quelques belles leçons de mise en scène et égratigne le petit monde du septième Art. Ici aussi, on est en plein dans le cliché, mais peu importe, c'est très drôle ! Le scénariste, Benson, est un vrai feinéant doublé d'un alcoolique, qui a passé tout le temps qu'il aurait dû consacrer à l'écriture de son scénario à dilapider son avance, son producteur ne vaut pas mieux que lui, passe ses journées à se la couler douce au soleil n'oubliant jamais de harceler son employé. Les acteurs aussi en prennent pour leur grade à travers le personnage de Maurice/ Philippe, caricature ambulante du comédien vantard et sûr de lui. Comme je l'expliquais dans mon résumé, Gabrielle Simpson est une secrétaire spécialisée dans le cinéma. Elle a notamment travaillé avec un réalisateur de la Nouvelle Vague, qui fait des films sur des gens qui ne font pas ce qu'ils sont censés faire... Vous n'avez rien compris ? C'est normal ! Deux têtes folles se moque ouvertement du cinéma de la Nouvelle Vague, cérébral et surtout très ennuyeux. Le scénariste Richard Benson fait quant à lui l'éloge de "l'Ancienne Vague", histoire de bien enfoncer le clou !
Deux têtes folles rend également hommage au cinéma en convoquant un nombre impressionnant de guest-stars. On croise Tony Curtis, irrésistible dans son double rôle de Maurice/ Philippe, Mel Ferrer, le mari d'Audrey Hepburn dans la vie, Frank Sinatra et surtout Marlène Dietrich, dans son propre rôle. Il mêle aussi plusieurs genres : action, policier, fantastique, comédie romantique,...

On peut constater que Deux têtes folles fait aussi plusieurs petits clins d'oeil à d'autres films d'Audrey Hepburn, ce qui est plutôt amusant je trouve. Les fans seront interpellés par les références faites à My Fair Lady, Sabrina, Funny Face... C'est très drôle d'essayer de les retrouver !
Si on peut reprocher à ce film son manque de finesse sur sa forme, son fond est donc bien plus complexe et travaillé qu'il n'y paraît.
Enfin, Deux têtes folles nous livre plusieurs anecdotes relativement savoureuses.
Les deux acteurs principaux, Audrey Hepburn et William Holden, ne sont pas deux étrangers au début du tournage puisqu'ils ont déjà joué ensemble dans le deuxième film d'Audrey, Sabrina, qui fut le théâtre de leur liaison passionnée. William Holden ne s'est jamais vraiment remis de leur séparation, répétant jusqu'à la fin de ses jours qu'Audrey était la femme de sa vie. Aussi, leurs retrouvailles ne sont pas vraiment une partie de plaisir, ni pour Holden, qui se réfugie dans l'alcool, au point de devoir quitter le tournage quelque temps pour suivre une cure de désintoxication, ni pour Audrey, mariée avec Mel Ferrer. Néanmoins, Audrey étant en froid avec son époux à ce moment-là, entend tirer profit de la situation délicate dans laquelle la met le tournage, et demande à Holden de l'aider à rendre Mel Ferrer jaloux... Etant donné leur passé et les sentiments qu'Holden éprouve encore pour elle, on peut dire que cette idée n'est pas la meilleure qu'elle ait eue.
Pour plus de clarté dans la filmographie d'Audrey, il faut savoir que si elle commence le tournage de Charade deux jours après avoir terminé celui de Deux têtes folles, celui-ci sortira en salle un an après Charade. Ne me demandez pas pourquoi, le cinéma a ses mystères !
Enfin, une petite chose amusante apparaît au générique concernant Hubert de Givenchy. Le couturier, qui s'occupe des costumes d'Audrey depuis Sabrina, est mentionné pour sa garde-robe et son parfum ! Assez étonnant de voir cela au générique d'un film !
12 mai 2009
Vacances romaines, de William Wyler (1953)
Alors qu'elle tourne Nous irons à Monte-Carlo, en 1951, Audrey est repérée par l'auteure française Colette qui souhaite monter Gigi à Broadway. Elle ne peut imaginer une autre actrice pour ce rôle alors qu'Audrey n'est pas encore célèbre à cette époque. Mais elle a pour elle bien d'autres qualités, notamment un visage si particulier, mutin, dévoré par deux grands yeux de biche. Audrey incarne donc Gigi à Broadway puis part en tournée avec la troupe jusqu'au printemps 1953.
C'est durant cette période déjà bien chargée qu'elle fait ses premiers essais pour William Wyler qui cherche une actrice pour son prochain film, Vacances romaines. Si l'actrice Elizabeh Taylor est fortement pressentie pour incarner la princesse Anne, le réalisateur qui n'a pas forcément les moyens de s'offrir une telle star, préfère offrir le rôle à une actrice encore peu connue. Et Audrey est parfaite pour interpréter une princesse ! Elle est extrêmement gracieuse, a un port de tête royal du à ses nombreuses années de danse, ses origines européennes et ses bonnes manières sont également des atouts considérables. La jeune Audrey, qui a seulement 23 ans au moment du tournage, rencontre alors Gregory Peck qui tourne son dix-neuvième film. Par chance, l'acteur se montre très gentil, prévenant, tout le contraire d'Humphrey Bogart qui fera vivre un calvaire à Audrey sur le tournage de Sabrina. Peck ira même jusqu'à prétendre que : "la véritable vedette du film, c'est Audrey Hepburn".

Vacances romaines se passe donc à Rome, ce qui n'est pas si évident puisqu'il me semble que c'est seulement le second film américain à être tourné entièrement en Italie, dans les rues de Rome et dans les studios de Cinecittà. Le film est alors tourné en noir et blanc pour que la beauté de la ville ne vole pas la vedette aux acteurs !
Audrey y incarne la princesse Anne, en visite à Rome. Lasse du protocole, du très lourd programme qui rythme ses journées, elle quitte sa chambre en pleine nuit alors qu'on vient de lui administrer un somnifère. La princesse échoue alors sur un banc, en proie à des délires, et est recueillie par un journaliste, Joe Bradley, qui se voit obligé de lui offrir un toit pour la nuit. Lorsque celui-ci découvre la véritable identité de la jolie inconnue, il décide de garder le silence et l'encourage à vivre une journée rien que pour elle, bien décidé à ne pas perdre une miette de ses frasques afin de rédiger le meilleur de tous les articles. La princesse Anne décide alors de suivre ses conseils et part à la découverte de la ville, se fait couper les cheveux, mange une glace, sème le chaos en ville sur sa Vespa, se bat, sous les yeux du journaliste, de plus en plus sous le charme...

Vacances romaines est donc une jolie comédie, très mouvementée, où on découvre en moins de deux heures tout le potentiel d'Audrey Hepburn, qui peut être drôle mais aussi élégante et calme, séduisante, émue... elle a toute une palette d'émotions assez impressionnante pour une actrice débutante.
Malgré tout, je dois bien avouer que Vacances romaines n'est pas mon film préféré. D'ailleurs, je n'aime pas tellement les films qu'Audrey tourne dans les années 50, sauf Drôle de frimousse, car je trouve que le registre comique lui va bien mieux. Elle a un visage si expressif, des yeux si pétillants, que je la trouve irrésistible lorsqu'elle illumine l'écran de ses drôles de mimiques, notamment dans My Fair Lady ou dans Deux têtes folles.

Heureusement, mon avis n'a aucune importance et Vacances romaines remporte un succès considérable. Les spectateurs, qui découvrent pour la première fois l'étrange visage d'Audrey, tombent immédiatement sous son charme. L'actrice remportera alors l'Oscar de la meilleure actrice mais aussi le British Academy Award, le New York City Film Critics Circle Award et le Golden Globe Award.
Mais Audrey gagne surtout l'admiration de milliers de femmes qui se mettent à copier le style de la princesse Anne. Si lors des scènes "officielles", la princesse porte de sublimes robes, lors de son escapade elle s'habille de manière légère et décontractée. Audrey qui est très grande relance alors la mode des talons plats et surtout suscite l'engouement pour les cheveux courts ! Le style Audrey Hepburn nait donc dès son premier film. Il faut dire qu'Audrey est une femme de goût. Même si la styliste Edith Head reçoit l'Oscar des meilleurs costumes pour Vacances romaines, c'est Audrey qui donne l'idée du célèbre petit foulard que la princesse Anne noue autour de son cou et de la ceinture qui étrangle sa taille déjà très menue.

Pour finir, deux anecdotes sur ce film que je trouve assez amusantes. Tout d'abord, Audrey très impressionnée ne parvenait pas à pleurer pour LA séquence émotion du film. Willy Wiler s'est donc approché d'elle et lui a passé un prodigieux savon si bien qu'Audrey a fondu en larmes. Après la scène, le réalisateur s'est immédiatement excusé en lui disant qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il venait de lui dire mais qu'il n'avait pas trouvé d'autre moyen pour la faire pleurer ! Autre scène, plus comique cette fois, où Joe Bardley emmène la princesse Anne devant La Bouche de la Vérité, sculpture dans laquelle il faut glisser sa main au risque de la voir engloutie par le monstre. Gregory Peck décide alors de faire une blague à Audrey et ressort sa main de la sculpture entrée dans sa veste comme s'il venait de se la faire couper ! Audrey surprise hurle et rit à la fois avec tellement d'éclats que la scène est gardée pour le film !

J'en ai fini avec cette première critique et les débuts d'Audrey, qui connaîtra à partir de 1953 un succès grandissant. On peut donc dire que Vacances romaines lui a porté chance, surtout quand on sait que c'est chez Gregory Peck qu'elle rencontra Mel Ferrer, qui restera son mari pendant treize ans !

11 mai 2009
Audrey Hepburn, en mots et en photos
Poleen nous annonçait la semaine dernière que pour célébrer les quatre-vingts ans d'Audrey Hepburn, la chaîne câblée TCM allait diffuser pendant un mois quelques-uns de ses films. Une excellente initiative qui m'a mise en joie jusqu'à ce que je me rende compte que ni moi ni Mère n'avions cette fichue chaîne !
Mais en feuilletant le Pariscope de la semaine, j'ai eu la bonne surprise de voir que le cinéma Mac Mahon rendait également hommage à Audrey avec un festival sur cinq jours, nous permettant de (re)découvrir cinq de ses plus grands films ! Quel bonheur !
C'est donc suite à cet événement que j'ai décidé de créer une rubrique spécialement dédiée à Audrey Hepburn, une de mes actrices préférées et surtout une des plus grandes actrices de son temps. Je ne pouvais décemment pas vous parler des films que j'ai vus dans le cadre du festival dans ma petite review ciné hebdomadaire, n'est-ce pas ? ! La création de cette rubrique me permettra donc de vous parler d'Audrey, de ses films, de ce qui me plaît (ou me déplaît) en eux mais aussi de vous faire part de quelques anecdotes que j'ai apprises au fil de mes lectures.

En attendant ma toute première critique hepburnesque (peut-être pour demain, qui sait ?!), voici quelques mots sur cette brillante actrice doublée d'une femme au coeur immense.
Je serais bien incapable de vous dire comment j'ai découvert Audrey Hepburn, si c'était par un de ses films, un documentaire, une conversation... Mais je pourrais vous parler d'elle pendant des heures, de ce qui lui donne cette place si particulière dans mon coeur.
Tout d'abord, si on prend n'importe quelle biographie de l'actrice, on s'aperçoit qu'Audrey est la plus européenne des actrices hollywoodiennes puisqu'elle est née en Belgique, à Ixelles, d'une mère hollandaise, baronne de son état, et d'un père aux origines troubles, fort probablement anglais. Si Audrey a une enfance heureuse, auprès de ses parents et de ses frères (issus du premier mariage de la baronne), elle est très tôt envoyée en Angleterre pour y suivre des études, alors qu'elle ne parle qu'un anglais très approximatif. Ses nombreuses origines européennes (belges, néerlandaises, anglaises, irlandaises, écossaises, autrichiennes et françaises) font d'Audrey une actrice qui me "parle" plus que les grandes stars américaines. Je la trouve plus accessible, plus authentique aussi bien dans sa manière d'être que dans sa manière de jouer.

Mais si je me suis autant emballée pour cette actrice, c'est parce que j'ai découvert qu'elle ne se destinait justement pas au cinéma mais à la danse. C'est d'ailleurs en tant que ballerine qu'elle a fait une de ses premières apparitions au cinéma (dans Rire au paradis). La danse est tout pour elle durant son enfance mais aussi durant son adolescence, autrement dit, devenir une grande danseuse n'est pas seulement pour elle un rêve d'enfant mais quelque chose qui lui tient véritablement à coeur, une raison d'être. Audrey prendra donc de nombreux cours de danse, au Conservatoire mais également avec d'illustres professeurs comme Marie Rambert (qui collabora à la compagnie des Ballets russes). Si vous me lisez depuis quelques temps, vous n'êtes pas sans connaître ma passion pour la danse, une discipline qui demande de la rigueur, du travail et d'énormes sacrifices. Pour moi, Audrey Hepburn a donc toujours été bien plus qu'une actrice, elle est avant tout une ballerine, une artiste.

Si l'enfance d'Audrey rime avec privilèges, on peut dire que son adolescence rime davantage avec privations. En effet, lorsque la guerre éclate en 1939, Audrey, dont les parents viennent de divorcer, quitte définitivement son pensionnat anglais pour revenir auprès des siens. Malheureusement, les biens de sa famille maternelle sont confisqués et la jeune fille a à peine de quoi se nourrir, si bien qu'elle doit se résoudre à arrêter la danse, trop faible pour poursuivre son entraînement. Mais le pire reste à venir. Peu de temps avant la Libération, alors qu'elle rentre comme chaque jour chez elle, Audrey se fait arrêter par des soldats allemands. Tentant le tout pour le tout, elle parvient à leur échapper et trouve refuge dans une cave. Alors qu'elle n'a sur elle qu'un morceau de pain et un fond de jus de pomme, elle restera coincée dans sa cachette improvisée près d'un mois ! Une fois la guerre terminée, Audrey souffre alors de sérieux soucis de santé dus à la sous-alimentation. Aussi, l'adolescente qui a toujours été frêle, ne deviendra jamais une femme aux formes généreuses, ce qui fera d'elle l'anti-pin-up par excellence. Son extrême finesse (elle mesure 1m76 et ne dépassera jamais 50 kilos) qui lui donne un air androgyne, la différenciera toujours des autres actrices mais ne sera jamais totalement approuvée par tous, certaines journalistes trouveront même scandaleux qu'une pré-anorexique serve de modèle à tant de femmes. Vous voyez, les débats autour des rondeurs et autres idioties ne date pas d'hier ! Audrey n'oubliera jamais les privations de la guerre et particulièrement l'aide qu'elle et les siens ont reçue après la Libération. Aussi, c'est dans ces années de misère que se trouve l'origine de son engagement auprès de l'UNICEF.

Malgré ces dures épreuves, il ne faudra pas longtemps à Audrey pour se remettre en piste, et ce sont à peine quelques années qui séparent son calvaire dans la cave de la remise de son Oscar ! Une bien belle leçon de vie, non ? !

Mon premier billet cinéma sera donc consacré au premier grand film d'Audrey, qui lui vaudra son fameux Oscar, Vacances Romaines.
En attendant, vous pouvez lire l'article que j'avais rédigé au sujet de Petit-déjeuner chez Tiffany de Truman Capote et de son adaptation au cinéma, Diamants sur canapé.
